XPND CAPITAL

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Depuis plus de 20 ans qu’il crée des entreprises, Alexandre Taillefer a traversé toute la gamme des émotions associées aux défis d’affaires. D’où son flair pour repérer les entrepreneurs capables de réussir.

Visionnaire en série

« Nous investissons dans les individus », résume l’associé principal de XPND Capital (prononcez « Expand »). « Les meilleurs entrepreneurs peuvent suivre le marché et rediriger leur barque sans être obnubilés par leur plan initial. Ce sont des motivateurs et des leaders par l’exemple, qui travaillent fort pour montrer à leur équipe ce qu’est un travail bien fait. »

À la tête d’un fonds de 20 millions investi dans des sociétés en technologies, médias et divertissement, Alexandre Taillefer se décrit comme un « gérant d’artistes ». Et l’avantage d’être un gérant, c’est qu’il n’a plus à le faire lui-même.

« J’ai eu du succès, cela m’a donné une certaine connaissance du terrain. Je peux maintenant transmettre les bons réflexes à d’autres », dit-il. « Ce que j’aime dans mon rôle actuel, c’est la diversité des modèles d’affaires qui me sont soumis. C’est très stimulant d’explorer de nouveaux marchés. »

Parmi les protégés de XPND Capital, on trouve Lumenpulse, fabricant d’éclairages architecturaux à diodes électroluminescentes (DEL) ; Gsmprjct Création, qui conçoit des expériences clé-en-main comme l’exposition Star Wars Identités à Montréal ou l’observatoire de la tour Burj Khalifa à Dubai ; ou encore Acquisio, une plateforme de gestion des campagnes publicitaires en ligne.

« Ce qui nous distingue, c’est que nous sommes impliqués de façon opérationnelle dans les entreprises que nous appuyons, qu’il s’agisse des ressources humaines, du marketing ou des finances », dit Alexandre Taillefer. Pas besoin d’expliquer le leadership à cet entrepreneur en série qui a connu la croissance sous toutes ses formes, dans des sociétés privées ou cotées en bourse.

D’une prédiction à l’autre

Après une adolescence à travailler comme DJ pour des événements corporatifs, il a créé une compagnie de conception de sites Web en 1993, à une époque où cette discipline était un mystère pour bien des clients. Précurseure sur ce marché en balbutiements, Intellia a été acquise par Québécor en 1996 et renommée Nurun – aujourd’hui un leader sur son marché.

En 2001 il mise sur une nouvelle prédiction : les jeux vidéo sur téléphones mobiles. Après quelques années difficiles dans un marché où tout était à bâtir, son studio a finalement été vendu à un groupe international. Alexandre Taillefer l’a quitté en 2007 en fait pour créer sa troisième entreprise, Stingray Digital.

Cette fois-ci, il a parié sur le karaoké. « Le marché était sous-exploité, les machines compliquées, l’industrie inefficace », raconte l’entrepreneur qui s’est associé à Eric Boyko et François-Charles Sirois pour prendre d’assaut ce secteur.

« On a acquis la société Soundchoice, qui possédait 17 000 enregistrements ainsi qu’une chaîne de karaoké. On les a distribués sur Internet et les appareils mobiles, avec une gestion rigoureuse des droits d’auteur. C’est à ce moment que les gens de Galaxie nous ont approchés. »

Ce jour-là, sa boule de cristal s’est à nouveau allumée. Plutôt que d’accorder une licence pour son service de karaoké au réseau de musique Galaxie, il a retourné la situation en offrant d’acheter toute la boutique. Une grosse bouchée de 80 millions ; mais il croyait à sa vision.

Consolider plutôt qu’être consolidé

« Nous étions convaincus d’en profiter à long terme. Mais il restait à convaincre nos prêteurs. C’est la Banque Nationale qui nous a permis de faire cette transaction. Ils ont cru à notre potentiel grâce aux liens de confiance que nous avons développés au fil des ans. En cela, ils appuient notre vision de l’entrepreneuriat, qui est de consolider plutôt que d’être consolidé », témoigne Alexandre Taillefer.

Suivirent d’autres acquisitions (Max Trax, Muzak, Concert TV) qui propulsèrent Stingray au sommet de son industrie. Rien qu’au Québec, dix millions de foyers sont maintenant branchés à ses services. Mais l’appel de l’inconnu à pousser Alexandre Taillefer à filer vers de nouvelles aventures en 2010, avec la création de XPND Capital.

Évidemment, il a déjà une prochaine entreprise en tête : XPND 2, un fonds d’une centaine de millions. Et pour diversifier encore plus ses horizons, il a été nommé en 2012 président du Conseil d’administration du Musée d’art contemporain. « Je suis un passionné d’art », dit cet avide collectionneur. « Après avoir joué avec les chiffres toute la journée, j’ai besoin de nourrir mon âme. L’art m’offre ce plaisir chaque jour. »

 

 

Édité le 3 novembre 2017

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