Waterax : l’innovation, un travail d’équipe

Waterax : l’innovation, un travail d’équipe
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Ce n’est pas parce qu’on dirige une entreprise centenaire qu’on doit s’en tenir aux méthodes d’autrefois. Le fabricant de pompes à eau montréalais Waterax en est la preuve.

Ses décideurs ont innové en adoptant la méthode lean pour mener l’entreprise à se démarquer.

Revenir à la source

Quand Raffaele Gerbasi, Marcello Iacovalla et Frédéric Lefrançois ont acquis Waterax en 2010, l’entreprise fondée en 1898 avait délaissé sa mission originale pour s’orienter vers la distribution d’une vaste gamme de produits pour les services d’incendie.

« Sans point de repère, on risque de s’éparpiller, raconte Raffaele Gerbasi, président de Waterax. Notre première intervention a donc été de réévaluer la mission de l’entreprise. On a choisi de revenir à sa raison d’être originale : fabriquer des pompes à eau fiables et robustes pour la lutte contre les feux de forêt. » Avec ce mandat en tête, les gestionnaires de cette entreprise ont cherché les moyens de la rendre plus concurrentielle tout en maintenant la production à Montréal.

« En 2014, on a connu une augmentation importante de volume, mais aussi des problèmes de gestions des stocks et des retards de livraison. Il fallait réagir ! » raconte le président de l’entreprise qui exporte dans une quarantaine de pays. Aussi, pour se démarquer de la concurrence et mieux satisfaire les clients, Waterax a mis le cap sur la réduction des inventaires et des délais de livraison.

Penser lean

L’an dernier, alors que les dirigeants de Waterax songeaient à mettre en place un projet pilote dans une partie de l’entreprise, le formateur pour Manufacturiers et Exportateurs du Québec, Alexandre Boivin, leur a suggéré de visiter l’usine Sigma Point Technologies, à Cornwall (Ontario).

Cette visite a eu l’effet d’une bougie d’allumage. « Leur façon d’organiser leurs systèmes nous a inspirés, se souvient Raffaele Gerbasi. Au retour, on a laissé tombé le projet pilote et on a décidé d’implanter la méthode lean dans toute l’usine. » L’approche lean vise à améliorer les performances d’une entreprise en éliminant le gaspillage et en réduisant les coûts, les délais de production et les stocks.

Chez Waterax, revoir la production sous l’angle lean s’est traduit par l’abandon de la production par lots. Cette approche traditionnelle a été remplacée par une production sur commande. « C’est comme les sandwichs Subway, illustre Raffaele Gerbasi. On a toutes les pièces et on les assemble quand le client passe sa commande. »

Et les résultats sont impressionnants : les délais de livraison, qui étaient jusqu’alors de 4 à 6 semaines, sont maintenant de 5 à 10 jours. Les inventaires, eux, ont été réduits de moitié par rapport à ce qu’ils étaient en 2010. Et les coûts de production ont diminué significativement.

Respect, ouverture et implication

Raffaele Gerbasi affirme que ces changements ont rencontré peu de réticence de la part des employés. La culture de respect mutuel et d’écoute que les décideurs de l’entreprise ont mise en place depuis 2010 a joué un rôle dans cet accueil favorable, croit le président de l’entreprise : « Chez nous, tout le monde se respecte ; on n’est pas dans la dynamique patrons contre employés. Tout le monde participe au développement de solutions. »

Il donne à cet égard l’exemple de l’aménagement des postes de travail : « Si l’employé trouve que l’aménagement ne lui convient pas, on l’invite à le modifier. On tâche d’être à l’écoute de nos employés et de leur donner la liberté nécessaire pour innover. »

Les défis de l’innovation

Même avec la meilleure volonté de toute l’équipe, une transformation de l’ampleur de celle que Raffaele Gerbasi et son équipe font subir à leur entreprise comporte tout de même son lot de défis. Dans le cas de ce fabricant de pompes, le principal obstacle à la réduction des délais de livraison vient des fournisseurs.

« Nous sommes passés à la fabrication flexible en continu, mais nos fournisseurs de pièces usinées, eux, produisent encore par lots. Leurs délais de livraison vont de 12 à 20 semaines. » Conséquence pour Waterax : des problèmes d’approvisionnement qui allongent les délais de production. Pour résoudre ce problème, l’entreprise envisage de rapatrier dans ses propres installations une partie de l’usinage de pièces.

L’innovation : mode d’emploi

Fort de cette expérience d’innovation, Raffaele Gerbasi a quelques conseils à offrir aux entrepreneurs qui souhaitent revoir leurs processus pour améliorer les performances de leur entreprise.

D’abord, définir sa mission et la mettre au cœur de toutes les décisions : « Il faut oser laisser tomber des éléments profitables s’ils ne sont pas alignés avec la raison d’être de l’entreprise. »

Ensuite, faire confiance à ses employés et les inclure dans la démarche d’innovation : « Si la mission de l’entreprise est claire et que les employés ont assez de pouvoir décisionnel et d’autonomie pour être créatifs, ils trouveront les moyens d’atteindre le but. » Finalement, s’intéresser à ce qui se fait dans les autres entreprises. « Discuter avec Stéphane Dubreuil chez Sigma Point nous a épargné des années d’essais et erreurs », fait valoir l’entrepreneur.

Waterax est d’ailleurs loin d’en avoir fini avec l’innovation. Raffaele Gerbasi et ses associés comptent maintenant appliquer cette approche à d’autres secteurs de l’entreprise, comme la comptabilité, les ventes et le développement de nouveaux produits : « Chez nous, c’est une véritable culture de l’innovation que nous mettons en place… »

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Édité le 22 décembre 2016

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