Tamy Emma Pepin, la reine des médias sociaux devenue entrepreneure

Tamy Emma Pepin, la reine des médias sociaux devenue entrepreneure
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On connait la globe-trotteuse très suivie sur les médias sociaux Tamy Emma Pepin sous son visage de créatrice. Mais, toujours farouchement autonome financièrement, elle a aussi su devenir aussi une femme d’affaires redoutable. Entrevue.

Ces dernières années, on t’a vu dans des journaux, à la télé (#TamyUSA) et tu es très présente sur les médias sociaux. Pourquoi as-tu décidé de lancer maintenant ton studio de création de contenu ?

«Parce qu’on assiste à des changements majeurs dans les industries de la publicité, de la télévision et du journalisme. Les marques sont vraiment en train de devenir des plateformes médiatiques. Je veux travailler avec elles. Mon entreprise, Un peu plus loin, est une forme hybride entre une agence de publicité et une boîte de production. Je peux développer des idées de contenu sur mesure pour des marques et pour différents types de médias, les produire et les diffuser. Je veux entre autres servir des clients intéressants qui n’ont pas les moyens de se payer les services des grandes agences de pub. Ma force, c’est que j’ai toujours fonctionné efficacement, sans lourde structure et j’ai toujours trouvé des façons non traditionnelles de financer mes projets.»

Tu as un grand côté artistique, mais quelle est ta relation avec l’argent ?

«En marketing d’influence, je prends très au sérieux la négociation de mon cachet. Plusieurs grandes marques offrent très peu aux influenceurs pour qu’ils les mettent de l’avant. Or, il y a une valeur à ce que nous faisons. Je ne fais pas de compromis sur la valeur de mon travail et je trouve que c’est important non seulement pour moi, mais pour toute la communauté d’influenceurs.»

Et comment gères-tu tes finances personnelles ?

«Disons que je m’améliore ! Ma mère me martèle depuis que je suis toute petite : «tu gagnes un dollar, tu n’en dépenses pas deux» ! Je suis de nature dépensière, mais l’idée a fait son chemin et j’ai vraiment commencé à faire attention lorsque j’ai voulu lancer mon entreprise. J’ai une vision, des objectifs et je sais que j’ai besoin d’argent pour financer mes projets. Aussi, j’étais vraiment chaotique dans ma comptabilité comme travailleuse autonome. Par contre, en voulant devenir entrepreneure, j’ai décidé de m’améliorer. J’ai une nouvelle comptable qui m’aide vraiment beaucoup. Tout est en ordre maintenant et c’est le paradis ! J’ai envie que ça continue, alors j’arrive à rester disciplinée.»

A-t-il toujours été important pour toi d’être autonome financièrement ?

«C’est capital. Je suis féministe et je trouve que cela passe d’abord par l’autonomie financière. C’est lourd de dépendre de quelqu’un ; on ne peut pas faire ce que l’on veut. Je n’ai même jamais partagé mon loyer avec quelqu’un. Je mourrais de partager mon espace de toute façon ! Si je suis mal prise, je compte sur moi. C’est tellement libérateur !»

Tu as même décidé récemment de t’acheter un condominium seule ?

«Oui. J’y pensais depuis des années et je n’étais pas certaine que j’y arriverais parce que les années financières des travailleurs autonomes sont souvent très différentes. Puis, c’est certain que c’est plus difficile d’économiser lorsqu’on habite seul, mais grâce à ma mère qui m’appelle avant chaque date limite pour investir dans des REER, j’avais un peu d’argent de côté et j’y suis arrivée. Je suis très heureuse dans mon nouveau chez-moi et c’est aussi une forme d’investissement. J’ai d’ailleurs bien négocié mon prix d’achat et je paye maintenant moins cher par mois que je payais en logement.»

Tu es énormément suivie sur les médias sociaux – 55 000 abonnés sur Instagram. As-tu l’impression que cette nouvelle forme de pouvoir d’influence dérange ?

«Je crois que lorsque les médias et les agences de pub voient des individus comme moi réaliser la conception, la production et la diffusion de contenu, ils se questionnent en effet un peu sur leur rôle. Tout est en redéfinition. Je ne crois plus que nous nous retrouverons encore souvent des millions de Québécois rivés devant notre télévision à regarder la même chaine. Les auditoires vont continuer à se fragmenter, à être plus nichés. C’est pourquoi ces nouvelles façons de créer du contenu, de positionner des marques et des individus comme des médias suscitent énormément d’intérêt. Mais, il y a toujours de nouvelles plateformes et de nouveaux algorithmes qui viennent changer la donne. On ne peut jamais rien tenir pour acquis.»

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Édité le 22 décembre 2016