Redressement d’entreprise

Redressement d’entreprise
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L’ancien lutteur Serge Dumont raconte le redressement de son entreprise, Sécurité Kolossal, qui lui a permis de la vendre, en février 2011.

« En 2004, j’avais 3 100 employés, raconte M. Dumont. Puis, j’ai perdu le contrat d’assurer la sécurité d’une grande société parapublique. En perdant ce gros contrat, j’ai aussi perdu d’un coup 800 employés . »

La réalité cachée par des contrats payants

Pour Sécurité Kolossal, ce revers a été le début d’une descente aux enfers. D’un coup, l’entreprise perdait 17 millions de chiffres d’affaires, sur un total de près de 80 millions. Elle a ensuite perdu un contrat gouvernemental qui lui rapportait 10 M$ par année. Ces pertes de contrats ont mis en lumière une gestion déficiente. Sans ces contrats, Sécurité Kolossal fonctionnait à perte.

« Ces contrats étaient  très rentables, parce que le gouvernement paye bien », explique l’administrateur agréé qui a épaulé M. Dumont de 2006 à la vente de l’entreprise. Par contre, le gardiennage rapporte très peu, parce qu’il n’y a pas de barrière à l’entrée dans l’industrie. »

Une situation fragile

Avec des marges réduites, l’entreprise devenait fragile. Rapidement, elle s’est retrouvée prise à la gorge, avec une facture de 1,5 M$ à payer à la CSST, deux accidents coûteux, et une somme de 500 000 $ à acquitter pour régler un différend. « Je me voyais presque rendu sur un p’tit banc dans le centre-ville, avec mon verre pour ramasser de l’argent », blague Serge Dumont, un ancien lutteur professionnel au physique imposant.

À l’époque où il était lutteur, M. Dumont travaillait dans le secteur de la sécurité pour gagner sa vie. Quand il lance Sécurité Kolossal, en 1980, il fait beaucoup d’argent en s’occupant de la sécurité durant des conflits de travail. Plus tard, pour stabiliser ses revenus, il se lance dans des acquisitions. Au fil des ans, il en fera huit ou neuf. Comme beaucoup d’entrepreneurs, Serge Dumont n’était pas un administrateur. Son équipe de gestion était constituée de gens mal formés pour gérer une plus grande entreprise. « Je suis quelqu’un qui fait facilement confiance et qui en devient quasiment aveugle, reconnaît Serge Dumont. J’ai fait confiance à des gens et je n’aurais pas dû. J’ai fait l’erreur de mêler amitié et affaires. »

Sous la protection de la loi

En 2006, face aux graves difficultés de son entreprise, M. Dumont s’est tourné vers Pierre Asselin. En 2008, la situation étant devenue intenable, la PME se place sous la protection de la loi. Chez Banque Nationale Groupe financier, son dossier est envoyé à l’équipe spécialisée dans le redressement. En collaboration avec la Banque, l’opération redressement s’est alors mise en branle. M. Dumont note que la banque a été très patiente avec Sécurité Kolossal, en s’appuyant sur l’expertise de son administrateur agréé pour bien comprendre la situation et pour faire un suivi serré du crédit utilisé.

« Tout le succès, dans cette histoire, souligne Claude Joseph, directeur de comptes, Redressement commercial, à la Banque Nationale, c’est qu’il y avait un plan, une compréhension mutuelle du plan, de l’honnêteté entre les gens et de la franchise. Ton banquier, ce n’est pas ton ennemi, ajoute Serge Dumont. C’est un ami, un conseiller qui est là pour t’aider à passer à travers des situations difficiles. Il ne faut pas s’imaginer qu’en cachant des choses à ton banquier ou à ton créancier, tu vas t’en sortir. »

À retenir

Si le redressement de Sécurité Kolossal a réussi, c’est parce que les gens de la Banque pouvaient avoir confiance en M. Dumont et son conseiller. Voici des conseils qui s’appliquent à toutes les situations de redressement :

  • Rappelez toujours votre banquier.
  • Soyez toujours transparent avec lui.
  • Avertissez-le d’avance dès que vous constatez que vous n’aurez pas les liquidités requises.
  • Ne faites pas de chèques sans savoir si vous avez les fonds requis.
  • Surtout, si vous dites que vous allez faire quelque chose, faites-le!

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Édité le 2 novembre 2017

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