Quand l’amour fait mal au portefeuille…

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On tombe en amour, tout va bien dans le meilleur des mondes. Jusqu’à ce que ça aille mal! Et qu’on se dise « si j’avais su ». Trois femmes ont accepté de raconter comment une histoire d’amour leur a coûté cher.

Se retrouver avec les 60 000$ de dette de son couple. Ne pas pouvoir mettre la main sur ses économies en se divorçant. Finir par faire vivre son conjoint. Voici trois histoires vécues que vous pouvez éviter grâce à de bons conseils de professionnels.

Divorcer et hériter de toutes les dettes du couple

Dans la vingtaine, follement amoureuse, Florence* se mariait pour la vie! Comme elle avait une meilleure cote de crédit que son futur mari, elle n’a pas hésité à prendre une marge pour y mettre la facture du mariage : 25 000 $. Elle y a aussi puisé 10 000 $ pour compléter la mise de fonds de leur maison. Pour acheter cette nouvelle maison, le couple a vendu son condo à perte. Un autre 30 000 $ de moins dans le bas de laine de Florence parce que c’était elle qui avait fourni la mise de fonds.

Mais, elle était pleine de bonne volonté et d’espoir. Jusqu’à ce que le mariage batte de l’aile, quelques années plus tard. Les choses ont vraiment tourné au vinaigre. Puis, son mari lui a dit de s’arranger avec les dettes parce que de toute façon, c’était sa marge de crédit à elle. « Ces dettes avaient été contractées juste avant le mariage et mon mari avait plusieurs avocats et un juge dans sa famille, alors je n’avais pas beaucoup de chances de m’en sortir », croit-elle. Pendant des années, elle a traîné une dette d’environ 60 000 $ des suites de ce mariage. Elle a presque déclaré faillite. Elle vient tout juste de s’en sortir en vendant des parts dans son entreprise.

Avoir su :

« J’aurais tenu à ce que la marge de crédit soit conjointe. Aussi, j’aurais demandé qu’il compense ma perte dans le condo d’une certaine façon. Par exemple, en payant davantage que moi l’hypothèque de la maison chaque mois. Comme je pensais que nous serions mariés pour la vie, je voyais nos situations financières comme un grand tout. J’ai eu tort. Il faut toujours penser à ce qui arrivera si on se sépare. Jamais je n’aurais pu imaginer qu’il fasse quelque chose de semblable. Il ne faut pas sous-estimer ce que la frustration peut faire faire aux gens. »

Devenir le fonds d’urgence de son conjoint

Marie-Claude est une fourmi. Son ex-conjoint est une cigale. Elle a toujours eu de l’argent de côté, lui a toujours vécu d’une paye à l’autre. Lorsqu’ils ont déménagé ensemble, elle est devenue son fonds d’urgence. Il payait son loyer seulement lorsqu’il avait une paye. Or, dans son domaine, il avait régulièrement des périodes de chômage.

« Pendant qu’il attendait ses prestations d’assurance-emploi, il ne contribuait pas du tout financièrement à notre vie de couple, raconte-t-elle. Puis, il a connu de durs mois sans aucune entrée d’argent et je payais. Je me disais que c’était temporaire, qu’il allait se ressaisir. »

Finalement, la situation empirait d’année en année. Le stress financier de Marie-Claude augmentait, elle travaillait toujours davantage pour compenser. « Après 10 ans, je suis partie. J’étais au bout du rouleau et j’ai compris que prendre ses responsabilités financières ne l’aidait pas. Ça l’encourageait en fait à continuer. »

Avoir su :

« Dès que j’ai vu qu’il ne prévoyait pas ses périodes de chômage en mettant de l’argent de côté, j’aurais dû réagir. J’aurais dû lui dire que j’avais besoin de pouvoir compter sur la personne avec qui je fais ma vie. Et que cela inclut l’aspect financier. C’est certain que ce n’est pas facile de dire cela à son amoureux, mais il le faut! Le pire, c’est que lorsque j’essayais de lui en parler, il me disait qu’un couple devait s’entraider. Or, c’était toujours à sens unique. J’aurais dû lui expliquer que je ne pouvais pas soutenir son poids financier et lui proposer, au pis aller, de ne pas habiter sous le même toit. Cela aurait été moins destructeur. »

Investir dans la compagnie de son mari

Émilie est une professionnelle avec un salaire enviable; elle n’a pas du tout le profil de la pauvre fille peu éduquée ou négligente qui peut facilement se faire avoir. Pourtant, elle a bien failli. Mariée depuis de nombreuses années, elle avait accepté que son mari investisse une part importante de leurs avoirs dans son entreprise. Ne pensant jamais en arriver à divorcer, elle n’avait pas signé d’entente pour clarifier comment elle remettrait la main sur sa portion de la somme en cas de divorce. Eh bien… ce divorce, il est venu l’an dernier. Et Émilie attend toujours après le plus gros de ses liquidités.

« J’ai vendu ma part de maison à mon ex en exigeant qu’il me donne ce que j’avais besoin comme mise de fonds pour acheter une petite maison de ville, raconte-t-elle. Je suis allée très vite, parce que je ne voulais pas faire subir de malaise aux enfants. » Maintenant que la poussière est retombée, elle réalise que s’être débarrassé de sa part de maison lui a enlevé une forme de garantie sur les sommes dues. Et, qu’elle aurait pu avoir à se battre longtemps pour récupérer sa part du magot.

« Finalement, en médiation, nous nous sommes entendus et il a quatre ans pour me redonner la somme. Je m’en sors quand même assez bien, sans procès, mais c’est très long quatre ans! J’aimerais bien maintenant m’acheter une nouvelle maison plus confortable, mais je ne peux pas parce que je n’ai pas de liquidité. »

Avoir su :

« J’aurais dû protéger mes arrières en négociant dès le début une façon pour moi de retrouver rapidement un accès à ma part des liquidités. Aussi, j’aurais dû prendre plus mon temps lors de la séparation pour analyser plus attentivement mes options pour récupérer la somme. Par exemple, garder ma part de maison et me prendre un appartement avant d’acheter une nouvelle maison aurait été plus prudent. »

* Tous les prénoms ont été changés pour préserver l’anonymat de ces femmes.

Édité le 22 décembre 2016

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