Portrait d’entreprise: Chocolats Geneviève Grandbois, accorder les saveurs et les affaires

Portrait d’entreprise: Chocolats Geneviève Grandbois, accorder les saveurs et les affaires
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Mi-artiste, mi-entrepreneure, Geneviève Grandbois veille sans cesse à maintenir le délicat équilibre entre l’excellence de ses chocolats, la profitabilité de son entreprise, et le respect de la terre et des gens.

Passionnée, effervescente, captivante, contagieuse : les qualificatifs ne manquent pas quand on écoute l’ex-comédienne parler de ses chocolats. Son inspiration, elle dit la puiser dans « des rencontres, des histoires, des impressions », qui se traduisent à leur tour en ingrédients inattendus, du safran à l’huile d’olive.

Son côté créatif

Du côté des affaires, c’est grâce à une infatigable détermination que la fondatrice de Chocolats Geneviève Grandbois s’est taillée une place de choix dans le marché des saveurs haut de gamme.

« Plus c’est impossible, plus ça me tente », résume cette mère de deux filles qui a ouvert à 21 ans sa première chocolaterie, après une courte carrière de comédienne. « Le chocolat est arrivé par hasard dans ma vie, mais ce fut un vrai coup de foudre. Un soir, j’ai été invitée à la conférence d’un Français qui nous a parlé d’accords de saveurs inusités comme la fraise et le poivre noir. À ce moment, j’ai senti que j’avais trouvé une nouvelle façon de m’exprimer. C’était en moi, ça battait, ça vibrait. »

Lectures, formations, voyage en Belgique : à force d’apprentissages, le rêve prit rapidement forme avec une première boutique sur la rue Fabre à Montréal. Mais, il ne fit long feu. C’est au second essai que le modèle d’affaires fut réellement défini.

« Ma première boutique était inspirée de la tradition belge, avec un côté très romantique », raconte Geneviève Grandbois. « Mais je ne voulais plus vendre des chocolats à l’ancienne. Je voulais créer de la nouveauté, explorer de nouvelles saveurs. »

C’est ainsi que Chocolats Geneviève Grandbois a vu le jour en 2002, au marché Atwater. Une semaine après, le comptoir a pris feu ! Qu’à cela ne tienne : l’entrepreneure a réparé les dégâts et rebâti son inventaire. Sa boutique de la rue Saint-Viateur a ouvert l’hiver suivant. Quelques années plus tard, son « bar à chocolat » du Quartier Dix30 voyait le jour. Mais pour cette gourmande de réussite, ce n’est pas encore assez.

Croissance au gré des saisons

« Je n’ai pas pris tout le marché qui s’offre à moi », dit-elle. « Les habitudes de consommation des gens d’ici évoluent rapidement. On commence à s’approprier une gastronomie, à oser développer un terroir. » Seul hic : les revenus sont en dents de scie d’une saison à l’autre. C’est à Noël, à la Saint-Valentin et à Pâques que l’entreprise bâtit le plus gros de son bilan financier.

« Au début de l’été, on a les coffres pleins, mais on doit fonctionner là-dessus jusqu’aux Fêtes suivantes, incluant d’importantes dépenses pour refaire l’inventaire. Heureusement, la Banque Nationale a optimisé notre marge de crédit au fil de notre croissance. Elle s’implique vraiment dans nos projets, au-delà des chiffres. C’est aussi un très bon client corporatif ! »

Outre l’ouverture de nouveaux points de vente, les prochaines étapes de croissance passeront par l’intégration verticale. Dans l’avenir, Geneviève Grandbois aimerait prendre en charge la production du cacao ainsi que le travail du cacaofévier (celui qui transforme les fèves séchées en chocolat de couverture, le produit de base des chocolatiers).

À la recherche du bio parfait

Sur un coup de tête, elle a acheté une vieille plantation au Costa Rica en 2007. Le but : approvisionner l’entreprise en cacao biologique de la meilleure qualité. Après beaucoup d’embûches, elle commence à voir des résultats encourageants.

« La première récolte s’est faite à cheval avec des paniers, dans la chaleur de la jungle. J’ai contrôlé la fermentation des fèves dans des feuilles de bananier, avec la patience d’une mère », raconte-t-elle avec autant d’enthousiasme que si c’était arrivé hier. « Ma petite production n’est pas commercialisable pour le moment, mais j’entrevois d’immenses possibilités. »

Ses cacaoyers ont un autre avantage : ils encouragent la biodiversité locale au lieu de l’affecter. Pour Geneviève Grandbois, cet aspect est crucial : « Les affaires doivent avoir un sens. Je veux créer un chocolat qui se place dans un projet bénéfique à l’environnement et aux gens. Et je ne veux pas le faire à moitié. »

Chocolats Geneviève Grandbois en bref

Nombre d’employés: 20

Année de fondation: 2002

Lieux:

  • Deux boutiques à Montréal
  • Réseau de 30 détaillants
  • Plantation dans Ojochal, au Costa Rica
  • Boutique en ligne: www.chocolatsgg.com

Activités: Création et vente de chocolats haut de gamme

Édité le 3 novembre 2017

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