Portrait d’entreprise : Attraction, croître créativement

Portrait d’entreprise : Attraction, croître créativement
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Pour Richard Speer, la diversification est plus qu’une question de stabilité. Ce touche-à-tout de la culture, du divertissement et des médias ne peut s’empêcher d’explorer de nouvelles activités, par goût du défi.

« J’admire le principe japonais du Keiretsu : un groupe informel d’entreprises en apparence disparates, mais qui partagent une vision globale », dit celui qui dirige aujourd’hui un groupe de six entreprises qui œuvrent en publicité, radiodiffusion, télévision, cinéma, nouveaux médias et distribution de contenu.

« En affaires, on dit souvent qu’il faut se concentrer sur sa spécialité. Mais ça ne cadre pas avec moi. Le statu quo m’effraie. Je suis plus du genre à vouloir vendre des disques, des billets d’avion, des téléphones mobiles et de la radio tout à la fois… Le groupe Virgin, ça vous dit quelque chose ? » Lorsque Richard Speer a pris les rênes de sa première entreprise, Jet Films en 1999, l’entreprise montréalaise de production publicitaire faisait face à de sombres prophéties. « Tout le monde prédisait la mort de la pub télé de 30 secondes, alors nous avons rapidement cherché à nous diversifier », témoigne-t-il.

Ont suivi dix années de développement tous azimuts. D’abord dans la production de films, de séries et d’émissions de télévision, avec l’acquisition en 2002 de Cirrus Communications, à laquelle s’ajouteront plus tard Bubbles Télévision et La Boîte de Prod pour former Attraction Images. L’entreprise explorera aussi la gestion de droits d’exploitation mondiaux de titres cinématographiques et télévisuels avec Delphis Films (aujourd’hui Attraction Distribution), la distribution de films au Canada (Niagara Films) et de nouvelles activités de photographie et production publicitaires se grefferont au groupe avec les acquisitions successives de Films Traffik, Staub Studio et 6ixDegrés, aujourd’hui toutes réunies sous La Cavalerie.

Une croissance active

Parmi les réalisations marquantes du groupe, on compte le film C.R.A.Z.Y. (plus de 50 prix internationaux), les séries à succès La galère, Tout sur moi et La vie, la vie, le jeu Paquet Voleur, l’émission Dans l’œil du dragon, le magazine Un chef à la cabane, ou encore la distribution du film Sur la piste du Marsupilami au Québec. Pub, fiction, jeux, variétés, émissions magazine, films, expériences interactives : il y en a pour tous les goûts.

Histoire de mettre un peu d’ordre dans son Keiretsu, Richard Speer a centralisé toutes ses activités en 2010 à la même adresse dans le quartier Mile-End. Deux ans plus tard, il les a réunies sous la marque Attraction et s’est lancé dans la radiodiffusion avec l’acquisition de six stations régionales (Attraction Radio).

« Jusque là, nous avions un rôle de producteurs dans tous nos secteurs. En devenant radiodiffuseurs, nous avons joué un gros coup. On s’est donné un canal pour faire la promotion de nos autres produits. Et nous pouvons maintenant offrir du placement à nos clients publicitaires et partenaires », explique-t-il.

Au bout du compte, la pub de 30 secondes n’est pas morte. Au contraire. Mais la logique de Richard Speer est restée la même : diversifier, c’est assurer sa croissance. « Dans l’industrie de la pub, on ne crée pas de catalogue, on n’accumule pas d’actifs. Ce sont des clients à conquérir à chaque production, année après année. Même chose en télévision ou en cinéma où nous sommes souvent tributaires de nombreux facteurs hors de notre contrôle. Ce n’est pas nous qui décidons si une émission sera renouvelée ou non. Notre travail est de faire la meilleure production qui soit, mais rien n’est jamais acquis. Je dois donc bâtir un portefeuille d’activités qui résiste au changement. » Qu’il s’agisse de productions artistiques ou publicitaires, pas le choix : il faut financer. Mais rares sont ceux qui osent s’y frotter.

Financer l’audace

« Notre plus gros défi, c’est de construire le financement. Nos productions nécessitent beaucoup de liquidités dans des délais serrés. Or, ce ne sont pas toutes les institutions financières qui ont l’expertise nécessaire pour comprendre notre milieu et évaluer le potentiel de nos projets. Nous avons grandi avec la Banque Nationale, car elle a développé une spécialité dans notre secteur. Ça nous a aidés tout au long de notre expansion. »

De gros succès sont parfois à la clé. Récemment, Attraction a vendu à l’international le concept de l’émission Un air de famille, diffusée sur Radio-Canada. « Notre idée a été vendue à un gros joueur mondial (FremantleMedia). C’est la première fois que ce géant, à qui l’on doit notamment American Idol, achetait un concept créé ici, plutôt que l’inverse. C’est une très grande victoire pour nous », lâche Richard Speer.

Que pense ce Beauceron d’origine de la santé de l’entrepreneuriat au Québec ? « Il n’est pas assez valorisé, c’est sûr. Mais je vois dans la nouvelle génération une intéressante volonté d’imposer ses propres choix. Il y a de l’ADN d’entrepreneur là-dedans. Il faut juste une étincelle pour allumer le feu. »

Attraction en bref

Nombre d’employés: 150

Année de fondation: 2002

Lieu: Montréal

Activités:

  • Production cinéma, télévision et nouveaux médias (Attraction Images)
  • Exploitation de droits mondiaux de titres cinématographiques et télévisuels (Attraction Distribution)
  • Radiodiffusion (Attraction Radio)
  • Production publicitaire (Jet Films, La Cavalerie)
  • Distribution de contenu pour les petits et grands écrans canadiens (Niagara Films)

Site Web: attraction.ca

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Édité le 15 août 2017

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