Planifier son héritage: un geste qui portera fruit plus tard

Planifier son héritage: un geste qui portera fruit plus tard
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Quand vient le temps de planifier son héritage, il n’y a pas de solution universelle. Mais, voici des stratégies qui vous permettront de transmettre votre patrimoine de manière efficace et sans heurts.

Vous avez travaillé fort durant des années pour amasser votre patrimoine et réaliser les objectifs de votre plan financier. Et maintenant?

Pour la plupart des Canadiens, les années de travail acharné et de placements avisés seront naturellement suivies d’une réflexion sur l’établissement d’unplan successoral qui leur permettra de transmettre, efficacement et aisément, les avoirs qu’ils ont accumulés aux personnes et aux causes qui leur sont chères.

Une planification plus complexe chez les fortunés

Planifier un héritage peut être simple ou très exigeant, selon l’importance et la complexité des avoirs et la dynamique familiale. Pour les personnes fortunées ou très fortunées, le processus et le plan lui-même seront généralement plus complexes que pour la moyenne des Canadiens, indique Daniel Laverdière, directeur principal de la planification financière et des services-conseils à la Banque Nationale.

« Avec les clients fortunés, planifier un héritage est un peu plus compliqué. Ces personnes ont des avoirs considérables qui exigent souvent la mise en place de stratégies plus sophistiquées. Dans certains cas, en plus des avoirs personnels, il y aura une grande entreprise et peut-être des actifs aux États-Unis ou dans un autre pays. Il peut aussi y avoir des familles reconstituées au gré de nouvelles unions. »

Nick Smith, un avocat fiscaliste également spécialisé en planification successorale, souligne que les personnes fortunées doivent parfois prévoir dans leur planification la transmission de biens sur plusieurs générations.

« Parfois, les gens ont une entreprise familiale et ils aimeraient qu’elle puisse profiter à leurs enfants, petits-enfants et aux autres générations qui les suivront.

Une succession en fonction de ses objectifs

Il n’y a pas de solution universelle en matière de planification successorale. Mais, il existe de nombreuses stratégies pour répondre aux préoccupations et aux objectifs des gens très fortunés », de dire Daniel Laverdière.

Par exemple, ceux qui détiennent des actions dans leur entreprise peuvent décider d’en geler la valeur pour créer un nouveau type d’actions qui seront détenues par les petits-enfants, une fiducie oud’autres bénéficiaires désignés. Cette stratégie, appelée gel successoral, permet de réduire au minimum l’impôt sur la succession.

« Mais vous devez être à l’aise avec la plus-value qui en résultera, précise M. Laverdière. Si les nouvelles actions finissent par valoir plus que les vôtres, vos enfants seront plus riches que vous. »

Les comptes en fiducie peuvent aussi être utiles dans le cas où des enfants sont issus de plusieurs mariages ou si le remariage éventuel du conjoint survivant soulève des préoccupations pour l’avenir de la succession. Daniel Laverdière explique que des fiducies sont parfois établies de sorte que les revenus sont versés au conjoint, tandis que le capital sera remis à un ou plusieurs bénéficiaires, notamment les enfants.

« La fiducie vous permet de contrôler vos avoirs et de vous assurer qu’ils seront remis aux bonnes personnes après le décès de votre conjoint », dit-il.

La fiabilité est letrait de caractère qui importe le plus quand vient le temps de choisir la ou les personnes qui s’occuperont de la fiducie, indique Nick Smith.

« C’est la première chose à déterminer, dit-il. Les connaissances financières sont pertinentes, mais pas essentielles, parce qu’on peut toujours s’adresser à des spécialistes des finances. Il peut être également avisé de choisir une personne qui connaît la dynamique familiale. »

Au Canada, de nombreuses personnes très fortunées redonnent à la collectivité et prévoient des dons philanthropiques dans leur planification successorale afin de soutenir les causes qui leur tiennent à cœur. Cela peut se faire par la mise sur pied d’une fondation ou en désignant un organisme comme bénéficiaire d’une police d’assurance.

Une transmission d’héritage dès aujourd’hui

Planifier un héritage ne veut pas nécessairement dire transmettre ses biens après son décès. Certains préfèrent distribuer leurs avoirs à leurs enfants ou à d’autres héritiers de leur vivant, dit Daniel Laverdière. Cette stratégie permet aux héritiers de profiter d’un cadeau inattendu, tout en réduisant les droits de succession. Par contre, les sommes retirées des placements seront probablement imposées.

Ce n’est peut-être pas une bonne idée, car vous devrez payer de l’impôt immédiatement, dit Daniel Laverdière. Mais si vous voulez remettre cet argent à vos enfants pour qu’ils puissent en profiter aujourd’hui, alors, surtout, n’hésitez pas. »

À l’instar de toute planification financière, mieux vaut planifier son héritage et rédiger son testament le plus tôt possible, recommande Daniel Laverdière. Ce dernier conseille également de réviser son plan périodiquement afin qu’il s’accorde toujours à l’évolution de votre situation financière et personnelle.

« Parfois, on nomme un fiduciaire, et quelques années plus tard, ce n’est plus à cette personne que l’on souhaite confier la tâche, ou celle-ci peut être tout simplement décédée, indique M. Laverdière. On ne planifie pas un héritage une fois pour toutes. Il faut revoir son plan pour qu’il reste pertinent. »

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Édité le 21 décembre 2016