Planifier sa retraite dès aujourd’hui

Planifier sa retraite dès aujourd’hui
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Planifier sa retraite est une préoccupation pour près de deux tiers des Canadiens. Les autres s’en préoccuperont-ils aussi plus tard… ou trop tard ? On en discute avec Natalia Sandjian, planificatrice financière.

En général, commence-t-on trop tard à planifier sa retraite ?

Les gens commencent souvent à penser à leur retraite vers l’âge de 50 ans et c’est loin d’être idéal. On devrait plutôt planifier sa retraite dès son entrée sur le marché du travail. Il faut savoir qu’épargner tôt en vue de sa retraite exige au bout du compte moins d’effort : l’intérêt composé se charge d’une bonne partie de l’effort d’épargne… si on lui en donne le temps!

La retraite est-elle perçue différemment aujourd’hui par ceux qui sont encore dans la vie active par rapport à la génération précédente de retraités ?

Le concept de la retraite en tant qu’aboutissement de sa vie est dépassé : elle est aujourd’hui considérée comme une seconde vie. Les nouveaux retraités d’aujourd’hui se disent : « Maintenant, je vais pouvoir faire autre chose ! » Ils souhaitent entreprendre de nouveaux projets, voire de continuer à travailler ici et là, par intérêt… ou par besoin.

Est-il plus complexe désormais de planifier sa retraite ?

La réalité est surtout différente : la durée de la retraite est dans certains cas maintenant aussi longue que la durée de vie active, et les travailleurs doivent en plus dépendre d’eux-mêmes : les régimes de retraite privés sont de plus en plus rares, ou moins généreux, et les régimes gouvernementaux, insuffisants.

S’ajoute à cette réalité le taux d’endettement plus élevé des retraités. Une génération plus tôt, l’hypothèque était payée à la retraite, alors qu’aujourd’hui, des gens de 50 ou 60 ans viennent nous voir pour refinancer leur propriété. Avec moins de revenus garantis et plus de dépenses sur une plus longue période, sans être plus complexe, bien planifier sa retraite n’a jamais été aussi important.

Les gens qui vous consultent ont-ils des « rêves » de retraite… parfois irréalistes ?

Oui et non. À la base, les clients souhaitent continuer à maintenir leur style de vie à la retraite. La baisse de leur niveau de vie est de loin leur plus grande peur. Ils craignent de ne plus arriver à continuer à faire ce qu’ils aiment. On est loin des grands rêves irréalistes ! En fait, les gens s’empêchent même de rêver, trop inquiets par l’aspect financier de la retraite.

Ce sont plutôt leurs attentes face au rendement sur leurs investissements qui sont irréalistes : les futurs retraités ne comprennent pas tous les moyens qu’ils doivent prendre pour vivre leurs ambitions – même raisonnables – de retraite.

Quelles questions doit-on se poser afin de planifier sa retraite ?

Il ne suffit pas seulement de mettre par écrit ce que l’on imagine comme retraite. L’aspect quantitatif est important : on doit préciser l’âge idéal auquel on souhaite se retirer, chiffrer le coût de notre train de vie aujourd’hui (qui est un bon indice de celui à venir), établir un bilan de ses investissements actuels et estimer les prestations, privées ou gouvernementales, qu’on compte recevoir à la retraite. 

Quelles erreurs courantes les gens font-ils en matière de planification de retraite ?

La plus grande : ne pas y penser. La seconde : ne pas y penser assez tôt ! Bien entendu, dans la vingtaine ou la trentaine, on a d’autres priorités, comme la maison et les enfants. On se dit, à tort, qu’on a bien assez de dépenses maintenant et qu’on investira pour la retraite plus tard. Enfin, une autre erreur est de penser qu’on peut simplement épargner sans plan. Si on n’a pas d’objectifs, les chances de réussir sont minces…

Concrètement, quel genre de stratégie un planificateur financier peut-il proposer ?

Le planificateur financier établit une stratégie personnalisée qui tient compte des priorités de son client et qui respecte son train de vie et son tempérament. Un trentenaire en début de carrière accablé par une foule de dépenses, mais qui a par contre beaucoup de temps devant lui, n’aura pas la même stratégie d’investissement qu’un quinquagénaire conservateur qui souhaite commencer à décaisser au cours de la prochaine décennie.

À quelle fréquence devrait-on revoir sa stratégie de retraite ?

Pour les jeunes, tous les cinq ans, ou à chaque événement de vie majeur (l’arrivée d’un bébé, un mariage ou un divorce, un héritage ou un nouvel emploi, etc.) Les gens à l’aube de la retraite profiteraient quant à eux d’une révision annuelle.

Planifier sa retraite: quelques astuces à envisager, selon son âge

À 20 ans… Épargner de façon périodique, selon ses capacités financières. Un investissement aussi minime que 25 $ par mois a son importance au bout du compte, en plus de servir à ancrer l’habitude d’épargner.

À 30 ans… Ne pas abandonner sa cotisation en vue de la retraite, même s’il s’agit de la période où on est le plus endetté et que le revenu est très sollicité.

À 40 ans… Persévérer dans son habitude d’épargne en augmentant sa cotisation en fonction de ses capacités et d’un budget bien équilibré, qui laissera de la place autant à l’épargne qu’aux dépenses discrétionnaires. Si on fait un effort toute l’année afin de cotiser dans son REER et si on reçoit un remboursement fiscal, on peut bien se faire plaisir avec une partie de celui-ci!

À 50 ans… Maximiser ses cotisations, quitte à mettre les bouchées doubles si on remarque que l’on n’est pas aligné avec nos objectifs de retraite.

 

Édité le 15 août 2017