Parler d’argent avec le Président de la République du Bas-Canada, Robert Nelson d’Alaclair Ensemble

Parler d’argent avec le Président de la République du Bas-Canada, Robert Nelson d’Alaclair Ensemble
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« L’herbe est toujours plus verte chez le voisin », chante Alaclair Ensemble.  Mais est-ce nécessairement vrai? Et si on se contentait de notre propre blé?

Dans cette entrevue avec Ogden, membre d’Alaclair Ensemble, aussi connu sous le nom de Robert Nelson ou le Président de la République du Bas-Canada, on jase de rêves, de passion et de cash! Ka-ching!

Toi et ton collègue d’Alaclair, Maybe Watson, avez écrit un hymne à la classe moyenne, la chanson 40K. C’est quoi le rêve québécois selon toi?

C’est justement ça : atteindre la classe moyenne! C’est l’humble rêve bas-canadien de toucher un salaire de 40 000$ par année et de payer le moins d’impôts possible.

C’est différent du rêve américain!

Ce n’est pas comparable à la grosse vie dont parlent les chanteurs de rap américains. Le Québec est un cas spécial : même s’il est géographiquement près des États-Unis, le revenu des gros acteurs de l’industrie de la musique ne se compare pas du tout avec celui des vedettes américaines, ou même avec celui des artistes anglophones canadiens comme Justin Bieber et Drake. Avec la configuration qu’on a, on ne peut pas rêver de faire des millions. On compose avec la réalité.

Une certaine humilité se dégage de la chanson 40K. C’est une valeur importante pour toi?

Oui! Il y a une forme de compétition dans le rap. Dans la chanson 40K, on souligne notre humilité, mais on célèbre aussi ce qu’on fait. Atteindre le rêve québécois, c’est une réussite.

Est-ce que tu dirais que c’est difficile, financièrement, de vivre de sa passion?

Ce n’est pas la chose la plus évidente, effectivement. Un succès culturel et médiatique n’est pas nécessairement synonyme d’entrée d’argent. Par exemple, dans mon domaine, la manière de faire de l’argent, c’est de faire des spectacles. C’est difficile au départ, mais la rareté du succès amène la fierté : ceux qui percent peuvent se dire fiers de réussir.

Peut-être que pour la majorité des artistes, la passion se vit en parallèle, pendant que l’argent provient d’une autre source?

Effectivement! Beaucoup de musiciens passent par là. Ils ou elles ont un emploi alimentaire, qui leur permet de vivre tout en pratiquant leur art on the side. Dans les gros marchés, un succès critique est souvent synonyme de succès financiers, mais ici, c’est très rare. Il n’y a donc pas de honte à avoir plusieurs sources de revenu. Il faut garder des portes ouvertes, car le domaine du spectacle, c’est précaire et éphémère. En fait, la précarité, c’est le lot de tous les entrepreneurs.

Question très terre-à-terre : as-tu des trucs pour boucler les fins de mois?

Réponse très terre-à-terre : je suggère d’économiser à l’épicerie! Le truc, c’est d’acheter des produits frais qui ne sont pas taxables. Ça comporte plein d’avantages, outre l’argent qu’on sauve… Ça permet de cuisiner, de faire des plus grosses portions, de durer plus longtemps dans le frigo. Le but, c’est de sortir de l’épicerie avec une facture sans taxes!

De façon plus générale, pour boucler les fins de mois, je recommande d’avoir plus d’une corde à son arc. Ça permet d’accepter des petits contrats de travail, ici et là. Parce qu’évoluer dans plusieurs sphères, c’est une nécessité.

Édité le 21 août 2017