Les Milléniaux, de la graine de bâtisseurs?

Les Milléniaux, de la graine de bâtisseurs?
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Photo: courtoisie de Jean-François Ouellet

Le Parcours entrepreneurial Rémi-Marcoux a été créé pour aider la génération Y à atteindre son plein potentiel entrepreneurial. Le professeur, entrepreneur et collaborateur au sein de l’Institut d’entrepreneuriat Banque Nationale HEC Montréal, Jean-François Ouellet nous parle du programme, de la génération à qui il s’adresse et des idées qu’il compte promouvoir pendant son mandat.

Le Parcours a vu le jour en 2014 à l’initiative d’un pionnier du Québec inc., soit Rémi Marcoux, fondateur de Transcontinental. « M. Marcoux trouvait que HEC Montréal n’en faisait pas assez pour soutenir la relève entrepreneuriale », explique Jean-François Ouellet.

Financé par la famille Marcoux, le programme s’adresse non seulement aux étudiants de HEC Montréal, mais à toute la communauté étudiante de l’Université de Montréal. Apprentis médecins, architectes, ingénieurs, artistes, tous sont invités au Parcours. Car ce n’est pas un prérequis d’avoir étudié en administration, ni même d’avoir un projet en tête : « On cherche avant tout des gens qui ont un potentiel entrepreneurial et qui ont le goût de se lancer », explique le directeur.

Comment évaluer ce potentiel ? « On regarde la feuille de route du candidat : participation à un CA, implication scolaire ou parascolaire… On cherche des gens actifs et créatifs, des go-getter qui amorcent des projets et qui les mènent à terme. » En ce sens, Jean-François Ouellet voit le Parcours entrepreneurial Rémi-Marcoux comme un « activateur » de talents.

Un parcours en deux temps

Le programme de huit mois se déroule en deux parties : « Le premier quatre mois consiste en une série de bootcamps thématiques donnant l’occasion au participant de mieux se connaître comme entrepreneur, explique Jean-François Ouellet. Ateliers créatifs, mises en situation, etc.; on veut les sortir de leur zone de confort… »

Les quatre mois suivants, les étudiants planchent sur leur projet entrepreneurial. Le Parcours les aide à mettre en forme leur preuve de valeur, leur modèle d’affaires et leur donne accès à un réseau d’affaires.

« L’approche est zéro théorique, dit le directeur. Les participants sont en contact avec des gens de terrain : des entrepreneurs, des avocats et des experts en marketing. C’est très concret. Quand [le dragon] Martin-Luc Archambault vient nous rencontrer, ce n’est pas un professeur qui parle, c’est un entrepreneur. »

De plus, l’approche est ultra personnalisée. « Les participants arrivent tous avec un bagage différent, explique le directeur. Le but est de les prendre où ils sont et de les aider à porter leur projet le plus loin possible. »

Un Parcours à l’image des Y

Le Parcours s’adresse principalement aux « Milléniaux », qui forment l’essentiel de la faune étudiante de l’Université de Montréal. Et on sent bien que le programme a été pensé pour eux, en misant d’abord et avant tout sur l’authenticité de la démarche.

« C’est important de se lancer en affaires pour les bonnes raisons, croit Jean-François Ouellet. Devenir entrepreneur, cela exige beaucoup de sacrifices. Si on le fait par passion ou pour s’accomplir, c’est une bonne base. Si en plus on a une mission sociale, c’est là qu’on obtient les entrepreneurs les plus résilients. »

Le Parcours n’est pas là pour enseigner aux participants une stratégie de sortie, poursuit-il. « L’idée n’est pas de vendre son entreprise le plus rapidement possible et d’encaisser son premier million à 30 ans ! »

« Je pense que les Milléniaux sont des bâtisseurs, poursuit Jean-François Ouellet. Ce sont les prochains Jean Coutu et Rémi Marcoux du Québec. Ils veulent changer le monde. Ils sont très forts dans l’entrepreneuriat social, et je pense que le Parcours est très ouvert à cela. »

La preuve, s’il en faut une, est la percée de Potloc, un des beaux succès du Parcours. L’entreprise fondée par Rodolphe Barrère, qui est ensuite passée par l’Accélérateur Banque Nationale, a pour mission de redonner une voix aux citoyens dans la composition commerciale de leur quartier.

Mettre le Parcours sur la carte

Nouvellement arrivé au Parcours, Jean-François Ouellet a l’intention d’y intégrer quelques-unes de ses propres idées. « Le Parcours doit être plus présent sur la scène entrepreneuriale montréalaise, voire québécoise. »

Le directeur désire également créer des ouvertures à l’international. « J’aimerais que les participants sortent du programme avec des visées aussi bien internationales que québécoises. »

Il cite une mission récente au Mexique effectuée par les participants au programme. « L’expérience leur a fait voir qu’au Mexique, les entrepreneurs ont spontanément le réflexe de viser le marché américain. Le marché local, pour eux, c’est une plateforme pour financer et roder leur produit… »

Le message est lancé. Apprentis entrepreneurs, prêts à conquérir le monde ?

Jean-François Ouellet agit à titre de collaborateur au sein de l’Institut d’entrepreneuriat Banque Nationale HEC Montréal (IEBN). La mission de l’IEBN est de favoriser et de soutenir la création et la reprise d’entreprises.

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Édité le 2 novembre 2017

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