Astuces pour nouveaux arrivants: comment faire des courses au Canada

Astuces pour nouveaux arrivants: comment faire des courses au Canada
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S’installer dans un nouveau pays, c’est devoir s’ajuster à une foule de normes et d’habitudes différentes de celles qui avaient jusqu’alors composé notre quotidien. Faire son marché, payer son café, trouver un dentiste… Même les transactions les plus courantes sont touchées. Petit guide sur la façon de faire ses courses au Québec et au Canada.

Où trouve-t-on…?

Manque de lait ou de pain? Besoin de certains produits d’hygiène personnelle tels que du papier de toilette, du déodorant, etc.? Les dépanneurs (épiciers de quartier) avec leurs heures d’ouverture étendues – souvent de 8 h à 23 h – répondent à ce genre de besoins. Mais rares sont ceux qui offrent des fruits et légumes frais.

Pour s’approvisionner en aliments frais et autres denrées, on met plutôt le cap sur le supermarché – nommé « épicerie » dans la langue courante – ou sur les marchés publics qu’on trouve dans la plupart des grandes villes.

Au Québec, on peut acheter de la bière et des vins d’entrée de gamme au supermarché ou au dépanneur. En Ontario, on se dirige vers le Beer Store ou une succursale du Liquor Commission Board of Ontario (LCBO) pour se procurer des boissons alcoolisées. D’ailleurs, partout au pays, les véritables spécialistes en matière de vins et de spiritueux sont des sociétés d’État comme la Société des alcools du Québec (SAQ) et les Liquor Corporations des différentes provinces.

Bon à savoir: le rôle des pharmacies au Canada dépasse largement le seul domaine de la santé. On y trouve une vaste sélection de produits de beauté, d’hygiène personnelle, de nettoyage, de la papeterie, de petits appareils électroniques et même des croustilles!

 

Heures d’ouverture

En semaine, les magasins ouvrent souvent de 10 h à 18 h, et jusqu’à 21 h le jeudi et le vendredi. Ils accueillent les clients le samedi et le dimanche aussi, généralement pendant une plage horaire plus courte qu’en semaine.

« Pouvoir faire l’épicerie en soirée ou le dimanche, ça a changé ma vie! », s’exclame Anaïs Trocherie au sujet de ces horaires plus étendus que ceux qu’elle a connus en France, pays qu’elle a quitté il y a cinq ans pour venir étudier à l’Université du Québec à Montréal.

En effet, dans les centres urbains, nombreux sont les commerces d’alimentation et les pharmacies qui sont ouverts jusqu’à 21 h ou 22 h tous les soirs, même le dimanche.

 

Taxes non comprises

Au Canada, les prix affichés n’incluent habituellement pas les taxes de vente. C’est à la caisse que le montant des taxes est calculé et additionné au prix des produits. À la taxe sur les produits et services (TPS) de 5% que perçoit le gouvernement fédéral, plusieurs provinces ajoutent en outre leur propre taxe.

Ainsi, entre l’absence de taxe provinciale en Alberta et au Yukon, la taxe de 9,975% que Québec ajoute sur le montant après TPS et la taxe de vente harmonisée (combinant les taxes fédérale et provinciale) de 13% en Ontario et au Nouveau-Brunswick, pas facile de s’y retrouver!

Sans compter que certains produits sont exempts de taxes, dont les aliments de base et les médicaments sur ordonnance.

« Au début, je n’ai tout simplement pas compris comment les taxes étaient appliquées », se rappelle Anaïs Trocherie.

« J’avais beau me fixer un budget, je le dépassais chaque fois à cause des taxes », se souvient quant à lui Zied Boudhra, qui s’est installé au Québec l’été dernier. Ce Tunisien d’origine a cependant vite pris l’habitude de calculer mentalement le prix avec taxes des articles qu’il compte acheter.

Anaïs Trocherie, quant à elle, s’en remet à la technologie. Différentes applications pour téléphones intelligents permettent en effet de calculer le montant avec taxes en fonction de la province ou du territoire canadien où l’on se trouve.

 

Le pourboire

Zied Boudhra a aussi été surpris par les pratiques canadiennes en matière de pourboires. Bien qu’aucune loi ne force les clients à verser ce supplément, dans les restaurants et les bars, la norme est en effet de laisser 15% du montant de la facture en pourboire au serveur. « Ça ne me choque pas de payer un pourboire, explique-t-il. Mais j’aimerais mieux que ce soit une réelle appréciation du service reçu. »

Même son de cloche de la part d’Abdul Lateef, originaire de Delhi: « En Inde, si le service et les plats sont très bons, le pourboire peut s’élever à 25%. Si on passe une soirée terrible, il tombe à 7 ou 8%. » Au Canada, en revanche, l’écart est bien moindre: quelques pour cent en plus ou en moins indiquent notre appréciation.

L’étiquette veut aussi qu’on laisse quelques dollars au personnel du salon de coiffure, au chauffeur de taxi ainsi qu’au livreur du restaurant ou de l’épicerie. Au café et dans les comptoirs de restauration, quelques pièces de monnaie suffisent.

 

À la livre ou au kilo?

Le Canada a entamé dans les années 1970 sa conversion au système métrique, mais les unités impériales y cohabitent encore.

Pour les aliments vendus au poids comme les fruits, les légumes, les viandes et les fromages, c’est souvent le prix à la livre (454 g) qui est mis en évidence. Le prix pour un kilo est inscrit en plus petits caractères. D’ailleurs, nul besoin de peser soi-même les fruits et les légumes, car leur poids est mesuré à la caisse.

Entre un pot de moutarde à 2,99 $ pour 400 mL et un autre à 3,89 $ pour 475 mL, lequel est moins cher? Pour comparer les prix de produits emballés dans des formats différents, le truc est de rechercher, sur l’étiquette apposée sur la tablette, le prix pour 100 mL ou 100 g.

Dans le domaine de la rénovation, le système impérial règne encore en maître. Clous, planches et tuyaux se mesurent encore en pouces et en pieds. Heureusement, les rubans à mesurer vendus au Canada comportent les unités de mesure des deux systèmes.

 

Politique d’exactitude des prix

Les acheteurs gagnent aussi à se familiariser avec la politique d’exactitude des prix en vigueur dans leur province, estime Katy Howick, de l’organisme d’intégration Petites Mains, à Montréal.

Au Québec, en Ontario et en Colombie-Britannique, par exemple, si le prix exigé à la caisse est plus élevé que celui affiché, le commerçant doit offrir l’article au prix affiché, moins dix dollars. Et si le prix de l’article est inférieur à dix dollars, le commerçant est tenu de remettre l’article gratuitement à l’acheteur.

« Les femmes qui suivent nos formations sur le budget trouvent cette information intéressante, mais elles regrettent souvent de ne pas avoir été mises au courant avant », indique la travailleuse sociale.

 

Marchander avec parcimonie

La quasi-impossibilité de marchander est une autre caractéristique canadienne que Katy Howick aborde avec les participantes du programme d’intégration qu’elle dirige chez Petites Mains: « Quand nous les emmenons au marché public, plusieurs d’entre elles voudraient négocier le prix des aliments, parce que c’est ce qu’elles font quand elles vont au marché dans leur pays d’origine. Alors qu’ici, on paie simplement le prix affiché. »

Cela dit, négocier le prix est tout de même une pratique qui existe au Canada, mais la plupart des gens la réservent aux achats de biens usagés (dans une vente-débarras notamment) ou encore aux transactions importantes, comme l’achat d’une voiture ou d’une maison. Par exemple, il est tout à fait normal de faire une offre d’achat sur une maison en proposant un prix moins élevé que celui affiché par le vendeur. Le vendeur répond généralement avec une contre-offre, et ainsi de suite jusqu’à ce que les deux parties s’entendent sur un prix d’achat final.

 

Échanges et remboursements

Il est en général facile d’obtenir un échange, un remboursement ou une note de crédit pour un article défectueux ou qui ne nous convient pas. C’est ce qu’a constaté Abdul Lateef: « Ici, les échanges sont faciles et rapides. Une fois, par exemple, j’avais acheté des chaussures qui étaient finalement trop petites. J’ai pu les échanger sans problème. »

La politique d’échange ou de remboursement du magasin figure habituellement sur la facture, qui est d’ailleurs requise pour ce genre de transaction.

Au moment de commencer votre nouvelle vie au Canada, ces astuces devraient vous aider à mieux comprendre les règles, écrites ou non, qui régissent les transactions commerciales au pays. Cela dit, si vous n’en maîtrisez pas immédiatement toutes les subtilités, soyez sans crainte: la population canadienne est déjà multiculturelle. Vous ne serez donc pas le premier nouvel arrivant à oublier un pourboire au restaurant ou à tenter de négocier le prix d’une perceuse sans fil dans un magasin à grande surface… On ne vous en tiendra pas rigueur!

Découvrez-en encore plus sur le Canada en vous inscrivant à l’Infolettre Nouveaux Arrivants de la Banque Nationale.

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Édité le 29 septembre 2017

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