Maison usinée : les tendances, selon Bonneville

Maison usinée : les tendances, selon Bonneville
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Elle en a fait du chemin, la maison usinée… Entre la maison mobile mal isolée des années 60 et les propriétés à l’architecture avant-gardiste d’aujourd’hui, il y a un monde.

Depuis 54 ans, Les Industries Bonneville raffinent l’offre, rehaussant sans cesse les standards de qualité et repoussant les limites en matière de conception. Rencontre avec Dany Bonneville, coprésident et responsable des ventes, du marketing et de l’administration pour Les Industries Bonneville.

Depuis 50 ans, la perception des consommateurs envers les maisons usinées a-t-elle changé ?

Dany Bonneville : Beaucoup. Au temps où mon père dirigeait l’entreprise, jusque dans les années 1990, on vendait du « pied carré ». La maison usinée, c’était « beau, bon, pas cher ». C’est en partie parce qu’à ce moment-là, on n’avait pas vécu les percées technologiques des dernières années.

De quelles percées parle-t-on ?

D. B. : Quand il est question de maisons usinées, on a une contrainte : puisqu’il faut transporter la maison et utiliser des routes, on est limité en ce qui concerne la hauteur et la largeur du chargement. Il faut donc être extrêmement créatif pour trouver des façons d’offrir des modèles de maisons audacieux, malgré cette contrainte. Par exemple, on fait maintenant des maisons avec des plafonds de 11 pieds; jamais on n’avait vu ça avant pour des maisons usinées…

Malgré tout, la maison usinée demeure moins coûteuse…

D. B. : Elle est en effet moins chère qu’une maison bâtie sur chantier, mais ce n’est pas sur cet axe que nous communiquons aujourd’hui pour vendre la maison. Désormais, on mise beaucoup sur le service personnalisé. Dans notre salle d’exposition, on a cinq designers d’intérieur pour aider les clients, les guider, prendre leurs mesures, etc. Le client peut toucher les matériaux, les comptoirs, essayer le bain ou la douche. Il obtient un service de A à Z, au même endroit. Au temps de mon père, on bâtissait cinquante modèles, tous pareils. Aujourd’hui, il n’y a aucune maison qui est identique… d’où la difficulté d’avoir une chaîne de production.

Qu’est-ce que les consommateurs apprécient des maisons usinées ?

D. B. : La qualité de la construction est importante pour l’acheteur. En Europe, la moitié des maisons sont faites en usine. Là-bas, les gens ont compris qu’il est beaucoup plus facile de construire des maisons à l’intérieur, à l’abri des vents, de la pluie, du froid. Ils aiment aussi le style…

Parlons-en : comment a évolué le style des maisons usinées ?

D. B. : Dans les années 1980 et 1990, la pièce centrale d’une maison était la salle à manger. On faisait tout dans cette pièce, une tendance qui s’est reflétée dans le design des maisons. Au cours des années 2000, l’îlot central a été une grosse tendance pour les cuisines. Et aujourd’hui, on pense que la prochaine tendance, ce sera les aires de vie extérieure. Il est fini le temps où l’on voulait juste du « pied carré ». L’acheteur veut que sa maison serve d’outil de ressourcement. On veut y relaxer, on veut avoir une belle vue devant nous. Dans cette optique, on veut aussi de plus en plus avoir un contact avec l’extérieur, et ce, douze mois par année. C’est pourquoi on a présenté des concepts, comme les maisons de notre série NATUR, équipées de murs de verre amovibles qui s’ouvrent pour qu’une cuisine donne sur le patio afin de créer une grande terrasse ouverte…

Les maisons NATUR, et celles de vos autres collections plus « modernes » sont assez surprenantes en ce qui concerne l’architecture…

D. B. : On investit chaque année plus de 10 000 heures en créativité afin de toujours sortir de nouveaux modèles vraiment flyés ! On a commencé il y a une quinzaine d’années avec la Casa Poitras, une maison signée par le designer québécois Jean-Claude Poitras. À l’époque, on a eu une réaction un peu mitigée, mais on a continué quand même. Parce qu’on savait que l’innovation, c’était l’avenir. Récemment, on a présenté une maison de style industriel, l’Aeroloft, à l’ExpoHabitation de Montréal. On sait déjà qu’elle ne fait pas l’unanimité, mais on va continuer quand même à repousser les limites, à proposer des styles audacieux, parce qu’on est un leader dans notre industrie. Et si tu ne proposes que du réchauffé, tu n’es pas un leader…

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Édité le 23 décembre 2016

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