Lise Watier, un mentor en beauté

Lise Watier, un mentor en beauté
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Elle a démarré seule et elle a monté un empire.

Lise Watier est une bonne conteuse… Nous l’écoutons raconter avec délices l’arrivée de sa marque en territoire français il y a quelques années, entre le dédain des uns et l’enthousiasme des autres, dont celui du grand patron de Sephora, tout à fait charmé par les cosmétiques canadiens et par leur créatrice. On le comprend. Lise Watier a le don de la persuasion. Et nous l’écoutons tous, y compris le minuscule chien Folie, plutôt sage quand sa maîtresse parle.

Des histoires, Lise Watier Cosmétiques en a connues plusieurs depuis sa création, en 1972. Mais quel a été votre meilleur coup en affaires? demande Martin Lavigne, Président de la Financière Banque Nationale.

«Le lancement de Neiges, assurément, répond Mme Watier. C’était mon meilleur coup, en 1993. Nous avons lancé ce parfum à la patinoire du 1000 de la Gauchetière, à Montréal. Et quand les gens sont sortis, il neigeait… C’était une belle image, mais c’était une période compliquée pour lancer un parfum, un moment difficile. Nous avions eu un incendie, et mon équipe était découragée… Mais Neiges a été le plus gros succès au pays.»

Quand elle a fondé Lise Watier Cosmétiques, Lise Watier avait 30 ans et, pour tout bagage, quatre années passées auprès de clientes de l’Institut Charme et Beauté Lise Watier, une école où elle offrait des cours d’épanouissement personnel, de maintien, d’étiquette et de maquillage. La beauté au féminin, elle la connaissait; mais la cosmétologie, c’était autre chose… Trouver un modèle d’entreprise. Les modèles d’entreprises de ce type étaient rares, voire inexistants. « Il y avait bien Édith Serei, qui avait une école d’esthétique, mais elle importait les produits de maquillage d’une autre marque. Moi, je voulais créer ma marque. » Est-ce que quelqu’un vous a fait confiance? demande Éric Bujold, Président de Banque Nationale Gestion privée 1859 : «Je n’ai jamais eu de mentor, confie-t-elle sans amertume aucune. J’étais seule, autonome. Je n’ai reçu d’aide et d’encouragement de personne, si ce n’est de mes parents. Au contraire, on me mettait des bâtons dans les roues. Car très peu de gens croyaient en mes projets.»

C’est en lisant une biographie d’Helena Rubinstein — née à Cracovie en 1870 et qui a créé, au début du XXe siècle, sa gamme de produits de beauté ainsi que le concept d’institut de beauté — que Lise Watier a trouvé sa source d’inspiration. «On racontait qu’elle avait engagé des chimistes pour créer ses produits. Je me suis dit que c’est par là que je devais commencer.» Mme Watier est donc allée frapper aux portes de scientifiques et a essuyé des refus, jusqu’à ce que l’un d’eux se décide enfin à croire en elle. Depuis, Lise Watier Cosmétiques inc. est un empire qui distribue ses produits et ses parfums au Canada, aux États-Unis et en Europe.

Elle devient mentor

Cette fille unique née en 1942 dans le quartier Hochelaga- Maisonneuve, à Montréal, et choyée par ses parents constitue aujourd’hui un modèle pour les femmes entrepreneures. Un modèle de persévérance et de confiance en soi, mais aussi de générosité. «De 1968 à 1972, j’ai rencontré dans mon institut des milliers de femmes, se souvient-elle. J’ai appris à les comprendre et à comprendre leurs besoins, leurs aspirations profondes. Ce sont elles qui m’ont enseigné que la beauté, c’est une émotion. Et  l’émotion, ça  me  connaît.»

Consciente que c’est aux femmes qu’elle doit son succès, Lise Watier a décidé de leur rendre la pareille.

«J’ai toujours travaillé pour les femmes, conclut-elle. Je les ai aidées à se sentir belles et bien dans leur peau. Et, aujourd’hui, je veux les aider à avancer et à poursuivre leurs rêves.»

 

C’est dans le cadre d’une série d’entrevues portant sur la réussite de dirigeants d’entreprises d’ici que Martin Lavigne, Président de Financière Banque Nationale Gestion de patrimoine et Éric Bujold, Président de Banque Nationale Gestion privée 1859 ont eu la chance de s’entretenir avec Lise Watier.

Édité le 2 novembre 2017

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