Finances personnelles: comment gérer son argent?

Finances personnelles: comment gérer son argent?
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60 % des Québécois disent avoir un budget, qu’ils suivent au sou près dans 43 % des cas. C’est déjà beaucoup, mais pas encore suffisant. Pour surmonter le défi des finances personnelles, rien ne vaut une bonne planification et des objectifs motivants.

 

1. Définir ses objectifs financiers

Acheter une première maison, fonder une famille, prendre sa retraite à 60 ans ou voyager plusieurs mois par année: ce sont tous des objectifs qui font rêver, mais qui ont un coût. Si l’on veut réaliser ses rêves, il faut commencer par se fixer des objectifs financiers. Aussi, une bonne planification financière est la clé du succès.

Lorsqu’on définit ses objectifs, il faut penser à court et à long terme. Que veut-on accomplir dans les prochains mois? Peut-on épargner suffisamment pour se payer le voyage tant mérité après une année chargée? Devrait-on plutôt commencer à cotiser à un REER? Voilà des objectifs à court terme.

Ceux qui se situent au-delà de l’horizon de six mois ou un an sont du ressort du moyen terme, par exemple acheter une première maison dans trois ans. À long terme, ce sont nos projets de vie (ex.: décider à 35 ans qu’on prendra sa retraite à 60 ans).

L’avantage d’établir des objectifs financiers est de réaliser quelles mesures financières sont nécessaires pour les atteindre. Si acheter une première maison semble inaccessible quand on a 20 ans, cela devient plus réaliste lorsqu’on établit un calendrier d’épargne mensuel.

 

2. Faire un budget personnel

Le budget personnel est l’outil du quotidien pour atteindre ces objectifs à court, moyen et long terme. Il permet de garder la trace de nos revenus et dépenses et d’obtenir un portrait clair de notre situation financière. Bien des personnes évitent de faire un budget parce qu’elles croient que celui-ci est forcément contraignant. « Un budget, c’est surtout une question de choix, rappelle Natalia Sandjian, planificatrice financière à la Banque Nationale. Il faut d’abord s’arrêter à prioriser ses dépenses, puis avoir la discipline de prendre des décisions conséquentes tous les jours… plusieurs fois par jour. »

En fait, un budget réussi est un budget que l’on est capable de respecter. En établissant des objectifs financiers et une stratégie pour les atteindre, on est beaucoup plus enclin à le respecter. Car il est plus facile de renoncer à ce joli chandail soldé si l’on sait que l’argent économisé servira à se payer une année sabbatique!

Les conseillers en finances personnelles s’entendent aussi sur l’importance de se constituer un coussin financier qui équivaut à trois à six mois de salaire, pour les imprévus. Si on perd son emploi ou qu’un proche tombe malade, on pourra continuer à payer son loyer et ses dépenses le temps que la situation se rétablisse.

 

3. Comprendre les règles de l’épargne

Le budget comprend aussi l’épargne nécessaire pour atteindre ses objectifs. Épargner tôt est une stratégie hautement rentable car, chaque année, on fait généralement un peu de profit grâce à l’argent épargné. Car l’épargne génère habituellement des intérêts. Par exemple, si l’on épargne 10 000 $ à un taux d’intérêt annuel de 2 %, on aura 10 200 $ à la fin de l’année. 200 $ de plus, sans lever le petit doigt!

Si l’on répète l’opération année après année, le montant qui fructifie devient encore plus important, surtout si on épargne régulièrement. Ce qu’on appelle les intérêts composés représente un véritable effet boule de neige. Plus vous investissez tôt, plus votre argent fructifie. De plus, il est beaucoup moins exigeant d’épargner 20 $ par semaine pendant dix ans que d’essayer d’épargner 200 $ par semaine vingt ans plus tard. Les véhicules d’épargne les plus avantageux sont certainement le CELI et le REER.

 

4. Réduire et éliminer ses dettes

Bien des Canadiens vivent encore au-dessus de leurs moyens financiers. En moyenne, ils ont dépensé 1,67 $ pour chaque dollar gagné en 2016, selon Statistique Canada. Bien qu’une résidence puisse être revendue plus tard (c’est un actif), les dettes de carte de crédit, de prêt personnel et de prêt-auto doivent être remboursées.

Aussi, il ne faut pas attendre que les dettes vous écrasent avant de prendre la situation en main. Les éliminer le plus tôt possible aura un impact durable sur votre santé financière future, puisque plus on traîne une dette, plus elle coûte cher au final. Il est possible de réduire ses dettes notamment en coupant quelques dépenses non essentielles dans son budget, en payant toujours le minimum dû et en remboursant les plus gros emprunts en premier.

 

5. Gérer son argent selon son profil

 

Lorsqu’on est étudiant

Aux études, il faut jongler avec les cours, les travaux, le travail à temps partiel, les frais de scolarité et les livres qui coûtent parfois très cher. Pour ne pas se perdre dans le tourbillon de la vie de jeune adulte, un budget adapté est la clé. Il permettra de se concentrer sur ses études, sans soucis financiers. Bien des étudiants choisissent même de ne travailler que l’été, puisqu’ils planifient bien leurs dépenses tout au long de l’année.

 

Lorsqu’on est parent

La naissance d’un enfant provoque bien des bouleversements, notamment sur le plan financier. Non seulement elle entraîne beaucoup de dépenses, mais elle provoque souvent une baisse de revenus pour les parents, qui prennent un congé parental. Selon une étude de l’Institut Fraser, un enfant en bas âge peut entraîner jusqu’à 3 000 $ de dépenses supplémentaires par année pour un ménage, alors qu’il faut compter environ 4 500 $ par année pour un adolescent. Mieux vaut donc le planifier dans son budget si on prévoit fonder une famille.

De plus, il faut parfois acheter une résidence plus spacieuse pour accommoder sa famille. Une première maison demande aussi une planification à moyen terme.

 

Lorsqu’on est retraité

La retraite est évidemment faite pour s’amuser, mais ce n’est pas une raison pour perdre ses finances de vue. La retraite s’accompagne bien souvent d’une baisse de revenus, alors les dépenses doivent également suivre.

L’important est de respecter sa capacité financière, comme Natalia Sandjian. « Le rôle d’un planificateur financier en est aussi un de conseiller au quotidien. Je me souviens d’une cliente retraitée de 70 ans qui m’a appelée directement d’un concessionnaire automobile pour me demander si elle avait les moyens de s’acheter sa voiture décapotable de rêve. J’ai regardé son dossier, et je lui ai dit de se lancer ! »

Évidemment, une retraite bien planifiée sera plus agréable, car elle n’entraînera pas une baisse significative du niveau de vie. C’est pourquoi commencer à épargner tôt est une stratégie gagnante pour toute la vie.

 

4 signes que vos finances personnelles se portent mal

 

1. Il reste un solde sur la carte de crédit à la fin du mois

La carte de crédit est une source de crédit à court terme qu’on devrait rembourser mensuellement. Les taux intérêts sont trop élevés pour en faire une autre utilisation.

 

2. On vit d’une paie à l’autre

Il faut être capable de faire face à un imprévu sans s’endetter, car il y aura toujours des imprévus… et on doit les prévoir!

 

3. On ne réussit pas à épargner

L’épargne devrait être une habitude inscrite au budget de la même façon que toute dépense courante. On mérite après tout qu’une portion de l’argent durement gagné serve à réaliser nos projets, et pas seulement à assumer le coût de la vie.

 

4. On subit un écart entre nos priorités et la réalité

Se sentir dépassé par sa situation financière, de sorte qu’on est incapable d’investir dans ce que l’on juge important, est sans aucun doute un grand drapeau rouge.
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Édité le 15 août 2017

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