J’ai été payé pour voyager

J’ai été payé pour voyager
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Ton job de rêve, y’a des centaines de personnes qui le veulent. Pour le décrocher, tu dois trouver une façon de te démarquer. C’est ce qu’a fait Élodie pour devenir guide en Asie.

Être payé pour voyager, découvrir plein de cultures et rencontrer des gens de partout dans le monde, c’est trop beau pour être vrai? C’est ce que croyait Élodie* avant de tomber sur la petite annonce de Tous azimuts, dans le journal Voir.

L’agence de voyages cherchait à pourvoir trois postes de guides. Ça tombait bien : à la fin de son bac en enseignement, Élodie était partie trotter quatre mois en Asie et elle venait tout juste de revenir. À 25 ans, elle se voyait mal trouver un job de prof à temps plein et faire ça toute sa vie. Un jour, oui. Mais pas tout de suite.

Elle a donc envoyé son CV à l’agence, comme des centaines d’autres personnes tout aussi motivées qu’elle. Mais pour se démarquer, elle devait faire plus que ça.

Sans s’annoncer, Élodie s’est rendue au centre-ville de Montréal pour rencontrer l’équipe de Tous azimuts. « Ils m’ont dit qu’ils cherchaient des gens qui ne s’ennuient pas de leur mère après une semaine et qui sont capables de gérer des êtres humains en vacances. » Visiblement, le courant a passé : elle a été convoquée le lendemain en entrevue.

Ça s’est super bien déroulé. Mais évidemment, un autre candidat avait plus d’expérience qu’elle, et le poste de guide spécialisé en Asie lui a filé entre les doigts. « La porte n’est pas fermée », lui a dit le patron.

Il ne savait pas à quel point ça ne tombait pas dans l’oreille d’une sourde.

Cette année-là, Élodie a décroché de petits contrats d’enseignement, rien de trop engageant, et reprenait l’avion dès qu’ils se terminaient. L’agence Tous azimuts s’est mise à recevoir des cartes postales de la Thaïlande, du Vietnam, du Tibet, toutes signées par Élodie. Elle y racontait ses aventures et rappelait qu’elle était toujours intéressée à travailler chez eux. C’était sa technique pour se rendre inoubliable.

Tous les deux mois, elle mettait à jour son CV avec les nouvelles destinations visitées, et l’envoyait à l’agence. « Quand j’étais en ville, je passais toujours leur dire bonjour. Il paraît qu’en me voyant arriver, ils disaient “bon, c’est à qui le tour de lui parler?” »

Malgré tous ses efforts, ils n’avaient toujours pas de poste pour elle. Tant pis pour eux. Élodie est allée voir ailleurs et s’est fait offrir un job dans une autre agence qui lui tentait un peu moins. Avant d’accepter, elle a rappelé Tous azimuts, au cas où. « Ah, mais non, c’est nous qui t’engageons! a répondu le patron. Tu peux commencer quand? »

Élodie a été leur guide pendant dix ans. Elle ne compte plus le nombre de fois où elle a vu le Vietnam, l’Indonésie, la Birmanie, le Laos, le Cambodge et le Népal… « Je connais mieux Bangkok que Québec, tsé! »

Aujourd’hui, Élodie s’est casée dans une job d’enseignante. Chaque année, le patron de Tous azimuts la rappelle pour lui proposer de reprendre la vie de guide. « Ça m’a pris du temps à l’ouvrir cette porte-là, dit Élodie, et je sais qu’elle sera toujours ouverte. »

*Nom fictif

Édité le 15 août 2017

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