L’économie américaine pèse-t-elle sur le succès de votre entreprise?

L’économie américaine pèse-t-elle sur le succès de votre entreprise?
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Les États-Unis ont entrepris en 2017 des changements majeurs dans leur politique économique nationale. Plusieurs de ces changements de l’économie américaine pourraient avoir un impact significatif sur les affaires des entreprises canadiennes.

Pour l’économie canadienne, il devrait y avoir du bon et du moins bon dans la direction prise par nos voisins du Sud.

De façon générale, on voit la politique américaine prendre une orientation nettement «pro business», avec la perspective de déréglementation et de baisse d’impôt pour les entreprises américaines. Cette orientation alimente l’optimisme des milieux d’affaires américains et les encourage à investir.

Il est aussi question d’un programme d’investissement public dans les infrastructures de transport d’un montant total d’un billion (soit 1 000 milliards) de dollars.

Cette perspective d’investissements privés et publics, et l’activité économique qu’ils pourraient générer, ont le potentiel de créer des occasions d’affaires aux États-Unis pour les entreprises canadiennes.

Pourtant, inversement, plusieurs nuages obscurcissent l’horizon du marché américain — et même l’horizon du marché global —  des entreprises canadiennes.

La menace protectionniste

La principale menace est celle d’une montée du protectionnisme.

Plusieurs décisions politiques peuvent, à court ou à moyen terme, pénaliser directement les exportations canadiennes vers les États-Unis. Par exemple:

  • Un décret présidentiel Buy American, Hire American a enjoint aux administrations fédérales de vérifier qu’aucune dispense aux accords de libre-échange ne favorise un fournisseur étranger aux dépends d’un fournisseur américain.
  • Le département américain du commerce a imposé des droits compensatoires (l’équivalent d’une taxe à l’importation) sur le bois d’œuvre canadien.
  • Les États-Unis ont formellement avisé le Canada et le Mexique de leur intention de renégocier l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA).

L’attitude protectionniste de l’administration américaine semble encourager les entreprises américaines à demander son aide pour défendre leur marché intérieur. Ainsi, Boeing a déposé une plainte auprès du département américain du commerce contre les pratiques commerciales de Bombardier pour vendre ses avions CSeries aux États-Unis.

Mais la montée du protectionnisme pourrait avoir un impact au-delà des seuls échanges Canada – États-Unis. Ainsi, les États-Unis ont remis en question la mise en place de l’Accord de partenariat transpacifique en s’en retirant unilatéralement. Certains observateurs craignent que le discours protectionniste américain ralentisse les progrès du libre-échange à travers le monde, ou le fasse même reculer.

Un tel recul pourrait affecter toutes les exportations canadiennes, et donc à terme l’activité intérieure puisque la contribution du commerce international au produit intérieur brut canadien est d’environ un tiers.

Ne pas se laisser paralyser par l’incertitude

Malgré les manchettes inquiétantes, il est encore difficile d’évaluer l’impact réel des décisions et du discours protectionniste sur les exportations des entreprises canadiennes.

Comme les gouvernements, les chambres de commerce et les associations professionnelles sont préoccupées par l’évolution des relations commerciales entre le Canada et les États-Unis. Parce qu’elles suivent le dossier de près, ces organisations peuvent fournir de l’information et des conseils à leurs membres qui transigent avec les États-Unis.

Certaines entreprises se tournent aussi vers leur banque pour réévaluer leur façon de gérer la devise américaine – dont le cours en dollar canadien pourrait être affecté par la politique commerciale américaine.

Pour d’autres entreprises, l’incertitude liée au marché américain peut les inciter à faire porter leurs efforts d’exportation vers d’autres pays.

Cela dit, l’économie américaine demeure tout de même en bonne santé et les entreprises canadiennes sont loin d’avoir renoncé à faire affaires aux États-Unis.

Édité le 8 novembre 2017

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