Immigrer au Québec depuis la France: le témoignage de Julien

Immigrer au Québec depuis la France: le témoignage de Julien
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Parti pour un an au Québec en quête d’aventure, Julien ne s’attendait pas à y rester près de 10 ans! Mais comme beaucoup de Français, il a eu le coup de foudre pour le Québec et a décidé d’y faire son nid.

Il n’est pas le seul: selon les statistiques du ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion du Québec, un peu plus de 38 000 personnes nées en France ont été admises au Québec entre 2004 et 2013. Après l’Algérie, la France est la plus grande source de professionnels immigrés qualifiés de la province. En chiffres et en lettres, brossons le portrait de ces Français qui ont adopté « la Belle Province ».

Jeunes, éduqués et employables

Julien présente le profil typique du Français établi au Québec. Ce jeune homme de 33 ans, professionnel, travaille à temps plein et gagne un bon salaire. Instruit et qualifié, il a fait ses études dans une excellente université française et cumule une licence en sciences politiques et deux maîtrises, l’une en sciences politiques et l’autre en philosophie. Il vit dans l’arrondissement Rosemont, à Montréal.

Parmi les Français immigrés au Québec, les hommes (53%) sont un peu plus nombreux que les femmes (47%). Les Français établis au Québec sont jeunes (40% d’entre eux sont âgés de 24 à 44 ans) et éduqués (40% détiennent un diplôme universitaire). Ce sont pour la plupart des professionnels qualifiés qui démontrent un taux d’emploi supérieur à celui des Québécois. Ils gagnent aussi davantage, soit 44 000 $ (29 700 €) par an en moyenne, comparativement à 36 000 $ (24 400 €) par an pour les Québécois.

En tenant compte uniquement de l’immigration récente, cette tendance est encore plus marquée. De 2011 à 2013, près de 80% des Français immigrés au Québec avaient moins de 35 ans à l’admission, et plus de la moitié d’entre eux détiennent un diplôme universitaire!

La majorité des immigrants français s’établit à Montréal, plus particulièrement dans les arrondissements du Plateau-Mont-Royal, de Côte-des-Neiges – Notre-Dame-de-Grâce et de Rosemont – La-Petite-Patrie.

L’expérience de Julien

Après ses études universitaires, Julien s’interrogeait sur son avenir. Lorsqu’un de ses amis lui parle du Québec, il ne fait ni une ni deux et souscrit au programme vacances-travail. Deux mois plus tard, il débarque au Québec au cœur du mois de janvier, en pleine tempête de neige. Heureusement, il est bien préparé, autant à affronter le froid qu’à chercher un emploi au Québec! Journaliste de profession, il a fait des contacts avec des reporters québécois avant son départ. Parmi ceux-ci, une correspondante pour un magazine français lui enseigne les ficelles du métier au Québec. Sur ses conseils, il prend d’abord des piges puis, rapidement, trouve un premier emploi à temps plein dans un journal de quartier. Au bout d’un an, il fait sa demande de résidence permanente. Il occupe aujourd’hui un emploi dans un grand quotidien.

« J’ai décidé très vite de rester, explique Julien, qui s’est fait des amis rapidement au travail et grâce à ses colocataires. J’aimais l’ambiance de travail plus détendue, la mentalité. Je sentais moins de tension qu’en France au travail. »

 

Relever le défi de l’intégration

Plusieurs éléments facilitent l’intégration des Français au Québec. Grâce à l’Entente en matière de reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles, 63 professions ou métiers réglementés en France sont reconnus au Québec. De plus, une entente de réciprocité en matière de sécurité sociale permet aux citoyens français de bénéficier du régime public d’assurance maladie du Québec.

Toutefois, les défis sont nombreux, et les Français désireux de s’installer au Québec doivent bien se préparer à cette transition. Avant de partir, il est recommandé de bien s’informer des possibilités d’emploi dans son domaine et de se renseigner sur les conditions d’exercice et la réglementation québécoise pour son métier ou sa profession.

« Je suis arrivé juste au moment de la crise des médias », se rappelle Julien. « J’ai donc dû faire des piges pour acquérir de l’expérience québécoise, et j’ai occupé longtemps un poste peu intéressant. Mais ma patience a porté ses fruits! »

Julien insiste sur l’importance de se créer rapidement un réseau de contacts et de s’initier aux techniques d’entrevue et de rédaction de CV québécois. On peut aussi regarder du côté des entreprises françaises: environ 400 d’entre elles sont présentes au Québec et embauchent quelque 80 000 personnes. On trouve de grandes firmes comme Danone, Alstom, L’Oréal et Ubisoft, mais aussi de petites et moyennes entreprises, de plus en plus nombreuses au Québec.

« Au Québec, le diplôme compte souvent moins que l’expérience, remarque Julien. Il est donc important de décrocher un premier emploi, même un poste d’entrée, pour démontrer sa compétence et se bâtir un portfolio. »

 

Le rêve américain, en français

L’Amérique fascine à bien des éga­­­rds. Par sa culture, sa liberté, son souci d’efficacité. Aussi, les Français qui immigrent au Québec obtiennent-ils le meilleur des deux mondes: une efficacité et une liberté d’entreprendre toute américaine, conjuguées à un esprit latin qui aime bien vivre et faire la fête.

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Édité le 25 juillet 2017

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