Utilisez-vous correctement l’humour au travail ?

Utilisez-vous correctement l’humour au travail ?
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On dit qu’on ne choisit pas sa famille. C’est vrai. Mais on ne choisit pas ses collègues de bureau non plus. Y’en a des plates, mais y’en a aussi des drôles. Les « ptits comiques du bureau ». Ceux qui nous ont tous déjà fait penser: « Y’é drôle, lui! Il pourrait être humoriste! »

Attention. Ce n’est peut-être pas toujours approprié de lancer une volée de blagues bien grivoises dans une salle de réunion ou de se mettre des carottes dans le nez pour faire rire ses collègues sur l’heure du lunch. Parce que l’humour au travail, ça ne se fait pas n’importe comment.

Savoir-vivre humoristique 101

Il existe des trucs pour utiliser efficacement l’humour au travail. Des genres de règles non-écrites qui changent souvent d’un lieu de travail à un autre. Un code de savoir-vivre humoristique, finalement, à apprendre sur le tas, à force d’essais et d’erreurs.

Parce que oui, l’humour, ça peut être un outil de communication. Tout comme un moyen de défense. En même temps qu’une perche vers l’autre. C’est polyvalent, l’humour. Que l’on soit PDG d’une grande entreprise de pâtes et papiers ou humoriste de la relève.

Mais comment bien s’en servir? Est-ce que toutes les formes d’humour en milieu de travail sont acceptables? Est-ce qu’on peut mettre du saran wrap pour couvrir la toilette personnelle du patron et s’en sortir en prétextant que « ce n’était qu’une blague » ?

Il ne faut pas oublier que l’humour, c’est subjectif. Ce qui est drôle pour un ne le sera pas nécessairement pour un autre.  C’est une bonne idée de moindrement connaître la personne à qui on fait une blague. Parce que mettre de la crème fouettée dans les souliers d’un nouvel employé que personne connait, c’est pas l’idée du siècle. Peut-être qu’il ne trouve pas ça drôle. Ou peut-être qu’il est diabétique…

Bien connaître son public, donc. Ça s’applique dans un environnement de travail autant que sur une scène professionnelle. Il faut connaître moindrement la personne ou notre audience. Sinon, ça se peut que ça fasse un frette à la machine à café.
Plongeons dans le vif du sujet en partant à la rencontre d’une femme qui a choisi de faire le saut entre le monde très corporatif et sérieux de la vie de bureau et l’angoissante réalité d’un humoriste de la relève qui commence sa carrière.

De comique du bureau à humoriste

Quand Léa Stréliski-Richard décide de faire quelque chose, elle ne le fait pas à moitié. C’est elle-même qui le dit : « J’prend pas souvent des grosses décisions, mais quand je le fais, j’me met all-in ! »

Employée d’une des plus grandes boites de pub au Québec durant quatre ans, pigiste comme conceptrice-rédactrice publicitaire durant les sept suivantes, mère de trois enfants avant la trentaine (quand on vous dit qu’elle ne fait pas les choses à moitié…), Léa avait tout pour être heureuse. Mais il manquait quelque chose…elle ne se sentait pas « sur son X. » Vous savez, cet endroit où, lorsque l’on s’y trouve, on a l’impression d’être EXACTEMENT à notre place dans la vie? Pour Léa, ce n’était pas dans un bureau derrière un ordi.

C’est donc en 2015 qu’elle décide de tout lâcher pour s’inscrire à l’École nationale de l’humour.  « Tant qu’à faire tout un processus créatif pour satisfaire mes clients, je voulais le faire en partant de moi, pas pour vendre des dentifrices. »

Terminée, donc, la job de 9 à 5. Elle délaisse son grand bureau vitré et une liste de clients satisfaits pour aller s’asseoir huit heures par jour sur des bancs d’école à essayer d’apprendre le métier d’humoriste au milieu d’étudiants parfois 10 ans plus jeune qu’elle. En plus d’être mère de trois à la maison, elle devenait la “maman” d’une dizaine de jeunes adultes angoissés à l’idée de faire de l’humour professionnellement. Des larmes, elle en a essuyé et pas toutes à la maison.

Deux ans plus tard,  elle sort de l’école avec un diplôme en poche, un réseau professionnel agrandi et un contrat dans une des boîtes de gérance les plus en vu du grand Montréal.

Sa carrière est encore jeune, mais pour l’instant, Léa a remporté son pari.  Et quand elle lève les pieds et qu’elle regarde le sol, juste en-dessous de ses souliers usés par les allers-retours entre la garderie et les multiples bars montréalais qu’elle fréquente pour tester ses blagues, il est enfin là, son « X. »

Si on ne vaut pas une risée…

Faire preuve d’humour veut aussi dire être capable de rire de soi. L’autodérision, c’est toujours gagnant, peu importe le domaine dans lequel on évolue. Raconter une anecdote où on a l’air fou, qu’on le fasse dans un Gala Juste pour rire ou autour de la table de la cafétéria le midi, ça montre qu’on ne se prend pas trop au sérieux. Et ça crée un lien de confiance.

Pas obligé de faire comme Léa pour être drôle dans son environnement de travail. On peut utiliser l’humour de bien des façons, des fois derrière un micro, d’autres fois debout à côté de l’imprimante en attendant ses copies. Comme rapprochement social, il ne se fait pas mieux. Alors que l’on s’appelle Louis-José Houde, Léa Stréliski-Richard ou Thérèse Gingras, l’important c’est de trouver de quelle façon l’humour peut nous servir dans notre vie.

Parce que l’humour sert toujours celui ou celle qui s’en sert bien.

3 zones dangereuses en humour au travail

  • L’ironie qui frôle l’attaque personnelle
  • Les blagues sexuelles, sexistes, racistes
  • Ne pas adapter son humour avec ses patrons

Édité le 5 septembre 2017

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