HUIT JUIN maison: passer de généraliste à spécialiste

HUIT JUIN maison: passer de généraliste à spécialiste
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Au début de leur projet d’entreprise de production et de vente de linge de table, Marie-Andrée et Laurence Mackrous comptaient assumer conjointement toutes les responsabilités. Une rencontre de mentorat leur a cependant fait prendre conscience des avantages de se séparer les rôles…

D’abord deux généralistes

HUIT JUIN maison a livré ses premières nappes et ses premiers napperons à la fin août, mais cet arrivage de linge de maison conçu ici et fabriqué en Inde est le fruit de deux ans de travail de la part du duo d’entrepreneures.

« Au départ, comme Laurence est à Montréal et moi à Québec, et qu’on a toutes les deux des enfants, on se disait qu’on se dédoublerait pour pouvoir prendre la relève l’une de l’autre au besoin », raconte Marie-Andrée.

Cette approche les a bien servies pendant les premiers mois, alors que tout était à faire pour démarrer l’entreprise. Mais les désavantages sont vite apparus. « Les coûts augmentaient: il nous aurait fallu nous équiper en double, avoir deux entrepôts (un à Québec et un autre à Montréal)… Ce n’était pas réaliste, compte tenu de nos moyens financiers. »

Sans compter que leurs parcours professionnels et leurs formations les tiraient dans des directions différentes. « J’ai étudié en marketing et travaillé 10 ans en agence de publicité, alors que Laurence a étudié en commercialisation de la mode et a travaillé en commerce de détail », explique l’aînée du duo, qui se dit d’ailleurs meneuse et extravertie, alors que sa cadette est plus réservée et observatrice.

Le moment « Eurêka »

C’est au cours d’une rencontre de mentorat en groupe que Marie-Andrée Mackrous a eu la révélation qui a transformé la distribution des tâches entre les deux partenaires d’affaires: « Notre mentor, Jo Lanoë, nous a expliqué qu’il y a trois pôles à se partager entre associés : le passé (les comptes à payer, les indicateurs de performance), le présent (les livraisons, la gestion des stocks, le service à la clientèle) et le futur (le marketing, les communications, les relations de presse, le développement d’affaires). »

La cofondatrice de HUIT JUIN maison a immédiatement reconnu sa place et celle de sa sœur dans ces propos : « Laurence est plutôt dans le présent, alors que moi, je suis dans l’avenir. Le passé, on se le partage. » Voir cette organisation légitimée par son mentor l’a rassurée, avant de la conduire à appliquer ce modèle à leur fonctionnement.

Deux spécialistes complémentaires

« Une fois que le partage des tâches entre nous a été clair, une bonne part de stress est tombée, continue Marie-Andrée. Nous ne cherchions plus à tout faire à deux, mais à avoir chacune nos responsabilités. »

En plus d’être plus économique, cette division du travail a permis aux deux sœurs de faire profiter pleinement leur entreprise de leurs forces respectives et de continuer à les développer: « On ne peut pas être les meilleures en tout. Je pense qu’on gagne à unir deux spécialistes complémentaires plutôt que deux généralistes. Ça va nous permettre d’aller plus loin », entrevoit la responsable de l’avenir de HUIT JUIN maison.

Décider à deux

Même si elles se partagent l’essentiel des tâches à accomplir au quotidien, les deux associées continuent de se consulter avant de faire des choix importants.

« Nous nous sommes donné une règle: ne jamais prendre de décision le jour même », indique Marie-Andrée Mackrous.

Bien communiquer dans les moments clés est d’ailleurs le conseil que donne la cofondatrice de HUIT JUIN maison à ceux qui se lancent en affaires, particulièrement ceux qui le font avec un proche. « Il faut écouter sa petite voix intérieure, avoir de bonnes discussions entre associés, puis tout mettre sur papier pour être en confiance et heureux de ses décisions par la suite », estime cette entrepreneure qui voit grand. Avec sa sœur, elle se sent capable de « conquérir le monde… à notre rythme ».

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Édité le 16 novembre 2016

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