Parents le jour, rockstars la nuit: guide de conciliation rock n’roll-famille

Parents le jour, rockstars la nuit: guide de conciliation rock n’roll-famille
Banque Nationale Particuliers Particuliers

Contrairement à ce que chante le groupe Nuance, « Vivre dans la nuit », ce n’est pas tout le monde qui veut faire ça, surtout quand on souhaite élever une famille. Mais qu’en est-il des gens dont le métier et la passion exigent justement de vivre (et travailler) la nuit?

L’association famille et vie de nuit est souvent perçue comme contradictoire, mais elle est en fait de plus en plus répandue. C’est une vie qui n’est pas dépourvue de défis et de difficultés, mais c’est certainement une vie que plusieurs couples mènent avec passion et bonheur.

Pour Isabelle, qui est programmatrice pour un événement culturel et musicienne dans un groupe, l’arrivée de son premier enfant a été une grosse adaptation pour elle et son conjoint, lui aussi musicien. Quand ils ont appris sa grossesse, elle a d’abord choisi de cesser les activités de sa propre entreprise de relations publiques, pour travailler au sein d’un organisme culturel. Cela lui a permis non seulement de trouver une certaine stabilité, mais aussi de pouvoir continuer d’évoluer dans le même milieu artistique.

Et comme pour tous les couples, la naissance d’un premier enfant chamboule bien des choses, à commencer par le sommeil. « On se fait toujours dire à quel point le manque de sommeil est intense dans les premiers mois, raconte-t-elle, et on se dit toujours que ça ne doit pas être si pire, ou qu’on est bien préparés. Mais rien ne nous prépare à cette période! »

De plus, comme elle n’avait pas droit au congé de maternité, Isabelle a dû retourner au travail après 3 mois seulement et beaucoup d’heures de sommeil en moins.

« C’est alors que mon conjoint a pris le relais et s’est occupé de notre fille pendant que je travaillais. Pour nous c’était naturel, je trouve que c’est de notre génération que de choisir cette solution. »

Autre compromis plutôt difficile : pour permettre au papa de rester à la maison pour s’occuper du bébé, Isabelle a dû écourter la durée de l’allaitement pour adopter l’allaitement mixte, et ainsi permettre à son conjoint de nourrir la petite en son absence.

Pour pouvoir continuer de vivre de leur musique, faire des spectacles en ville et en tournée et enregistrer des albums, les deux parents ont développé plusieurs trucs.

1. Planifier et communiquer

« On discute de nos engagements à l’avance, donc pas de tournée spontanée, pas de show les deux la même fin de semaine. Ça prend beaucoup de planification. »

2. Vive les grands-parents !

De plus, l’aide des grands-parents leur a été précieuse. « Des fois ma mère venait passer une semaine à Montréal pour nous aider, d’autres fois c’était la mère de mon chum qui nous rendait visite. C’est cliché, mais l’expression Ça prend un village pour élever un enfant est pas fausse. »

3.Un entourage affable et compréhensif

Isabelle mentionne aussi que l’ouverture et la compréhension de son entourage y sont pour beaucoup.  « Les membres de mon groupe [qui sont toutes des femmes] sont devenues des matantes-gâteau! » s’exclame-t-elle. Elle peut donc emmener sans problème sa fille aux pratiques du groupe et même en studio. « Je crois aussi que vu que ce sont des femmes, elles sont plus sensibles à ma réalité et donc plus compréhensives. »

À ce jour, les nouveaux parents considèrent qu’ils s’en sortent bien. Il y a évidemment des périodes plus intenses, comme l’été. Pendant la saison des festivals, rester organisé est crucial pour garantir une vie de famille la plus régulière possible. Mais malgré les défis, cette nouvelle vie plaît beaucoup à Isabelle.

Pourtant, on peut se demander si sa situation ne provoque pas la curiosité chez ceux qui ont un style de vie plus traditionnel. « Oui, ça pique l’intérêt et parfois même ça impressionne les gens, dit-elle, mais c’est devenu fréquent dans mon milieu. Au point où on s’échange des trucs de parents entre musiciens! »

Et l’avenir, dans tout ça? « Plus elle va grandir, moins ce sera de la gestion technique, affirme-t-elle. On l’emmène déjà dans des événements; elle aime ça, elle est ben expressive. J’ai hâte de l’emmener à Osheaga cet été! »

Édité le 21 août 2017

Sujets reliés