Franchise : les aspects à connaître avant de faire le saut

Franchise : les aspects à connaître avant de faire le saut
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Très souple, le concept de la franchise s’adapte à différents secteurs et permet de brasser d’importantes affaires pour les entrepreneurs qui ont la capacité d’investir. Aperçu des possibilités et conseils d’experts.

La franchise présente de nombreux avantages : elle permet de bénéficier de l’expérience opérationnelle du franchiseur et d’utiliser un modèle d’affaires qui a fait ses preuves en plus de tirer profit de la notoriété d’une bannière. Être un franchisé exige toutefois d’endosser le rôle d’un opérateur qui a moins les coudées franches, plutôt que celui d’un entrepreneur indépendant qui prend ses propres décisions.

Le franchisé doit également assumer plusieurs obligations vis-à-vis du franchiseur, et lui verser des redevances prélevées à même ses revenus. En retour, le franchiseur prendra en charge marketing et publicité, et soutiendra son franchisé dans le développement de ses affaires.

Trouver le financement

La franchise offre un vaste éventail de possibilités dans des secteurs variés allant de la restauration au commerce de détail, en passant par toute une gamme de services. L’investissement moyen requis varie entre quelques milliers de dollars et 500 000 dollars et plus pour des bannières très connues.

Est-il facile d’obtenir du financement pour acquérir une franchise ? Jules Lapierre, directeur principal, Franchises, à la Banque Nationale, souligne que les institutions prêteuses considèrent souvent que ce type d’achat est moins risqué que le démarrage d’une entreprise indépendante, ce qui les incitera à délier plus facilement les cordons de la bourse. « Dans une franchise, on peut estimer que le risque ne repose pas uniquement sur les épaules du franchisé. Les bannières bien établies assurent également par leur notoriété un certain succès à leurs franchisés, ce qui rend la banque plus encline à accorder le financement », explique-t-il. Il prévient toutefois que cela ne dispense pas l’emprunteur de présenter les mêmes garanties que n’importe quel autre entrepreneur, en plus d’afficher une solide crédibilité et un dossier de crédit sans tache. M. Lapierre souligne aussi qu’en général, l’institution prêteuse ne finance pas les frais de franchise initiaux.

Bonne nouvelle pour les franchisés : une fois l’affaire lancée, on atteint plus rapidement le seuil de rentabilité, mentionne Claude Ananou, professeur au Département de management à HEC Montréal. Ce qui permet donc de traverser plus aisément les premiers mois d’opération, souvent ardus sur le plan financier pour un entrepreneur indépendant.

Les défis de la croissance

Un franchisé peut-il faire croître ses affaires ou est-il limité par le concept même de la franchise ? Différentes options s’offrent à lui. Ainsi, il pourrait acquérir plusieurs franchises de la même bannière et devenir un multi-franchisé. Dans ce cas, il devra toutefois avoir les qualités et les compétences d’un gestionnaire, prévient Claude Ananou. « Lorsqu’on opère plusieurs franchises, on passe à un autre niveau : on doit effectuer de la gestion de ressources humaines, de la gestion financière, etc. Tout le monde n’est pas nécessairement à l’aise dans ce rôle, certains préfèrent rester opérateurs », dit-il.

Et du fait qu’on ne peut pas être partout à la fois, il faudra nécessairement déléguer, savoir s’entourer de personnes de confiance et trouver de bons gérants. « Lorsqu’on détient plusieurs franchises, le défi est d’assurer la même qualité d’offre et d’exécution et de la reproduire, tout en ne se trouvant pas sur place soi-même », souligne Jules Lapierre.

Il ajoute qu’il faut bien analyser la situation, car même si elle permet de faire des économies d’échelle, une nouvelle acquisition n’est pas toujours rentable. « On doit se demander si, pour générer davantage de revenus, l’achat d’une franchise supplémentaire est absolument nécessaire. Et si c’est le cas, est-ce que les revenus vont effectivement augmenter, ou est-ce uniquement la charge de responsabilités et de stress qui s’accroît avec une entreprise de plus… C’est un pensez-y-bien, posséder plusieurs sites d’affaires demande beaucoup de planification », dit-il.

Autre option possible : acquérir une franchise qui n’est pas dans la continuité de la première. Par exemple, ouvrir un restaurant, alors que jusqu’à présent, on œuvrait dans le domaine du commerce de détail. « Toutefois, du point de vue de l’institution bancaire, cette nouvelle orientation peut être considérée comme risquée, ce qui la rendra hésitante à accorder du financement », prévient M. Lapierre.

Pour ceux que cela intéresse, la « master franchise » est une autre avenue à explorer. Elle consiste à développer une bannière qui existe déjà sur un nouveau territoire. « On devient une sorte de sous-franchiseur du franchiseur. Notre rôle consiste à vendre des franchises dans une zone géographique spécifique. Par exemple, on pourrait repérer une franchise américaine qui nous semble prometteuse, et s’entendre avec elle pour qu’elle nous attribue le territoire du Québec. On vend alors des franchises de cette bannière, mais sans en exploiter une soi-même », explique Claude Ananou. Dans ce cas, ce sont des compétences en gestion qui sont nécessaires avant tout.

Ressources:

  1. Conseil québécois de la franchise
  2. Québec Franchise
  3. Canadian Franchise Association

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Édité le 20 février 2017

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