Finances des jeunes familles : Voir petit et grand

Finances des jeunes familles : Voir petit et grand
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On le sait, l’arrivée d’un premier enfant bouleverse l’existence (et les nuits de sommeil !). Et son impact se fait ressentir jusque dans nos poches…

Subvenir aux besoins de base d’un enfant coûte entre 3 000 $ et 4 500$ par année au Canada, selon l’Institut Fraser. Ce montant peut cependant rapidement dépasser les 10 000 $ dans les familles qui disposent de revenus plus élevés. Oui, les nouvelles dépenses sont multiples et apparaissent souvent avant même que bébé ne se pointe le bout du nez.

De nombreuses stratégies existent afin de permettre aux jeunes familles, comme aux parents expérimentés, d’assurer le meilleur avenir qui soit pour leurs enfants. Trois familles nous livrent leurs tactiques en matière de finances familiales.

L’impact d’un enfant sur les finances au quotidien

Francis et Christelle sont parents de petites jumelles. « Ce qui m’a le plus surpris, raconte Christelle, c’est de découvrir combien ça coûtait en lait maternisé. » Avec deux bouches à nourrir, ce sont près de 60 $ qui sont investis chaque semaine pour les besoins alimentaires des petites.

Pour Élizabeth, les dépenses ont surtout été importantes avant la naissance de leur enfant, pas après. « Meubles, poussette, siège pour l’auto, c’est surtout ça qui a coûté cher », se rappelle la jeune maman qui poursuit présentement ses études. Puisqu’elle réside encore chez ses parents, les dépenses courantes sont assez limitées, mais il reste quelques postes budgétaires auxquels on n’échappe pas facilement, comme les couches et les vêtements. « Ça grandit vite, alors on est continuellement en train d’acheter de nouveaux vêtements », raconte-t-elle.

Lorsque les enfants grandissent, de nouvelles dépenses apparaissent, les premières étant la nourriture et les frais de garde. Ceux-ci peuvent varier selon que l’on soit inscrit dans une garderie subventionnée ou un centre de la petite enfance. Le tarif quotidien dépendra également du revenu des parents puisque les subventions gouvernementales rembourseront une partie des coûts. Pour deux parents gagnant chacun 50 000 $ par année et ayant un enfant inscrit dans une garderie privée à 35 $ par jour, le montant net à débourser sera de  9,09 $, selon le calculateur fourni par le ministère des Finances du Québec.

Il faut ensuite prévoir une foule de dépenses : frais d’assurance, jouets, camp de jour, activités sportives, dentiste et autres frais médicaux, sans oublier tous les frais associés à l’école. Matériel scolaire, journées pédagogiques et transport réclameront leur part du budget.

Être parent est synonyme d’imprévus et il peut parfois être difficile de garder le fil de ce que l’on dépense. L’un des défis sera donc de voir au-delà des dépenses quotidiennes et de se projeter vers l’avenir. Études supérieures et épargne seront plus faciles à planifier avec un budget bien rédigé.

Un budget équilibré avec les enfants

Une fois qu’on a pris la mesure de l’ensemble des dépenses qui accompagnent la vie de famille, il est essentiel de mettre sur pied un budget qui permettra de ne pas constamment vivre dans l’incertitude.

Or, équilibrer les comptes est d’autant plus périlleux que les parents doivent travailler moins alors que les dépenses augmentent. Certains parents décident de travailler à temps partiel pendant un certain temps. D’autres alternent leurs congés parentaux afin que les enfants puissent profiter le plus longtemps possible d’un parent à la maison.

De son côté, Christelle a pu profiter de 50 semaines de congé, le Régime québécois d’assurance parentale lui versant l’équivalant de 70 % de son salaire pendant les premiers mois, puis 55 % pour la deuxième moitié de son congé parental 3. Il a tout de même fallu revoir certaines dépenses à la baisse. « Avec deux jeunes enfants, c’est sûr qu’on magasine les aubaines, précise-t-elle. Quand il y a des promotions, on va en acheter plus, par exemple. »

Les parents qui étudient, comme Élizabeth, peuvent profiter du programme de prêts et bourses du gouvernement du Québec. Les étudiants avec enfant ont plus facilement accès aux bourses d’études.

Il est également possible d’économiser de plusieurs façons : espacer ses sorties au restaurant, réparer les objets brisés plutôt que d’en acheter des neufs ou encore revoir sa facture de câblodistribution : on paie très souvent pour des services que l’on n’utilise pas. On sous-estime souvent les petites dépenses occasionnelles, même si celles-ci font toute la différence !

Enfin, il faut s’assurer de ne pas être trop ambitieux dans sa planification financière. Les conseillers budgétaires considèrent qu’un budget qu’on est incapable de respecter est un budget inutile.

Certes, mettre sur pied un budget familial représente tout un défi. Il existe toutefois bien des façons d’économiser et de nombreuses ressources sont à la disposition des parents. Avec la bonne planification, il est ensuite possible de se tourner vers les besoins qu’auront les enfants quand ils seront plus grands.

L’épargne pour une petite famille

Équilibrer son budget est une victoire en soit. C’est de plus une étape qui permet ensuite de mettre de l’argent de côté. Il est d’ailleurs fort utile d’épargner, ne serait-ce que pour se doter d’un coussin financier en cas d’imprévus.

Plus nombreux en proportion sont ceux qui mettent de l’argent de côté pour les études de leurs enfants. Au Québec, 42 % des enfants de 0 à 17 ans profitent de la Subvention canadienne pour l’épargne-études. Les deux garçons de Nancy Savoie et de son conjoint Sylvain sont du nombre. « On conservait les allocations familiales pour payer pour les besoins des enfants, expliquent-ils.

Quand ils sont arrivés à l’école secondaire, nous avons commencé à utiliser cet argent pour le placer dans des REEE. »

L’épargne-études est un placement particulièrement rentable, car il permet d’aller chercher jusqu’à 30 % de rendement instantanément grâce aux subventions fédérales et provinciales. On peut aussi transférer le capital investi d’un enfant à l’autre, dans le cas d’un REEE familial.

Commencer tôt, la clé pour épargner

Un placement rapportant annuellement 4,5 % d’intérêt gagnera 55 % de sa valeur au bout de 10 ans. S’il est retiré après 20 ans, le rendement sera plutôt de 141 %. Il suffit de laisser s’opérer la magie des intérêts cumulés. C’est la raison qui a poussé Nancy et Sylvain à épargner pour leur retraite dès la vingtaine. Ils ont récemment hypothéqué à nouveau leur maison afin de réaliser des travaux et de placer davantage d’argent dans leurs REER. Ils profitent ainsi des faibles taux hypothécaires et réduisent leur revenu imposable.

Gérer les finances d’une famille, qu’elle soit nouvelle ou expérimentée, requiert une bonne dose d’organisation et de débrouillardise. Or, c’est pourtant loin d’être une mission impossible. Sans oublier qu’une vie de famille heureuse vaut toutes les heures passées à la planifier…

Édité le 26 juin 2018

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