3 femmes qui osent s’engager dans des milieux d’hommes

3 femmes qui osent s’engager dans des milieux d’hommes
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Elle est bien loin l’époque où la femme attendait sagement aux fourneaux, avec le petit dernier dans les bras, que son mari revienne de sa grosse journée au boulot ! Elles ont investi le marché du travail, elles sont majoritaires dans les universités et plusieurs gagnent maintenant très bien leur vie. Mieux que plusieurs hommes, même ! Mais, il reste encore du travail à faire. Notamment, dans les conseils d’administration. Au Canada, à peine plus de 20 % des sièges au sein des conseils d’administration des sociétés cotées à la Bourse de Toronto sont occupés par des femmes. Plusieurs emplois et milieux de travail demeurent aussi des chasses gardées masculines, mais des femmes osent s’y aventurer. En voici trois qui multiplient aussi les efforts pour amener d’autres femmes dans leur sillage.

 

Valérie Chiasson, pilote de course automobile, Coupe Porsche GT3

Que trouves-tu particulièrement difficile à travailler dans un milieu d’hommes ?
«J’ai commencé dans mon domaine vers 10 ans et à l’adolescence, j’ai commencé à ressentir le sexisme. Bien des gens sont jaloux de voir une femme coureuse et la rabaissent continuellement. C’est effroyable ce qu’on peut se faire dire et ce que mes parents ont entendu dans les estrades. On ne peut pas croire que ce genre de choses se disent encore aujourd’hui.»

Que fais-tu pour faire avancer les choses ?
«Je suis représentante de Women in Motorsport à la Fédération internationale de l’automobile. Je fais des conférences et je prends la parole dans les médias. J’essaye le plus possible de faire de la sensibilisation, parce que c’est ce qui peut vraiment avoir de l’impact pour faire évoluer les gens. Mais, ce n’est pas le rôle d’une personne, c’est le rôle d’une société.»

Pourquoi est-ce important de continuer ?
«Plus les femmes ont de la visibilité dans les sports traditionnellement masculins, plus on en verra tenter leur chance. On commence d’ailleurs à en avoir plusieurs en course automobile, mais dans les niveaux plutôt bas et c’est difficile de les amener vers des niveaux plus élevés comme la F1. Women in Motorsport travaille là-dessus. Un grand défi du métier, c’est que ça coute très cher de persévérer, mais je le fais parce que c’est ma passion ! Ce sport, je l’ai dans le sang !»

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Valérye Daviault, chargée de projet, J. Raymond Couvreur et fils

Que trouves-tu particulièrement difficile à travailler dans un milieu d’hommes ?
«J’ai deux enjeux : je suis une femme et je suis jeune. J’ai 27 ans et j’ai commencé dans l’industrie de la construction à 20 ans. J’ai dû travailler très fort pour me bâtir une crédibilité. Comme chargée de projet, je fais le lien entre le client et le chantier. Je suis toujours dans la même entreprise, alors les travailleurs de chantier sont maintenant habitués de me voir. Mais, ça peut arriver que je commence sur un nouveau chantier et que les gens soient réticents à faire affaire avec moi et qu’ils demandent de parler à mon patron à la place!»

Que fais-tu pour faire avancer les choses ?
«J’ai décidé de m’impliquer en 2015 sur le conseil d’administration de Les Elles de la construction qui promeut la place des femmes dans le domaine. Je suis maintenant vice-présidente. Côtoyer des femmes qui ont réussi dans le domaine, c’est super inspirant. On organise des événements pour permettre ces rencontres et des groupes de soutien sur des sujets spécifiques. Comme responsable du comité bénévolat, je rencontre aussi plusieurs femmes en recherche d’emploi et j’essaye de les appuyer. Plusieurs ont réussi à se trouver un emploi. C’est important de motiver les femmes à ne pas lâcher. Lorsqu’on est bien entouré, c’est plus facile de persévérer.»

Pourquoi est-ce important de continuer ?
«Moi, la gestion de projet, j’en mangerais pour déjeuner, diner et souper. Je ne verrais pas ce que je pourrais faire d’autre. Lorsqu’on a une passion comme ça, il faut pouvoir travailler dans le domaine. Je ne vois pas pourquoi il faudrait aller à la place dans un métier traditionnellement féminin. D’autant plus qu’on performe généralement davantage dans ce qui nous passionne ! Puis, on commence à voir des changements. C’est beaucoup une question d’éducation. Les jeunes ont été élevés différemment des travailleurs plus âgés et ça les dérange moins de voir des femmes sur les chantiers. Toute la société gagne à voir plus de femmes dans la construction, parce qu’elles arrivent avec leurs forces. Il y en aura de plus en plus.»

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Rebecca Cohen Palacios, développeur interface, Ubisoft

Que trouves-tu particulièrement difficile à travailler dans un milieu d’hommes ?
«Ce n’est pas simple de faire changer la culture autour des jeux vidéo que l’on associe beaucoup aux hommes. Je travaille à faire en sorte qu’elle soit plus inclusive, qu’elle s’ouvre à tout le monde.»

Que fais-tu pour faire avancer les choses ?
«Je suis très impliquée dans la communauté pour tenter d’attirer davantage de femmes dans l’industrie des jeux vidéo. J’ai cofondé et je dirige Les Pixelles, un organisme qui a développé plusieurs programmes pour aider les femmes à créer des jeux vidéo. Je fais aussi beaucoup de bénévolat, de mentorat et je donne des ateliers dans des organismes comme Kids Code Jeunesse et Ladies Learning Code. Je donne aussi des conférences dans les écoles.»

Pourquoi est-ce important de continuer ?
«Créer des jeux est une vraie passion pour moi. Je me sens à ma place dans l’univers des jeux vidéo et j’ai envie de donner à d’autres femmes l’occasion de découvrir leur potentiel. Lorsqu’on fait du bénévolat dans la communauté, qu’on encourage des gens à aller vers les jeux vidéo, on se rend compte rapidement qu’on a beaucoup d’impact sur le futur. Puis, c’est assez exceptionnel, mais actuellement, mon équipe de développeurs est composée presque à moitié de femmes. Avoir plus de femmes dans l’industrie permettra de créer des équipes plus fortes, avec des idées différentes et une plus grande diversité des points de vue.»

Quelques chiffres

– Plus de 250 professions attirent moins de 33 % de femmes, dont les consultants en informatique, les directeurs des ventes, puis les chefs d’orchestre et compositeurs.
– Plus de 115 professions attirent moins de 10 % de femmes, dont les briqueteurs-maçons, les électriciens et les arpenteurs-géomètres.
Source : Emploi-QuébecEmploi-Québec

Édité le 10 octobre 2017

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