Les étapes de la planification stratégique

Les étapes de la planification stratégique
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Indispensable pour prévoir le développement de l’entreprise sur les prochaines années, la planification stratégique est un guide essentiel pour les dirigeants. À condition qu’elle soit faite correctement, mise en œuvre avec un suivi régulier et recommencée à échéances fixes.

La planification stratégique, c’est le plan des actions que souhaite mener une entreprise pour atteindre des objectifs clairs et précis. Elle permet de prendre un temps de réflexion pour analyser les occasions d’affaires qui se présentent, les directions que l’entreprise veut prendre et les buts qu’elle souhaite atteindre.

Une fois l’horizon fixé, le travail de planification consiste à établir un plan d’action précis et étalé sur les prochaines années en y corrélant les besoins d’investissement ou de recrutement.

La planification stratégique permet de réfléchir à la direction que veut prendre l’entreprise à court ou à long terme, de déterminer les étapes pour y parvenir et d’anticiper les événements au lieu de simplement y réagir. L’intérêt d’une telle planification est aussi de pouvoir communiquer clairement aux employés l’objectif et le chemin envisagé pour les atteindre et de les associer à la poursuite de ce but.

Toutes les entreprises, quels que soient leur taille, leur domaine et leur situation, doivent se prêter à cet exercice. Même les petites. À tort, certains entrepreneurs croient que cette réflexion ne concerne qu’uniquement les grandes entreprises, qu’elles seules ont les moyens de se prêter à l’exercice. Pourtant, la planification stratégique n’entraîne pas nécessairement de coûts élevés. Même un investissement de temps minime augmentera les chances de succès de vos projets.

Dans certaines périodes, elle est d’autant plus utile. « Dans une perspective de croissance – si l’entreprise veut, par exemple, acquérir une autre compagnie, acheter des actifs, de l’équipement, conquérir de nouveaux marchés –, la planification stratégique est essentielle, car sinon on navigue à l’aveugle », explique Guy Dallaire, vice-président associé, vente et service aux entreprises à la Banque Nationale.

Comment s’y prendre ? Voici les étapes à suivre dans tout processus de planification stratégique éclairé.

1. Se retirer de l’agitation quotidienne

Cette forme de planification exige que l’entrepreneur prenne du recul face aux tâches quotidiennes. Il doit s’isoler avec des membres clés de son entreprise pour réfléchir sur le développement à moyen et long terme. Certains dirigeants choisissent de s’offrir une retraite de quelques jours, par exemple. Le fait d’être dans un même lieu, tous ensemble et loin des activités de l’entreprise, favorise la réflexion et soude l’équipe de direction.

Généralement, c’est une équipe composée de personnes-clés qui est responsable de cette tâche avec, bien entendu, le plein soutien et la participation du chef d’entreprise. Dans certains cas, l’aide d’un consultant externe au regard neutre et objectif peut contribuer au succès de ce temps d’arrêt.

2. Inspecter les fondations

Il faut se rappeler la mission, la vision et les valeurs de l’entreprise pour valider si le chemin pris est toujours en accord avec elles. Agissant comme une boussole, ces différents éléments aident à garder le nord et à demeurer cohérent avec les grandes orientations de l’organisation. L’organisation et la stratégie doivent être revues en conséquence.

3. Saisir les occasions

Une fois les bases solidifiées, il faut déterminer les forces et les faiblesses de l’entreprise, les occasions d’affaires potentielles et les obstacles éventuels auxquels elle pourrait faire face. Fort de ce constat, il est possible de concevoir des stratégies qui permettront de régler les défis identifiés, de profiter des opportunités et d’atteindre les objectifs.

Guy Dallaire souligne que c’est également l’occasion « d’analyser les caractéristiques des clientèles actuelles et potentielles, de faire le bilan des comptes fournisseurs, de vérifier si les termes de paiement respectent les normes de l’industrie, d’examiner la productivité de l’entreprise, de déterminer si la main-d’œuvre est suffisante pour mener à bien les nouveaux projets ». Il peut également être nécessaire de faire ressortir « les résultats, l’état du marché et les concurrents », ajoute Michel Grenier, directeur général du Centre d’entrepreneuriat ESG-UQAM.

4. Prioriser en fonction du diagnostic

« Une fois que ce diagnostic est réalisé, il faut s’attacher à lister les priorités, car ce n’est évidemment pas possible de mener 25 projets de front pour atteindre les buts que l’on s’est fixés », souligne Michel Grenier.

En fonction de ses objectifs, l’entrepreneur choisit donc les axes de développement les plus pertinents et prioritaires, puis il établit la séquence des actions à poser tout en fixant des échéanciers. À ce stade, il est recommandé de faire valider ces choix au sein même de l’entreprise, auprès des cadres et même des employés, pour faciliter l’adhésion au projet d’affaires. « Cette première vague de communication sur les orientations à venir favorise aussi la mobilisation à l’interne », précise M. Grenier.

5. Faire les bons choix, au bon prix

Il faudra aussi établir des budgets pour chiffrer les investissements nécessaires et les retombées financières attendues. « Il arrive que les entrepreneurs soient un peu trop optimistes… La planification stratégique doit permettre d’établir des budgets réalistes et réalisables, prévient Guy Dallaire. En fixant et en respectant les budgets, on accroît non seulement ses chances de succès, mais on inspire aussi confiance avec son institution financière. »

6. Réaliser et … recommencer

Après avoir élaboré le plan ayant servi à classer les actions par ordre de priorité, il ne reste plus qu’à concrétiser et mettre en œuvre les éléments. Il faut effectuer un suivi régulier et apporter les ajustements nécessaires pour tenir compte de l’évolution des projets, des technologies, etc.

Pour un plan d’action à court terme s’échelonnant sur une période d’un an, le suivi devra se faire sur une base mensuelle. En revanche, pour une planification à long terme touchant des projets de trois à dix ans, l’évaluation se fera plutôt annuellement. Il peut aussi être pertinent d’utiliser un tableau de bord pour faciliter le suivi.

Au bout du compte, parce qu’elle favorise la prise de décisions éclairées, une vision structurée, détaillée et chiffrée des projets d’expansion de l’entreprise, la planification stratégique doit faire partie des habitudes de l’entrepreneur. Elle lui permet d’optimiser ses chances de réussites et de garder le cap, même en période de turbulences.

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Édité le 22 août 2018

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