Épargner plus vous fera-t-il sauver de l’impôt?

Épargner plus vous fera-t-il sauver de l’impôt?
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Pour payer moins d’impôts aujourd’hui, réaliser vos rêves demain ou vous assurer une retraite sereine, il n’est jamais trop tôt pour épargner. Cette stratégie s’avère d’autant plus payante quand le placement de vos économies est optimal. Vous possédez peut-être déjà un compte REER, un CELI ou un REEE, mais savez-vous en tirer les meilleurs profits ?

Le REER, la base de l’épargne

Soixante ans après sa création, plus de 6 millions de Canadiens ont adopté le Régime d’épargne-retraite (REER) pour faire fructifier leur argent tout en payant moins d’impôts. En effet, les sommes placées sur ce compte ne sont taxées qu’au moment de leur retrait, à un âge où le bénéficiaire est moins imposable puisqu’il a de plus faibles revenus.

« Ouvrir un REER, c’est comme reporter du salaire pour plus tard et ne payer qu’une fraction de l’impôt qu’on aurait dû verser au moment des cotisations, explique Judith Poirier, vice-présidente adjointe du pôle Investissement de la Banque Nationale. De plus, à la différence d’un fonds de pension à la retraite qu’on perçoit au compte-gouttes, on peut décider des montants qu’on veut y retirer. Pratique si on envisage de prendre une année sabbatique par exemple ! »

Comment l’optimiser ?

Profiter du statut de conjoint. Dans un couple, celui qui gagne plus que l’autre peut déclarer des retraits de son REER au nom de sa moitié. Les taux d’imposition étant progressifs, cette stratégie permet de minimiser la facture fiscale du foyer.

Bien investir son crédit d’impôt. « Il faut garder en tête que le crédit d’impôt perçu lors des cotisations REER n’est pas entièrement gagné puisqu’il faudra en repayer une partie lors du retrait, dit Judith Poirier. Le plus intéressant est donc de le placer sur un compte où il va fructifier ou de l’utiliser pour rembourser une dette. Si on le dépense, pour faire un voyage par exemple, c’est moins payant. »

Planifier le décaissement de son REER. Puisque les retraits du REER entrent dans le calcul du revenu imposable de son propriétaire, il est plus intéressant de les échelonner de façon à ce qu’ils n’explosent pas ce montant, au risque de lui faire payer plus d’impôts et perdre l’accès à d’éventuelles prestations sociales.

Le CELI, zéro déductions fiscales

Initialement créé pour les personnes à faible revenu, le Compte d’épargne libre d’impôt gagne en popularité auprès de tous les épargnants, séduits par sa grande flexibilité.

« Le CELI, c’est un peu comme le bas de laine caché à la maison, plaisante Judith Poirier. On peut y investir et y retirer des sommes quand on veut, sans payer d’impôts. Je le recommande notamment aux personnes à faible revenu, car il n’empiète pas sur les droits aux prestations sociales. »

Comment l’optimiser ?                        

Ne pas négliger les petites économies. « J’ai commencé à placer le surplus de mes bourses universitaires et de mes jobs d’été sur un CELI dès mes 22 ans, explique Kevan Saba, consultant aujourd’hui âgé de 26 ans. C’est le véhicule financier le plus flexible pour investir un petit pécule sans avoir à se soucier des taxes, idéal quand on est étudiant par exemple. »

Profiter des droits de cotisation cumulés. On peut verser jusqu’à 5 500$ par année sur un CELI, mais les montants non exploités s’additionnent d’année en année. Cette astuce est particulièrement utile en cas de grosse rentrée d’argent, la vente d’un bien ou la réception d’un héritage par exemple, qu’on peut placer sur le CELI à hauteur du crédit qu’il nous y reste.

Injecter son retour d’impôt REER sur un CELI. Les épargnants aux revenus élevés privilégient souvent le REER. Il est cependant dommage de ne pas considérer les avantages du CELI, quelle que soit sa situation financière. « Ceux qui ont déjà rempli leur REER au maximum ont tout intérêt à placer leur remboursement d’impôt sur un CELI, dit Judith Poirier. C’est la meilleure façon de l’optimiser. »

 

REER, CELI ou les deux ?

Judith Poirier et sa collègue Chantal Lamothe, experte en planification financière, ont élaboré un cas concret pour démontrer l’impact d’un plan d’épargne optimalisé.

Marie a 46 ans et perçoit un salaire net de 50 000$ par an. Elle dépense 36 000$ pour vivre et place donc 14 000$ chaque année, dans un placement à profil équilibré, pour assurer sa retraite qu’elle souhaite prendre à 63 ans, en décembre 2034. Elle reçoit alors un héritage de 25 000$ et se questionne sur l’impact que cette nouvelle entrée d’argent aura sur sa retraite.

Selon la façon dont elle investit cet héritage, Marie pourrait quitter la vie active plus tôt, à 62 ans, ou améliorer considérablement son coût de vie à la retraite.

Cas 1 : Elle dépose son 25 000$ dans un compte bancaire. En décembre 2034, date présumée de son départ en retraite, son patrimoine s’élève alors à 26 220$. 

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 Cas 2 : Elle dépose son 25 000$ dans un CELI. En décembre 2034, son patrimoine s’élève alors à 44 248$.

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 Cas 3 : Elle dépose son 25 000$ dans un REER puis le retour d’impôt qu’elle en perçoit dans un CELI. En décembre 2034, son patrimoine s’élève alors à 57 424$.

Du cas 1 au cas 3, on peut voir que le patrimoine de Marie ne fructifie pas à la même vitesse selon le véhicule de placement choisi. Compte tenu de sa situation, Marie a tout intérêt à placer son héritage sur un compte REER et de maximiser ses profits en faisant fructifier le remboursement d’impôt de ce dernier sur un CELI. En procédant ainsi, elle pourra prendre sa retraite environ 1 an plus tôt, ou bien augmenter l’estimation de son poste  de dépenses une fois qu’elle aura quitté la vie active.

Le REEE, pour les parents prévoyants

Le Régime enregistré d’épargne-études (REEE) permet à un parent de placer jusqu’à 50 000 $ pour financer les études postsecondaires de son enfant. Cette cotisation donne droit à 30% de subventions gouvernementales. Une fois inscrit à l’université, l’étudiant peut retirer le montant de ces subventions ainsi que la croissance réalisée sur le compte. Ces retraits sont imposables, mais comme le jeune n’a en général que de faibles revenus, il ne paye pas ou peu d’impôts. Le contributeur, quant a lui, peut récupérer son capital sans déductions fiscales.

« Actuellement, le REEE est le compte le plus payant sur le marché, dit Judith Poirier. Si l’on a un enfant, c’est la meilleure stratégie d’épargne à adopter. »

 Comment l’optimiser ?

Planifier le décaissement de son REEE. En répartissant les retraits de son REEE sur une large période, l’étudiant peut faire en sorte de ne pas dépasser un revenu annuel de 11 000 $ et ainsi éviter de payer des impôts.

Créer de la valeur additionnelle entre frères et soeurs. « Si on a un enfant déjà rendu au CÉGEP, on peut retirer les sommes de son REEE pour en créer un nouveau au nom d’un second enfant. Il recevra à son tour le 30% de subventions gouvernementales », explique Judith Poirier.

Déplacer les cotisations inutilisées sur un REER. Si l’enfant ne fait pas d’études, retirer les sommes de son REEE entraine une pénalité de 20%. Les déplacer vers le REER d’un contributeur, en revanche, n’entraine aucuns frais.

Au-delà de la stratégie financière que vous pouvez établir en comparant les avantages et les contraintes des options de placement disponibles sur le marché, les conseils d’un planificateur financier vous permettront de n’omettre aucune astuce susceptible de maximiser vos profits. N’hésitez pas à lui présenter chaque élément de votre parcours professionnel et de votre situation personnelle, car vous l’aurez compris : en planification financière, même les détails peuvent peser gros !

Édité le 16 janvier 2018

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