Entrepreneurs: réussir la conciliation travail-famille

Entrepreneurs: réussir la conciliation travail-famille
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Lancer son entreprise comporte son lot de défi, dont celui de la conciliation travail-famille. Comment y arrivent-ils ? Voici quelques pistes.

Julie Bernard et Yan Caron sont copropriétaires du studio d’entrainement Locomotion dans le quartier Rosemont-Petite-Patrie, à Montréal. Leur entreprise, démarrée il y a 10 ans, occupe toujours leurs pensées. De nombreux soupers au restaurant et activités avec leur fils de sept ans Milan ont pris une fin abrupte en raison d’un pépin au gym. Même le jour de leur mariage, ils n’ont pas eu de répit : la porte d’entrée de leur entreprise a été défoncée, les ordinateurs, volés.

Alain Gosselin, directeur de l’École des dirigeants HEC Montréal, remarque que les entrepreneurs sont constamment sous tension.

« Ils sont préoccupés par leur entreprise 24h par jour, précise-t-il. Ils ont toutes les responsabilités, particulièrement au démarrage, parce qu’ils ne peuvent pas déléguer à une équipe. »

D’après Julie, son couple n’aurait pas pu tenir le coup si elle n’avait pas été avec son conjoint dans cette aventure.

« Quelqu’un qui ne serait pas aussi investi dans l’entreprise ne pourrait pas comprendre. Nous avons mis tout notre argent dans le gym. Nous n’avons pas de plan b. Si ça ne marche pas, on n’a plus rien. »

L’indispensable soutien du conjoint

Les entretiens réalisés par Alain Gosselin et ses collègues dans le cadre de la réalisation du livre Paroles de PDG le confirment: le soutien du conjoint est fondamental.

«Le conjoint, même toute la famille, doit être partie prenante de la décision de se lancer en affaires et il faut s’entendre sur les limites qu’il ne faudra pas dépasser trop souvent», affirme M. Gosselin.

Le photographe Jérémie LeBlond-Fontaine a la chance de pouvoir compter sur le soutien de sa conjointe. Toutefois, lorsqu’il s’est lancé en affaires il y a trois ans, il n’avait pas prévu que sa fille naisse en plein lorsque son entreprise prendrait vraiment son envol.

« J’ai dû me trouver des remplaçants prêts à prendre ma relève si j’avais un appel de ma blonde pour l’accouchement », raconte celui qui est finalement devenu papa lors d’une journée de congé. Mais, le lendemain, Jérémie réalisait un contrat pour un client important.

« J’avais convenu avec ma blonde que j’allais continuer d’accepter des contrats parce que tous les deux, nous voulons vraiment que l’entreprise fonctionne », indique Jérémie.

Malgré la bonne volonté, il faut s’attendre à vivre des moments difficiles. Comme lorsque le photographe a dû partir plus de trois semaines en atelier 24 heures sur 24 avec des clients, alors que son bébé avait seulement deux mois.

« Ma blonde avait besoin d’aide, elle est allée chez sa mère, ce n’était pas facile, raconte Jérémie. C’est certain que c’est créateur de tension. Je ne pouvais pas en faire autant que je voulais. Mais, quelques mois après, ça s’est calmé et j’ai pu en profiter pour passer plus de temps avec ma fille. »

Gestion du temps stratégique

Les entrepreneurs ont toutefois l’avantage d’être leurs propres patrons et de pouvoir gérer – entre les urgences! – leur horaire de travail. Un avantage lorsqu’un bébé arrive dans le portrait.

Locomotion célébrait son troisième anniversaire lorsque le petit Milan est venu au monde. Après un mois à la maison, Julie s’ennuyait de son gym, alors elle est retournée y travailler deux jours par semaine pendant que Yan, diplômé de HEC Montréal, restait à la maison. Puis, lorsque Milan a eu 8 mois, Julie a recommencé à travailler à temps plein. En fin d’après-midi, un des parents allait chercher le garçon à la garderie pendant que l’autre restait au gym pour la soirée. L’arrivée du bébé n’a pas empêché le couple d’entrepreneurs de réaliser de nouveaux projets, dont de grands travaux d’agrandissement il y a cinq ans pour ajouter une offre de CrossFit.

Comme les entrepreneurs ne peuvent jamais décrocher très longtemps, ils doivent apprendre à jongler entre les périodes de travail et le temps de qualité en famille.

« Certains par exemple vont au chalet, mais se lèvent très tôt pour travailler quelques heures avant d’aller rejoindre leur famille, indique Alain Gosselin. Par contre, il ne faut pas trop couper dans les heures de sommeil. Lorsqu’on est entrepreneur, un défi est de bien gérer son énergie. Parce qu’on en a grandement besoin. »

Mais, aucun de ces défis n’est venu éteindre la flamme de l’entrepreneuse.

« Ça vaut vraiment la peine, affirme Julie Bernard. On a encore plusieurs projets, il n’y a pas une journée pareille, c’est super stimulant! Et, on réalise quelque chose. »

 

Édité le 23 août 2017

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