École d’entrepreneurship de Beauce: Enseigner l’action!

École d’entrepreneurship de Beauce: Enseigner l’action!
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Les premiers finissants viennent de graduer de l’École d’Entrepreneurship de Beauce, qui accueille ce printemps sa sixième cohorte.

Difficile de croire qu’il y a trois ans, cette institution n’était encore qu’un rêve sur papier. Heureusement, ils étaient plusieurs à le partager.

« L’entrepreneur, ce n’est pas nécessairement le plus baveux dans la pièce. Ce n’est pas celui qui sent le besoin de sauter en parachute. C’est plutôt celui qui sait où il va, et qui, en affirmant ce qu’il voit, créé un effet d’attraction autour de son projet », lance Marc Dutil, fondateur de l’École.« Entreprendre, c’est un gène qui peut s’allumer chez n’importe qui, selon les circonstances », poursuit-il.

Le président-directeur général ne manque pas d’anecdotes sur les grands noms de l’entrepreneuriat au Québec. Dans son école, il a recruté certains des plus célèbres. Ces « entraîneurs » forment des cohortes d’une trentaine d’« athlètes » pour les aider à passer au niveau supérieur.

« Nous formons des gens qui sont déjà en affaires, qui ont déjà une responsabilité stratégique dans leur entreprise. Nous répondons à leurs besoins de réseauter, de sortir de l’isolement et d’apprendre des autres », explique Nathaly Riverin, directrice générale de l’École.

Besoin de modèles inspirants

« On n’est plus dans le contexte des années 70, où chacun avait le temps de faire des essais et erreurs. Aujourd’hui, on se trouve rapidement en concurrence avec la planète, alors les entrepreneurs ont besoin d’outils. Ce besoin n’était pas desservi jusqu’ici; on trouvait surtout des formations en gestion pour les cadres », dit cette ex-enseignante universitaire.

Parmi les nombreuses thématiques étudiées durant leur programme, l’École aborde la connaissance de soi, la capacité de s’entourer, la communication, ou encore l’équilibre entreprise-famille. Les résultats sont probants : selon une étude menée par l’École auprès de sa première cohorte, les entreprises des « athlètes » ont créé en moyenne cinq emplois et ont augmenté leur chiffre d’affaires de 1,1 M$. De quoi rapidement amortir cet investissement !

Des partenaires à l’écoute

Mais le projet de Marc Dutil n’a pas toujours fait si bonne figure.

« On est parti d’une feuille blanche. Notre projet était très novateur. Mais sans clients, inventaire, recevable ou précédent, nous savions qu’il n’y aurait pas un comité de crédit sur la Terre qui autoriserait un prêt pour ça. Il fallait que les gens aient la volonté de nous écouter et de nous croire », résume M. Dutil.

Dès la première pelletée, la confiance des partenaires de l’École a été mise à rude épreuve. Mais, elle a tenu bon.

« Nous avons rénové une ancienne auberge dont les murs cachaient des surprises. Il a fallu raser puis rebâtir une aile complète. Notre demande de prêt initiale était déjà élevée, mais nous avons dû en faire une autre ! Nos partenaires financiers, dont la Banque Nationale, ont été très accommodants à ce moment. »

Un bon karma d’entrepreneur

Selon Marc Dutil, c’est la solidité des liens d’affaires tissés au fil des ans qui a permis d’atteindre ce niveau de confiance.

« La Banque Nationale est une grande entreprise, mais nos interlocuteurs ont pris l’initiative d’abattre les obstacles au fur et à mesure. Si nous avions embêté le monde toute notre vie, ça n’aurait pas passé. Nous sommes arrivés avec des gens crédibles dans une région qui a beaucoup contribué », dit-il en rappelant que la collectivité beauceronne a apporté plus de 3,5 M$ au projet.

« Nous avons reçu différentes dons d’entreprises et d’individus locaux. Ça démontre une intimité avec la région qui ne s’achète pas! » Moins de 15 % de la clientèle de l’École vient de la région, mais pour Marc Dutil, lui-même beauceron, il n’est pas question d’offrir ses services ailleurs.

« Il y a une école pour les chefs d’entreprise au Québec, et elle est en Beauce », lâche-t-il. « J’aime bien Montréal, on y mange bien et on peut y voir du hockey. Mais, on y trouve aussi beaucoup de divisions et de clivages. En Beauce, nous croyons que la réussite vient de nous-mêmes. C’est une société distincte fondée sur les compétences, le pragmatisme et le passage à l’action. »

École d’entrepreneurship de Beauce en bref

Nombre d’employés: 45

Année de fondation: 2010

Emplacement: Saint-Georges

Activités: Formation par et pour les entrepreneurs

Site Web: eebeauce.com

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Édité le 3 novembre 2017

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