Distech Controls : le discernement qui paie…

Distech Controls : le discernement qui paie…
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Étienne Veilleux a de quoi être fier : l’entreprise qu’il a cofondée et dirigée pendant 20 ans, Distech Controls, a été acquise par l’Américaine Acuity Brands le 1er septembre 2015 pour la somme de 318 millions de dollars canadiens.

À ses yeux, le discernement dont il a su faire preuve en affaires est une clé de ce succès… Le lauréat du prix PME 2015 de la Banque Nationale dans la catégorie « PME exportatrice » nous parle du rôle de cette vertu dans son cheminement d’entrepreneur, mais aussi des façons pour les épargnants de la mettre en pratique.

Savoir s’entourer

Le premier élément qu’Étienne Veilleux associe au discernement est le choix judicieux de ses partenaires. Le PDG de Distech Controls évoque le début de sa carrière, une période où, de son propre aveu, il n’était « pas très bien entouré ». Ses premiers associés et lui ne partageaient pas la même vision des affaires. Il s’est parfois allié à des investisseurs qui se sont révélés surtout intéressés par leurs profits personnels et mentionne des embauches qui l’ont déçu.

Ces expériences douloureuses lui ont donc appris l’importance de bien s’entourer. Le moment décisif à cet égard a été l’implication de sa conjointe, Maria Lorenzo, dans l’organisation. C’est avec elle qu’il a racheté Distech Controls en 1995. Diplômée en économie et en finance, dotée d’un « esprit d’analyse et d’une intelligence des affaires », Mme Lorenzo a collaboré pendant six ans à la transformation de l’entreprise.

Distech Controls s’est alors détournée du domaine des services pour se consacrer au développement de produits domotiques, et s’est lancée à la conquête du monde. Cette mutation a poussé le couple à s’adjoindre des travailleurs hautement qualifiés, notamment dans le domaine des technologies. « Il faut mettre la bonne personne dans le bon siège et ne pas avoir peur d’engager des gens plus compétents que soi ! J’ai appliqué ça très tôt dans ma carrière », indique celui qui s’est lancé en affaires à l’âge de 24 ans.

Étienne Veilleux croit que ce principe est non seulement valable pour les gens d’affaires, mais aussi pour les particuliers. « Il faut avoir de bons conseillers pour nous aider à développer notre plan financier », dit-il. Parce qu’un plan solide est, selon lui, essentiel à l’exercice du discernement. Et en cette matière, mieux vaut retenir les services de professionnels pour y arriver.

Développer une vision d’ensemble

L’autre application du discernement sur laquelle le PDG de Distech Controls insiste est l’élaboration d’une vision globale. L’homme d’affaires explique qu’un exercice fondamental pour la croissance de Distech Controls a consisté à fixer pour l’entreprise des objectifs à long terme. « Qu’est-ce qu’on sera dans dix, quinze, vingt ans ? Il faut avoir une vision claire de l’avenir de l’entreprise. »

Armé d’une telle vision, il estime avoir pu faire de meilleurs choix : il avait désormais une solide base sur laquelle asseoir son jugement. L’entrepreneur raconte par exemple s’être retiré in extremis de démarches d’acquisition entamées en 2013, précisément parce qu’il s’est aperçu que les compagnies visées ne correspondaient pas tout à fait aux besoins de Distech Controls. Et il n’a aucun regret.

Étienne Veilleux croit que cette approche est tout aussi importante pour les épargnants : « Il faut établir un objectif personnel, développer une vision globale de ce qu’on veut faire de sa vie – non seulement sur le plan financier, mais aussi personnel. »

Aligner l’avenir lointain et le futur proche

Après avoir brossé le tableau de l’avenir dont on rêve, il faut selon l’homme d’affaires découper ce grand projet en périodes plus courtes et les associer à des objectifs et à des actions plus précises. « Un horizon de trois à cinq ans, puis un an, trois mois, un mois…, dit-il. On peut même se donner des objectifs hebdomadaires ! » Il ajoute que pour atteindre ses buts, il faut allier le discernement à la rigueur et au réalisme.

Reste que, pour lui, le discernement demeure central. Interrogé sur ses modèles en matière de jugement dans le domaine des affaires, Étienne Veilleux mentionne Charles Sirois, Warren Buffett et Guy Laliberté pour ensuite résumer : « Ceux qui ont du succès font preuve de discernement, ceux qui n’ont pas de discernement n’ont pas de succès ! » Le riche parcours de cet entrepreneur québécois montre de belle façon que c’est une qualité qui se cultive… et qui rapporte.

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Édité le 22 décembre 2016

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