Pourquoi les décisions de ventes sont si difficiles à prendre pour l’investisseur boursier?

Pourquoi les décisions de ventes sont si difficiles à prendre pour l’investisseur boursier?
Michel Carignan Investir, Particuliers Investir, Particuliers

C’est le propre de l’être humain d’accumuler des biens. Avec le temps, la plupart des gens accumule beaucoup de choses dans leur garde-robe, leur garage ou leur remise. Certaines choses serviront beaucoup tandis que d’autres se révèlent être de moins bons achats. Par exemple, dans mon quartier, les gens possèdent souvent un ou deux garages, mais ils stationnent souvent leurs voitures à l’extérieur, été comme hiver, car leur garage est rempli de vieilleries, pour la plupart inutiles ou avec peu de valeur et ce, pour les avoir gardées trop longtemps.  

On retrouve ce même phénomène chez l’investisseur boursier. Les gens sont des acheteurs avant tout, la décision d’acheter entraîne donc beaucoup moins d’émotions que la décision de vendre. Par conséquent, bon nombre d’investisseurs se contentent de regarder leurs titres descendre du coin de l’œil, en se disant qu’ils remonteront bien un jour, espérant ainsi de bonnes nouvelles qui viendraient sauver la situation. À force de remettre certaines de ces décisions de ventes, des titres perdent leur valeur, sans que rien ne soit fait. Le constat est donc très simple : quand le prix monte, on ne veut pas vendre parce qu’on pense qu’il va monter encore. Quand le prix descend, on espère toujours qu’il va remonter.

Ne vous en faites pas, c’est normal d’être comme ça. Sans l’appui de stratégies transactionnelles, vous avez plus de chance d’être celui qui amène de l’argent dans le marché et qui fait faire de l’argent aux autres.

Les grosses pertes tuent le rendement

Imaginez si vous pouviez annuler les grosses pertes subies par le passé… Tout le monde ferait de biens meilleurs rendements.
Or, investir en bourse implique obligatoirement une gestion des pertes. Si elles ne sont pas gérées, ces pertes peuvent avoir un impact important sur le rendement global du portefeuille. Par exemple : si vous achetez un titre à 10$ et que vous le laissez chuter pendant des mois jusqu’à 2$, la valeur de votre position a diminué de 80%. Si, dans ce cas précis, l’investisseur est resté investi dans l’espoir d’une remontée du titre, il devra attendre une remontée de 400% de ce dernier pour revenir à 10$ et donc effacer la perte. Ceci illustre très bien, qu’au-delà d’un bon choix de titres, savoir se retirer d’une position avant qu’elle n’affecte le rendement du portefeuille est tout aussi important. En août 2015, le titre de la pharmaceutique Valeant (T-VRX) valait un peu moins de 345$; le 8 mai 2017, il valait un peu moins  de 14$. Il a perdu environ 96% de sa valeur. Mais, il lui faudrait une ascension de plus de 2 450% pour retourner au prix de 2015.

La bourse, c’est comme le jeu Serpents et échelles; il faut profiter des tendances haussières et éviter les tendances baissières. Sauf qu’à la bourse, il faut laisser moins de place au hasard. Ce sont vos connaissances, votre analyse, vos stratégies et votre faculté à contrôler vos émotions qui feront la différence. Êtes-vous le prédateur ou la proie, le chasseur ou le chassé?

 Comment éviter les grosses pertes?

Pourquoi n’ai-je pas intitulé cette section : comment éviter les pertes tout court?  Bien simplement parce qu’il est impossible d’éviter les pertes, point final. Par contre, il est tout à fait possible d’éviter les grosses pertes. Encore faut-il ne pas faire de trop de petites pertes.

Personnellement, j’ai passé ma vie à étudier le comportement des valeurs en bourse et je vous assure qu’il y a des mouvements prévisibles qui ont un très fort taux de succès. Pour les adeptes de l’analyse technique, tout le reste n’est que mystère et fabulation.

Bien sûr, il faut apprendre à trouver et choisir les titres qui ont le plus fort potentiel à la hausse. Pour cela, il faut aller là où l’action se passe. Pour tout investisseur, il est primordial d’avoir une stratégie de sortie au cas où le titre partirait dans la mauvaise direction, ceci dans le but de limiter nos pertes et avoir une autre stratégie pour profiter de l’ascension du titre si on a eu raison. Alors, avant d’acheter un titre, vous devez pouvoir répondre à trois questions :

  • Quel est ma stratégie de sortie et donc mon seuil de tolérance si je suis à perte?
  • Dans une situation de profit, à quel prix je me protège contre une baisse du titre en vendant une partie ou la totalité de la position?
  • Quelle est ma stratégie de sortie pour profiter du maximum possible de la hausse sans revenir en bas?

Je traiterai de ces sujets au cours des prochains mois. En attendant, j’explique ces phénomènes quotidiennement dans l’émission gratuite Le feu de l’action en direct tous les jours à 12 h sur Decision-Plus. Cliquez ici pour y accéder. Et cliquez ici pour y accéder en différé.

Bon trading

Édité le 19 mai 2017