Portrait d’entreprise : Couche-Tard, les marchands de temps

Portrait d’entreprise : Couche-Tard, les marchands de temps
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Trente ans après l’ouverture de son premier dépanneur à Saint-Jérôme, Alain Bouchard a propulsé Couche-Tard à la conquête du monde, des États-Unis à l’Asie en passant par la Scandinavie. Son modèle d’affaires est resté inchangé : faire sortir les clients du magasin le plus vite possible !

« Notre principal produit, c’est le temps. Les gens veulent venir et partir au plus vite, alors il faut être très pratique. Une fois à l’intérieur, on essaie d’attirer leur attention sur d’autres produits », dit l’entrepreneur qui a commencé sa carrière comme commis d’un dépanneur Perrette à 1,50 $ l’heure.

« Notre croissance s’est faite un magasin à la fois. Quand les clients viennent dans un dépanneur, ils ne regardent que ce magasin-là. Il faut donc s’assurer que chacun offre les produits, le service et la rapidité qu’ils cherchent. En tant que détaillant, il faut être meilleur que l’autre. C’est une bataille de rue à tous les jours. » C’est ainsi qu’en vue de l’acquisition de la norvégienne Statoil en 2012, Alain Bouchard et son équipe se sont mis dans la peau des consommateurs en frappant à plus de 200 portes du réseau, partout en Europe du Nord.

Test du sandwich

« On a beaucoup voyagé, de la Russie aux Pays baltes. On regardait deux choses : les gens et les actifs », raconte-t-il. « On posait des questions aux employés, puis on leur achetait un petit quelque chose. On a rempli nos autos de cossins et on a mangé beaucoup de sandwiches! Mais c’était la meilleure façon de connaître l’état du réseau. » À la tête de 12 000 magasins, Alain Bouchard pourrait être excusé de ne pas s’intéresser aux détails de son entreprise. Ou même de prendre sa retraite, comme l’ont fait ses associés Richard Fortin, Réal Plourde et Jacques D’Amours. Mais n’allez pas croire que son travail le lasse : pour lui, tout reste encore à faire.

« C’est dans les années 80 que j’ai développé mon expertise pour bien évaluer le potentiel d’un magasin et pour en augmenter les ventes. La rentabilité de chaque commerce nous permettait d’acheter le prochain après quelques mois, et ainsi de suite. Mais ça n’allait pas encore assez vite à mon goût », se souvient-il.

L’adrénaline de la conquête

Malgré la concurrence des autres chaînes, malgré l’arrivée des pétrolières sur le marché, malgré l’ouverture des supermarchés à des heures prolongées, Alain Bouchard était sûr de son coup : Couche-Tard allait conquérir le Québec. Mais quand sa vision s’est réalisée, son esprit était déjà ailleurs.

« À la moitié de mon objectif québécois, je visais déjà le reste du Canada. Une fois qu’on y est allés, je voyais les États-Unis, puis le monde. Je sentais que c’était possible ; ça vibrait en moi. De la même façon, j’ai aujourd’hui  la conviction qu’on aura 25 000 magasins un jour », affirme le président de Couche-Tard. « Chaque transaction majeure me donne une puissante dose d’adrénaline. J’adore étudier les occasions qui se présentent à nous, et négocier le bon prix », confie-t-il.

Banque locale avec vue sur le monde

Encore faut-il avoir des partenaires financiers qui partagent cette passion. Depuis plus de 20 ans, c’est la Banque Nationale qui accompagne Couche-Tard, même si l’entreprise s’est étendue dans des contrées lointaines. Question de compréhension mutuelle, explique Alain Bouchard.

« La Banque Nationale nous a suivi depuis nos débuts et a toujours été capable d’aller jusqu’au dernier kilomètre avec nous, au Québec et ailleurs.Par exemple, quand nous avons acheté les magasins Circle K de la pétrolière américaine ConnocoPhillips en 2003, la Banque Nationale est allée au front pour défendre notre plan de financement canadien plutôt que d’émettre des obligations aux États-Unis. C’est un partenaire extraordinaire dont la direction est ici, près de nous. »

« Nous nous ressemblons sur un point avec notre banque : le service aux clients. C’est là que tout commence », estime Alain Bouchard. « Ce serait parfait si toutes les entreprises pensaient d’abord à leurs clients. Les politiciens aussi, d’ailleurs ! »

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Couche-Tard en bref

Chiffre d’affaires: 23G$

Nombre d’employés: 78 500

Année de fondation: 1980

Lieux:

  • 6172 magasins au Canada et aux États-Unis
  • 2301 stations-service, 12 terminaux et 38 dépôts de carburants en Scandinavie, dans les Pays Baltes et en Russie
  • 4100 franchisés dans neuf autres pays

Activités

  • Magasins d’accommodation
  • Stations-service
  • Terminaux de carburant

Site Web: couche-tard.com

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Édité le 15 août 2017

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