Compte sur marge: une solution flexible et avantageuse

Compte sur marge: une solution flexible et avantageuse
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Un compte sur marge peut vous aider à avoir une meilleure exposition sur le marché boursier, mais également vous faire bénéficier d’un taux d’emprunt très avantageux. Même s’il ne s’agit pas d’une recette magique, cela peut constituer une intéressante avenue à explorer.

Détenir un compte sur marge peut permettre, à certaines conditions, d’emprunter des fonds à son courtier. Une bonne façon pour l’investisseur de trouver des liquidités pour profiter des occasions du marché, de dégager des fonds d’urgence, ou encore de dégager les montants nécessaires pour acquérir un bien ou même cotiser à ses REER.

Une marge variable

Le fonctionnement est simple : en transférant des actifs de qualité détenus dans un compte non enregistré vers un compte sur marge, vous pourrez emprunter un montant qui sera calculé sur la base de la valeur marchande des titres admissibles détenus dans le compte.

La marge ou l’avance maximale accordée par le courtier variera selon le produit d’investissement. Par exemple, elle peut représenter de 95 à 96 % de la valeur des obligations gouvernementales, 94 % des CPG à terme et indiciels, 99 % des bons du Trésor ou 50 % des fonds communs. Pour les actions, l’avance est rattachée à la valeur du titre (jusqu’à 70 % pour des actions se négociant à 5 $ et plus ; jusqu’à 50 % pour des actions se négociant entre 2 $ et 5 $).

De son côté, l’investisseur devra assurer une couverture minimale et verser une mise de fonds qui constitue en quelque sorte un « dépôt de garantie ».

Pour ces raisons, le compte sur marge ne génère pas une marge fixe et déterminée à l’avance, comme c’est le cas pour une marge de crédit bancaire, par exemple. Elle est variable et calculée quotidiennement sur la valeur et le type de produit détenu dans le compte.

Pour illustrer le fonctionnement du compte sur marge, prenons l’exemple d’un investisseur qui souhaite investir dans l’entreprise XYZ, à 10 $ l’action (titre admissible à la négociation sur marge à 70 %) avec une mise de fonds de 10 000$. L’investisseur possédant un compte sur marge pourra acquérir 3 333 actions pour un montant total de 33 330 $, soit 23 330 $ avancés par le courtier, plus sa mise de fonds de 10 000 $ correspondant à la couverture minimale exigible. Avec un compte au comptant, l’investisseur n’aurait pu se procurer que 1 000 actions, puisqu’il n’aurait disposé que de 10 000 $ en fonds propres.

Le compte sur marge a plusieurs avantages

Les taux d’intérêt intéressants font partie des avantages non négligeables d’un compte sur marge. Ils se démarquent en effet de ceux que vous pourriez obtenir sur un prêt personnel, une carte de crédit, ou même une marge de crédit bancaire.

Dans le cadre d’un compte marge, les taux varient selon le montant emprunté, mais pour une somme de 0 $ à 9 999 $, vous pourriez bénéficier du taux préférentiel de la BNC plus 1,25 % ; de 10 000 $ à 99 999 $, du taux préférentiel de la BNC plus 1 %, et enfin, pour un emprunt de 100 000 $ et plus, du taux préférentiel de la BNC. Actuellement, ce dernier s’élève à 2,70 %¹, autant dire que d’importantes économies sont à la clé !

Autre avantage à mentionner : l’effet de levier du compte sur marge, qui permet d’avoir une plus grande exposition sur le marché boursier et de maximiser son rendement. Prenons l’exemple d’un investisseur qui achète 1 000 actions à 10 $ (titre admissible à la négociation sur marge à 70 %), en ayant utilisé sa couverture minimale de 3 000 $ et l’avance du courtier de 7 000 $. Si la valeur du titre augmente à 12 $, le rendement réalisé sera de 67 % puisqu’il n’aura eu à débourser initialement que la somme de 3 000 $. En comparaison, le rendement aurait été de 20 % s’il avait effectué l’achat avec un compte au comptant en utilisant 10 000 $ de ses fonds propres.

Qui plus est, le courtier pourra effectuer une autre avance basée sur la nouvelle valeur du portefeuille. D’une pierre deux coups !

Par ailleurs, lorsque la marge est utilisée pour générer des revenus sur le marché boursier, les intérêts pourraient être déductibles des revenus imposables.

Mentionnons enfin qu’il n’est pas obligatoire d’utiliser la marge, car on peut gérer le compte sur marge comme un compte au comptant, ce qui lui confère une grande flexibilité.

Des risques à évaluer

À l’inverse, l’effet de levier à la hausse fonctionne aussi à la baisse, entraînant éventuellement un appel de marge. En effet, si la valeur de l’action baisse et que la valeur marchande diminue, l’avance maximale du courtier se rétrécira elle aussi, représentant donc une différence négative. Cette variation s’amplifiera davantage si, à la suite de cette baisse, un titre qui était admissible à la négociation sur marge à 70 % devient alors admissible à la négociation sur marge à 50 %.

En cas d’appel de marge, l’investisseur devra donc fournir de nouveaux capitaux afin de ne pas excéder sa capacité d’emprunt sur le titre. Pour ce faire, il est possible de déposer de l’argent ou des titres dans le compte, ou encore de vendre des titres qu’on détient déjà dans le portefeuille.

Afin d’éviter que son client ne se retrouve en situation d’appel de marge à la moindre fluctuation du marché, le courtier exige donc un coussin de sécurité, qui correspond à un certain pourcentage de la valeur d’emprunt de la plus grosse position du compte.

Bien que très flexible et avantageux, le compte sur marge présente donc quelques risques qu’il vaut mieux connaître avant de se lancer.

Les conditions à remplir pour bénéficier d’un compte sur marge

Pour être admissible, il faut toutefois répondre à certains critères. Par exemple, pour Banque Nationale Courtage direct (BNCD), l’investisseur doit percevoir un revenu annuel d’au moins 35 000 $, posséder un avoir net de 10 000 $, présenter un rapport de crédit satisfaisant les critères de BNCD, et détenir des actifs d’un montant minimum de 5 000 $ dans son compte sur marge.

Un compte sur marge ne s’adresse pas à tous les types d’investisseurs. Ainsi, il est préférable de faire preuve d’une bonne tolérance au risque, d’une connaissance suffisante des marchés et d’être relativement à l’aise financièrement.

¹ Ce taux est sujet à fluctuation de temps à autres sans préavis.

Notez que l’utilisation de fonds empruntés pour financer l’acquisition de titres comporte un risque plus élevé que l’acquisition au moyen de vos propres fonds. En empruntant des fonds pour acquérir des titres, vous vous engagez à rembourser l’emprunt selon les modalités de celui-ci, intérêts compris, même si la valeur des titres acquis diminue

Édité le 1 septembre 2017