Comment payer moins d’impôt: 7 astuces incontournables

Comment payer moins d’impôt: 7 astuces incontournables
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Personne n’aime payer de l’impôt. Heureusement, il y a moyen d’alléger son fardeau fiscal en tirant profit des déductions auxquelles on a droit… parfois sans le savoir.
Pour arriver à payer moins d’impôt, Natalia Sandjian, planificatrice financière à la Banque Nationale, recommande d’y penser tout au long de l’année et non pas seulement durant la période des impôts. Sinon, « on est placé devant le fait accompli et les stratégies fiscales sont limitées, faute de temps, explique-t-elle. Même s’il ne s’agit pas d’une réflexion des plus agréables, elle peut s’avérer payante. » Calculer les déductions fiscales auxquelles on a droit peut même révéler d’agréables surprises.

 

1. Déductions pour étudiants

Bien qu’un étudiant n’ait souvent que peu d’impôts à payer, il bénéficie néanmoins de certaines déductions fiscales. Il peut, par exemple, déduire les frais de transport en commun de son revenu imposable.

Et s’il a de l’épargne, étant donné son revenu généralement peu élevé, il n’est peut-être pas très avantageux pour lui de cotiser à un REER pour faire baisser son revenu imposable et espérer payer moins d’impôt. Il devrait plutôt investir ses économies dans un compte d’épargne libre d’impôt (CELI). L’argent qu’il y déposera, jusqu’à un maximum de 5 500 $ en 2016, fructifiera à l’abri de l’impôt. Il pourra retirer ces sommes pour un projet futur, par exemple un voyage ou la mise de fonds pour une première résidence, et ce, sans avoir à payer de l’impôt au moment du retrait (l’impôt aura été payé au moment du dépôt).

En passant, les parents peuvent aussi réclamer certaines dépenses liées à leur enfant aux études, s’il est encore à leur charge. Les frais de scolarité, notamment, qui représentent plusieurs milliers de dollars par année… À ne pas oublier!

 

2. La personne célibataire

Qu’on soit seul ou en couple, il est primordial d’investir en prévision de ses vieux jours. Le régime enregistré d’épargne-retraite (REER) est une solution de placement conçue pour cette fin. Chaque année, il est possible de cotiser jusqu’à 18 % de son revenu dans un REER, ou un maximum d’environ 25 000 $.

Dans sa déclaration de revenus, l’argent déposé dans un REER est déduit de son revenu imposable. Comme on est imposé sur un revenu moins élevé, on en donne moins au fisc. Dans certains cas, on parle même d’un remboursement d’impôt!

La stratégie du REER est tellement rentable qu’il vaut parfois même la peine de s’endetter temporairement pour y cotiser, Natalia Sandjian. « Comme les taux d’intérêt sont bas, il peut être avantageux d’emprunter pour bonifier la cotisation qu’on aurait pu se permettre selon ses liquidités, puis de rembourser dans les douze mois un prêt REER grâce à son remboursement d’impôt. Finalement, les quelques dollars payés en intérêts auront permis une bien meilleure cotisation à son REER, en plus de réduire l’impôt à débourser. Un investissement payant! »

 

3. Le couple et la famille

Les avantages fiscaux se multiplient lorsqu’on partage sa vie à deux. Dans le cas du REER, il est possible de cotiser au régime de son conjoint, ce qui est particulièrement utile pour maximiser ses cotisations en vue de la retraite.

Le crédit d’impôt provincial Réno Vert, mis en place pour 2016 et 2017, vise quant à lui à encourager les rénovations écologiques sur sa propriété. Jusqu’à 10 000 $ de dépenses sont admissibles.

Après la maison vient souvent le projet de fonder une famille, un projet qu’il faut planifier financièrement. Les dépenses sont importantes, mais des déductions fiscales sont offertes aux parents, comme le crédit d’impôt pour frais de garde d’enfants. Au fédéral, la prestation universelle pour la garde d’enfants (PUGE) a été remplacée par l’allocation canadienne pour enfants. Celle-ci varie en fonction du revenu familial, mais peut octroyer plusieurs milliers de dollars par année par enfant.

 

4. Le travailleur autonome et le professionnel

Puisqu’il est son propre employeur, le travailleur autonome a droit à beaucoup plus de déductions fiscales. Il peut déduire le coût de son bureau, même si celui-ci se trouve dans sa résidence, le chauffage, son matériel de travail, son transport, ses frais de communications, son adhésion à des associations ou à un ordre professionnel, le coût des formations suivies et même des repas d’affaires.

Une personne salariée a aussi droit à certaines déductions, comme la déduction pour travailleur, qui correspond à 6 % du revenu d’emploi jusqu’à concurrence de 1 130 $. Si vous devez acheter des outils pour travailler, comme c’est souvent le cas pour un plombier ou un mécanicien, par exemple, vous pouvez aussi réclamer la déduction pour achats d’outils. Enfin, si vous devez vous déplacer fréquemment pour le travail, vous pouvez aussi déduire des frais pour votre véhicule.

 

5. L’investisseur et l’entrepreneur

Les investisseurs et les entrepreneurs ont quant à eux droit à une panoplie de différents crédits d’impôt, qui varient selon leur province. La déduction pour petite entreprise (DPE) est toutefois disponible partout au pays. Elle fait en sorte que les premiers 500 000 $ de revenus d’une société sont imposés à un taux réduit combiné de 19 %, au lieu de 26,9 %. Également, si vous faites de la recherche et du développement, vous pouvez déduire jusqu’à 35 % de vos dépenses à ces fins.

Enfin, tout investisseur ou entrepreneur peut utiliser ses pertes en capital pour réduire l’impôt à payer sur les gains cette même année. 

 

6. Le retraité

Ce n’est pas parce qu’on est à la retraite qu’il ne faut plus se soucier d’épargner. Il est possible de cotiser à son REER jusqu’à l’âge de 71 ans. Alors, on en profite! Après quoi, il faudra transformer son REER en fonds enregistré de revenu de retraite (FERR) au plus tard à la fin de l’année où l’on atteint 71 ans, sous peine de payer l’impôt sur la totalité de la somme épargnée. Toute une dépense! Ce FERR fournira un revenu de retraite chaque année.

En outre, les personnes autonomes de 70 ans ou plus ont droit au Québec au crédit d’impôt pour le maintien des aînés à domicile. Celui-ci aide à couvrir les soins comme les services d’une infirmière, les soins d’hygiène, de préparation des repas et autres tâches domestiques. Le crédit d’impôt pour frais médicaux est également disponible si vous avez dépensé plus de 3 % de votre revenu en frais médicaux pour vous, pour votre conjoint ou pour une personne à charge. Il existe également un crédit d’impôt pour personnes handicapées.

Parce que la retraite est aussi faite de belles activités, vous avez aussi droit au crédit d’impôt pour activités des aînés, qui servent à couvrir les dépenses pour des activités culturelles ou sportives.

 

7. La succession

Il est également très important de bien planifier sa succession, sinon celle-ci peut être un casse-tête pour ses proches après son décès. Aux yeux du fisc, lors d’une succession, tous les biens légués aux héritiers sont réputés être vendus à leur valeur marchande. Il faudra donc déclarer la différence entre le prix à l’acquisition et celui à la vente. Évidemment, s’il y a des dettes, les créanciers seront remboursés en premier.

Ainsi, faire un inventaire de ses biens permettra à un planificateur financier d’en estimer la valeur, ainsi que l’impôt à payer sur ceux-ci. Quelques stratégies fiscales tout à fait légales existent pour diminuer l’impact financier d’une succession pour les héritiers. Elles doivent être consignées dans le testament. L’une d’elles est de léguer sa résidence à son conjoint, qui n’aura pas à payer d’impôt jusqu’à ce qu’il la donne, la vende ou décède lui-même. Si la résidence est léguée aux enfants, ceux-ci devront payer l’impôt.

La même stratégie s’applique pour les CELI et les REER. Le conjoint survivant ne paiera pas d’impôt sur le REER tant qu’il n’en retire pas, ce qui est toutefois obligatoire à partir de 71 ans.

Une bonne planification fiscale permettra de tirer le maximum de ses revenus chaque année, ainsi que de s’assurer une belle retraite et de léguer ses biens à ses proches sans tracas…

 

Fiscalité: 4 règles à connaître par cœur!

 

  1. Penser impôt, tout au long de l’année. Il est trop tard quand on est à l’étape de la déclaration de revenus.

 

  1. La fiscalité n’est qu’un aspect à considérer. Prendre des décisions d’investissement dans la seule optique de « sauver de l’impôt » est une erreur. D’autres occasions peuvent être payantes, ou mieux correspondre à ses projets de vie.

 

  1. Le REER est payant.Surtout quand le taux d’imposition auquel on est assujetti est élevé. Emprunter pour profiter des déductions reliées aux cotisations au REER peut même par moments s’avérer une décision financière judicieuse.

 

  1. Épargner n’est pas suffisant. Il faut tenir compte de la fiscalité afin de retirer le plus d’argent de chaque dollar mis de côté.

 

 
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Édité le 15 août 2017

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