Comment gérer des problèmes de liquidités

Comment gérer des problèmes de liquidités
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Il arrive fréquemment qu’un entrepreneur doive gérer des problèmes de liquidités, notamment au démarrage ou lors d’un changement important dans l’entreprise. Voici des moyens pour rester à flot.

Aller à la source

La première étape consiste à identifier la cause du manque de liquidités avec lequel l’entreprise doit composer. S’agit-il d’une organisation en bonne santé financière, mais qui traverse une crise de croissance ? A-t-on plutôt affaire à un problème (plus grave) de rentabilité de l’entreprise ?

« Même les entreprises qui vont bien ont besoin d’argent », rappelle Benoît Fontaine, CPA, CA, associé chez Raymond Chabot Grant Thornton. « Quand la compagnie a un historique de rentabilité, il lui est habituellement assez facile d’aller chercher du financement, que ce soit pour acquérir un nouvel immeuble ou de l’équipement supplémentaire, par exemple. »

Les fonds pourront alors provenir de capitaux propres (c’est-à-dire les bénéfices accumulés ou l’argent des actionnaires, par exemple) ou de financement à long terme, tel un prêt commercial. Si les besoins sont provisoires, une marge de crédit suffira à fournir l’argent nécessaire pour pallier momentanément le manque de fonds.

Quand la rentabilité fait défaut

Lorsque l’entreprise traverse une période creuse, Benoît Fontaine conseille de viser d’abord la réduction des dépenses plutôt que de tenter d’accroître les revenus : « Augmenter les ventes est un long processus, qui demande souvent d’autres investissements ; en marketing, notamment. Il est plus efficace d’étudier chaque poste de dépenses et de couper tout ce dont on peut se passer », estime le spécialiste en redressement et insolvabilité.

Les dépenses sous la loupe

Voici quelques avenues à considérer pour limiter les dépenses :

  • mettre en pause la recherche et le développement ;
  • réduire les frais de fonctionnement ;
  • implanter des mesures de temps partagé, voire mettre à pied des employés pour limiter les coûts de main-d’œuvre ;
  • fermer une succursale moins rentable.

Réduire les stocks

Des stocks excédentaires peuvent aussi occasionner des problèmes de liquidités. Benoît Fontaine conseille de réduire autant que possible tous les types de stocks, qu’il s’agisse de matières premières, de produits finis ou de marchandises.

« A-t-on vraiment besoin, en 2016, d’avoir l’équivalent de deux mois de matières premières en réserve ? » lance l’associé chez Raymond Chabot Grant Thornton. Il propose par ailleurs de privilégier la production sur demande afin d’éviter l’accumulation de produits finis qui n’ont pas encore trouvé preneur.

Une facturation rigoureuse

Si travailler à l’augmentation des ventes n’est pas la solution idéale à court terme, il importe à tout le moins de recevoir le paiement pour tous produits ou services qu’on a livrés. Accélérer les entrées de fonds est en effet une clé pour éviter de se retrouver à sec. « Il faut faire preuve de beaucoup de rigueur dans la facturation et la perception », souligne Benoît Fontaine, qui estime qu’il ne faut pas hésiter à talonner les mauvais payeurs.

Plusieurs banques offrent aussi aux PME l’achat à rabais de leurs comptes clients. L’opération consiste à transférer ses créances à la banque, ou encore à une société d’affacturage, qui en assure ensuite le recouvrement. Ainsi, l’entreprise qui a recours à ce service dispose rapidement des sommes que lui doivent ses clients, sans avoir à attendre les 30, 60 ou 120 jours de crédit qu’elle leur accorde.

Composer avec les comptes fournisseurs

Le principe du rabais s’applique aussi aux comptes fournisseurs. La banque paie alors sans délai les fournisseurs à la place de l’entreprise, qui devient créancière de la banque. L’avantage : un terme de paiement plus long, qui peut aller jusqu’à 180 jours.

Pour une approche plus simple encore, on demandera des délais de paiement plus longs directement à ses fournisseurs – délais qu’on tentera de fixer après les entrées de fonds importantes qui sont prévues. Ils rechignent ? Leur proposer de payer un léger intérêt pourra les amadouer…

Benoît Fontaine conseille également de payer ses fournisseurs essentiels en priorité.

Vendre des actifs

L’entreprise propriétaire de l’immeuble qu’elle occupe pourrait vendre cette immobilisation pour devenir locataire, indique l’associé chez Raymond Chabot Grant Thornton. À plus petite échelle, de l’équipement et du matériel inutilisés peuvent également être mis en vente.

Dans tous les cas, les dirigeants d’entreprise gagnent à aborder ouvertement leurs soucis en matière de liquidités avec leur comptable ou leur banquier, qui seront à même de leur offrir des conseils adaptés à la situation de leur entreprise.

Édité le 8 novembre 2017

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