Campus Montréal, encourager la fibre philanthropique

Campus Montréal, encourager la fibre philanthropique
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Lancée l’automne 2012, la campagne de financement Campus Montréal réunit trois établissements universitaires autour d’une ambition commune: mobiliser les diplômés et la communauté d’affaires pour faire rayonner l’expertise québécoise.

« La jeune génération d’aujourd’hui regarde au-delà des frontières. Ils sont très à l’aise dans la nouvelle économie de la créativité et du savoir. Ils n’ont pas peur de commercialiser des idées ou de démarrer des entreprises », observe John Parisella, chef de la direction de Campus Montréal.

Selon l’ex-délégué général du Québec à New York, les diplômés québécois n’ont rien à envier au reste du monde. « J’ai rencontré aux États-Unis des dirigeants d’entreprise qui m’ont confirmé que les formations québécoises étaient aussi bonnes que celles de Harvard, du MIT ou d’Oxford. Appuyer Campus Montréal, c’est appuyer une expertise. D’où l’idée de notre slogan : des talents, une planète. »

Mieux vaut voir grand lorsqu’on cherche à ramasser 500M$– un record historique parmi les universités francophones. En joignant les forces de l’Université de Montréal, de HEC et de Polytechnique, Campus Montréal est parvenue à proposer des projets d’envergure dans une variété de disciplines, de la médecine au génie en passant par les sciences humaines.

« Ce sont des projets marquants qui nous aideront à affirmer notre leadership international en tant qu’établissements universitaires, mais aussi comme société. Nous proposons une vision d’avenir », affirme John Parisella, dont la longue expérience en gestion a permis d’unir des activités de financement auparavant séparées.

« Les établissements se faisaient plus ou moins concurrence dans leur recherche de financement. Avec Campus Montréal, ils présentent des projets communs, comme la construction du nouveau campus à l’ancienne gare de triage d’Outremont », explique-t-il.

Ambitieux mais patients

Dès son lancement officiel le 29 novembre 2012, la campagne affichait 200 millions en dons. Elle devrait s’étaler encore sur cinq à sept ans. « Nous sommes ambitieux, mais pas impatients. Nous prenons le temps de bien coordonner les bénévoles sur le terrain pour solliciter les dons. Les investisseurs ne prennent pas leur décision sur un coin de table ! », dit John Parisella.

Dans le cas de la Banque Nationale, l’engagement a été rapide. Dès le mois de janvier, elle annonçait un don de 10 millions, le plus important de son histoire, pour la création d’un centre d’entrepreneuriat à son nom.

« C’est un don exemplaire, » se félicite M. Parisella. « Des dons comme celui-ci créent un effet de levier, et nous en ressentons déjà l’effet dans la communauté d’affaires. »

Nouvelle ressource pour l’entrepreneuriat d’ici

Le nouveau centre servira d’observatoire des bonnes pratiques, d’accélérateur d’idées et de centre de formation pour l’entrepreneuriat, le repreneuriat et les familles en affaires.

« La Banque Nationale n’a pas simplement financé des pieds carrés de campus. Elle a pris un engagement pour soutenir les entrepreneurs actuels et à venir. L’entrepreneuriat québécois a ses héros et ses réussites célèbres, […]. Mais beaucoup œuvrent encore sous le radar, et leur rôle est aussi important pour le Québec », dit John Parisella.

Un retard à rattraper

Malgré ses débuts encourageants, Campus Montréal fait face à un défi de taille : le retard philanthropique des francophones par rapport aux anglophones. L’Université McGill a dépassé son objectif de 750M$ lors de sa dernière campagne, incluant 75 % de dons individuels. Chez Campus Montréal, ces derniers plafonnent sous 50 %. Mais John Parisella reste confiant.

« On assiste à un rattrapage au Québec. Ici, l’éducation et la santé ont longtemps été prises en charge par l’Église, alors la philanthropie est un phénomène récent. Nos diplômés n’ont pas la même culture d’implication que chez les anglophones. Mais c’est en train de se transformer. Le réflexe va se développer tranquillement. »

La campagne Campus Montréal en bref

Lancement : 2012, pour une durée de cinq à sept ans

Objectif: 500 M$

Activités: Projets marquants impliquant HEC, Polytechnique et l’Université de Montréal

Communauté impliquée:

  • 60 000 étudiants
  • 3 000 chercheurs et professeurs
  • 350 000 diplômés

Site Web: campus-montreal.ca

 

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Édité le 15 août 2017

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