Bleu de bleu, la petite histoire d’une grande oeuvre d’art

<em>Bleu de bleu</em>, la petite histoire d’une grande oeuvre d’art
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Une nouvelle œuvre d’art est née dans le paysage montréalais! Bleu de bleu, d’Alain Paiement, accueille désormais les citoyens et visiteurs de l’Aéroport international Pierre-Elliot-Trudeau et les accompagne le long de l’autoroute 20 jusqu’aux abords de la métropole.

Elle se veut une expérience, un legs aux Montréalais et transforme par la même occasion, le parcours reliant l’aéroport au centre-ville en un trajet empreint de créativité et d’audace, à l’image de la métropole.

Cette œuvre linéaire de 8 km comporte 400 panneaux réfléchissants et 83 luminaires. Sa réalisation a nécessité 1 000 heures de travail par 20 ouvriers pendant 4 mois, 4 000 ancrages à béton et 12 000 pieds de câblage entre autres.

Bleu de bleu, un projet qui a nécessité l’engagement de partenaires de différents horizons, est le fruit d’un travail d’équipe exceptionnel, un projet rassembleur qui reflète bien l’esprit de Montréal et de ses grands bâtisseurs. De ce fait, elle s’inscrit dans une continuité qui souligne bien le 375e anniversaire de la ville.

Réaliser ses idées en équipe multidisciplinaire

Au départ, le projet Bleu de bleu est né du souhait de la Banque Nationale d’embellir un tronçon de l’autoroute tout en offrant un cadeau à la Ville de Montréal pour son 375e anniversaire.

Trois ans avant la réalisation du projet, Credo Productions et ses collaborateurs ont effectué une analyse de faisabilité pour concrétiser l’idée de la Banque Nationale. S’allier avec de solides partenaires était essentiel pour soutenir cette initiative artistique d’envergure.

« La sécurité routière a été l’un des grands défis de cette production, pour s’assurer que l’œuvre ne distraie pas les automobilistes, explique Charlotte Belleau, productrice expérientiel, chez Sid Lee. Dès le départ, nous avons travaillé en étroite collaboration avec le ministère des Transports pour évaluer l’ensemble des propositions reçues des artistes sur ce plan. Par la suite, notre rôle a été de nous assurer que la direction artistique initiale était respectée. Cela a vraiment été un travail d’équipe avec des gens du milieu des arts, des ingénieurs, des électriciens, qui ont soutenu le travail de l’artiste pour mener le tout à bon port. »

Un jury composé d’intervenants du milieu des arts, du design et de l’architecture a été formé pour choisir l’artiste qui réaliserait le projet.

  • Louise Déry, directrice de la Galerie de l’UQAM
  • John Zeppetelli, directeur général du Musée d’art contemporain de Montréal
  • Sandra Chartrand, présidente de la Fondation Sandra et Alain Bouchard
  • Phyllis Lambert, directrice fondatrice émérite du Centre canadien d’architecture
  • Stéphane La Rue, artiste
  • Louis Vachon, président chef de la direction de la Banque Nationale

Six artistes ont été invités à poser leur candidature. Le choix final du jury s’est porté sur Alain Paiement.

Le Musée d’art contemporain, également partenaire, développera un projet pour pérenniser l’œuvre après que celle-ci aura été démantelée, dans cinq ans.

La vision de l’artiste

Alain Paiement, l’auteur de Bleu de bleu, travaille principalement avec des images et avec les notions de géographie et de cartographie. Artiste expérimenté, il a participé à plus de 150 expositions en carrière.

« Le principe de cette œuvre est de qualifier le trajet emprunté par les gens, de les accompagner comme une onde musicale, explique-t-il. Cette onde rencontre des éléments de la voirie le long de son chemin, des luminaires, des éléments de sécurité, des panneaux de signalisation. Elle entre en dialogue avec ces composantes. La couleur bleue n’est pas un choix réalisé au hasard. Il fallait tenir compte de la signification des couleurs, sur la route. Le bleu a plusieurs dimensions symboliques et métaphoriques. Quand on arrive à Montréal, c’est la première couleur que l’on voit sur les pistes d’atterrissage. C’est aussi la couleur associée au Québec, à la nordicité, au fleuve. C’est une couleur apaisante. »

S’intéressant depuis longtemps à l’architecture urbaine et à la photo-cartographie, il espérait avoir l’occasion de faire une intervention artistique d’envergure intégrée dans un espace urbain ouvert et supposant des déplacements.

« Avec une telle œuvre, on n’a pas seulement un objet d’art que l’on observe, mais plus une expérience spatiale, poursuit Alain Paiement. Je ne visais pas un résultat spectaculaire, mais de marquer l’espace d’une manière originale. C’est le temps et l’usage qui nous diront la portée de l’œuvre, et son rayonnement. Je pense qu’on a besoin de marqueurs comme celui-là dans la ville et je suis fort honoré d’y avoir participé. J’ai eu beaucoup de chance, car j’ai été très bien entouré. C’est un projet très complexe avec des enjeux financiers, administratifs et sécuritaires. Cela a demandé beaucoup de tact, de recherche, de patience et si j’ai réussi, c’est que j’ai eu une formidable équipe autour de moi. C’est ce que je conseillerais à tout artiste qui veut réaliser un projet de grande envergure : bien s’entourer.»

Trouver des solutions à chaque défi rencontré

Une œuvre de l’envergure de Bleu de bleu comporte son lot de défis techniques, logistiques et physiques. La firme Matane Productions a été mandatée pour concrétiser la vision d’Alain Paiement. Cette entreprise fait régulièrement des installations d’art public.

« Il est rare de réaliser des projets aussi gros et ce qui est particulier, c’est que nous avons travaillé sur le bord de l’autoroute, donc sous la supervision du ministère des Transports, dit Frédérick Lalonde, président de Matane productions. C’était plus complexe que d’installer une œuvre dans un champ, par exemple. ».

Le plus grand défi a été de travailler dans un milieu qui n’est pas, au départ, conçu pour l’art.

« C’est un contexte de béton qui est loin d’un musée. Juste pour installer un élément, cela demande une préparation de trois heures avant que les ouvriers puissent commencer. Il y a une foule de procédures de sécurité à respecter. C’était quelque chose de nouveau tant pour nous que pour le ministère. Ils ont très bien collaboré, mais pour les deux organisations, cela a été une rencontre instructive, d’ajouter Frédérick Lalonde »

Un projet artistique aux allures R&D

Le projet a demandé à l’entreprise un important travail de recherche et de développement.

« Il a fallu beaucoup de recherche pour trouver ce qui peut être artistiquement intéressant, mais qui puisse en même temps s’intégrer sur une autoroute. Nous avons fait beaucoup de tests en amont, notamment au parc Jean-Drapeau, en installant des structures et des matières et on les testait avec des voitures en marche pour s’assurer qu’elles étaient visibles. Nous avons aussi développé un luminaire cylindrique bleu, avec l’artiste. Il fallait que ce soit visible et intéressant, mais sans distraire les conducteurs. Donc, un grand travail de compromis entre ce qui est artistique et fonctionnel. »

La fierté du patrimoine culturel

Pour la Banque Nationale, déjà engagée en matière de philanthropie avec les hôpitaux et les universités, l’art est aussi un aspect important de la société et il est important de mettre en valeur nos créateurs. La Collection Banque Nationale, qui compte plus de 7 000 œuvres originales, est d’ailleurs l’une des collections d’entreprises les plus importantes au Canada.

Il est important, pour la Banque, de nourrir un sentiment de fierté à l’égard du patrimoine culturel. Les célébrations du 375e anniversaire de la Ville de Montréal représentaient une occasion en or de célébrer cette passion pour l’art !

Édité le 8 novembre 2017

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