7 astuces de Rona, du Cirque du soleil et de Lumenpulse pour faire de vos employés votre plus grande force

7 astuces de Rona, du Cirque du soleil et de Lumenpulse pour faire de vos employés votre plus grande force
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Qu’est-ce qui vous vient en tête lorsqu’il s’agit de faire croître votre entreprise ? Innover, exporter, augmenter votre capacité de production ? Toutes ces réponses sont bonnes, mais derrière la création de valeur, il y a d’abord des gens. 3 hauts dirigeants d’entreprises québécoises ayant le vent dans les voiles nous dévoilent leurs astuces pour faire germer le meilleur de ceux qui vous entourent. Pistes de réflexion.

1 – Partager le pouvoir

Une entreprise qui grandit doit demeurer agile et pour cela, il est nécessaire de donner une marge de manœuvre aux employés, selon François-Xavier Souvay, fondateur et président de Lumenpulse, une entreprise qui fabrique des systèmes d’éclairage architecturaux de haute performance. « Il faut avoir une vision et donner une direction à l’entreprise, oui, mais il faut aussi mettre du pouvoir entre les mains des gens. C’est l’exécution d’un plan qui crée de la valeur. L’argent est la conséquence de bien faire les choses. »

2 – Un peu de folie pour innover

Comment favoriser le processus créatif ? Le conseil de Daniel Lamarre, président et chef de la direction du Cirque du Soleil : soyez ouvert à la folie contrôlée. « Déterminez le carré de sable en communiquant vos objectifs, votre budget et vos attentes. Le mandat doit être clair. Mais à l’intérieur du carré de sable, les gens peuvent faire ce qu’ils veulent. » Cette façon de faire permet de garder du contrôle sur le mandat tout en donnant de la liberté aux employés, selon lui.

3 – Vive la diversité

Daniel Lamarre préconise également la diversité dans les équipes de travail. « Si les gens pensent tous de la même façon, les projets seront pâles. Pour des projets colorés, il faut des gens différents. » La diversité, en matière de culture, d’âge, de sexe, de race, est non seulement un atout pour la créativité, mais aussi sur le plan financier. Les entreprises qui ont une bonne diversité hommes-femmes dans leur équipe de direction ont 15 % plus de chances d’enregistrer des performances financières supérieures à la moyenne de leur industrie, selon une étude de McKinsey Company. Et s’il y a une grande diversité culturelle, l’augmentation est de 30 %. Dans son rapport Les fruits de la diversité, la Fondation Pierre Elliott Trudeau indique pour sa part qu’une hausse de 1 % de la diversité ethnoculturelle en entreprise fait grimper les revenus de 2,4 % et la productivité de 0,5 %.

4 – Jamais sans mon comité consultatif

Peu d’entreprises ont un comité consultatif. C’est pourtant un moyen éprouvé de favoriser la croissance. Contrairement au conseil d’administration, le comité consultatif n’a aucune responsabilité légale concernant la gouvernance. Son rôle est informel et consiste à conseiller la direction, à l’aider à y voir plus clair. « Au Cirque du Soleil, on surnommait les membres de notre comité consultatif, notre conseil de sages, raconte Daniel Lamarre. Quand on les rencontrait, on mettait nos problèmes au milieu de la table. Si Guy Laliberté et moi n’étions pas du même avis, on leur exposait nos points de vue pour avoir leur opinion. On était choyés, car notre comité était formé de gens d’affaires de haut niveau. Il a été très utile. »

5 – Une équipe de direction forte

En situation de forte croissance ou pour amener l’entreprise à un autre niveau, des changements à la direction peuvent s’imposer. Comme les exigences augmentent, il faut recruter pour certaines fonctions des gens plus expérimentés ou avec une feuille de route différente. C’est ce qui s’est passé au Cirque du Soleil lors de son acquisition par la firme américaine d’investissement TPG Capital en 2015. « Les dirigeants de TPG m’ont dit qu’ils aimaient le plan stratégique, mais qu’il ne se réaliserait pas, dit Daniel Lamarre, à la tête du Cirque depuis 2001. Ça m’a donné un choc ! Ils m’ont expliqué que je n’avais pas l’équipe pour me rendre là où je voulais amener l’entreprise et ils m’ont donné un plus gros budget pour aller chercher des gens plus forts. » Aujourd’hui, Daniel Lamarre estime que l’optimisation de l’équipe de direction a été bénéfique. « J’ai recruté des gens exceptionnels et l’équipe est plus solide sur le plan business. »

6 – La valeur des valeurs d’entreprise

De plus en plus de consommateurs choisissent d’acheter dans des entreprises qui correspondent à leurs valeurs et qui sont socialement responsables, selon Robert Dutton, ancien président de Rona et maintenant professeur associé à HEC Montréal. Les employés, en particulier ceux des jeunes générations, se sentent aussi plus concernés par la dimension sociétale de leur employeur. « Ça fait partie de leurs exigences et de leurs attentes », dit-il, et cela à la fois comme citoyens, comme consommateurs, comme employés ou comme entrepreneurs. « Quand j’étais chez Rona, les programmes de responsabilité sociale étaient le premier facteur de motivation des employés. L’impact est positif sur la fidélisation des employés et des clients. Et ça, c’est payant. »

7 – Les gestes plus importants que les mots

Les valeurs ne doivent cependant pas se limiter à de belles paroles dans votre site Web. Elles doivent s’incarner dans des actions. « Les gestes parlent plus que les mots, insiste Robert Dutton. Il faut de la cohérence entre les gestes et les mots et cela, c’est la responsabilité du pdg qui est le gardien des valeurs. C’est aussi sa responsabilité de s’assurer que les personnes qu’il embauche, et surtout celles qui l’entourent, respecteront les valeurs de l’entreprise. » D’ailleurs, l’ancien haut dirigeant préfère utiliser le terme « non négociable », car il élimine la notion de valeurs élastiques qu’on voit trop souvent. « Une valeur, c’est quelque chose de non négociable qui s’intègre dans la culture de l’organisation et dont les leaders sont les principaux porteurs », dit-il.

Édité le 12 décembre 2017

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