5 astuces pour ne plus gaspiller ses aliments (et son argent)!

5 astuces pour ne plus gaspiller ses aliments (et son argent)!
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Créer de la valeur à partir de déchets ? Ce n’est pas fou ! C’est le concept d’économie circulaire et les entreprises réalisent de plus en plus qu’elles peuvent en tirer profit. Les jus LOOP, fabriqués à partir de fruits et légumes jugés trop imparfaits pour l’industrie alimentaire, en sont un bel exemple. D’autant plus que le tiers de la production alimentaire mondiale est jetée aux poubelles.

On peut aussi agir à petite échelle, dans son frigo. Mais, il faut commencer par réfléchir aux aliments qu’on achète. Une famille canadienne jette en moyenne chaque année 123 kilogrammes de fruits et légumes, 16 kilogrammes de viande rouge désossée et 30 litres de lait. Cela représente beaucoup d’argent qu’on jette à la poubelle. Comment faire plus avec moins en réduisant son gaspillage ? Des experts partagent leurs trucs.

1- Gérer son frigo stratégiquement

Même avant de lancer LOOP, Julie Poitras-Saulnier a toujours été une maniaque de la gestion du frigo.

«Je commence toujours par chercher les aliments les plus vieux qui doivent être cuisinés maintenant, puis je complète avec d’autres que je vais chercher au marché.»

Vous avez une foule de petits restants de légumes qui rendront l’âme bientôt ? Mettez tout dans une soupe, ou une omelette.

Les fines herbes, souvent vendues en grosses bottes, demeurent toujours un grand défi. Laurence Lambert-Chan, cofondatrice avec son conjoint Benjamin Gendron-Smith du blogue Les cocos écolos sur le mode de vie zéro déchet, a trouvé plusieurs trucs efficaces.

«Je fais un pain avec des fines herbes fatiguées, ou encore, je prépare un pesto, ou je les attache avec une ficelle et je les suspends pour les faire sécher.»

2- Choisir des produits en vrac

L’étape de l’épicerie est aussi cruciale pour éviter le gaspillage. Julie fait ses courses régulièrement et achète de petites quantités, selon ses besoins.

Laurence refuse elle aussi d’acheter plus que ce dont elle a besoin. Elle n’hésite pas non plus à demander une plus petite quantité au marchand.

«Par exemple, au marché fermier, les légumes sont souvent vendus en paniers, mais certains acceptent d’en vendre en moins grande quantité, alors ça vaut la peine de demander», affirme-t-elle.

Laurence – qui produit avec son conjoint un mini bocal de déchets par mois seulement ! – ne jure d’ailleurs que par le vrac. Des aliments séchés au fromage en passant même par le lait en bouteilles consignées.

«On économise énormément parce que rien n’est emballé et parce qu’on ne paye pas de taxes sur ces produits alimentaires de base, contrairement aux aliments préparés, explique-t-elle. Comme on évite beaucoup de gaspillage, on a vraiment réduit notre facture d’épicerie.»

3- Opter pour de bonnes techniques de conservation

La conservation des aliments est aussi capitale pour réduire le gaspillage alimentaire.

«Il faut avoir de bons contenants pour conserver différents types d’aliments», affirme pour sa part David Côté, cofondateur de LOOP.

Par exemple, Tupperware a sa collection intelli-frais qui permet de contrôler la quantité d’air dans les contenants afin de prolonger la durée de vie des fruits et légumes.

L’entreprise québécoise Jarre produit quant à elle des modules de rangements conçus pour les fruits et légumes qui ont besoin soit d’air, d’obscurité, ou encore, d’un arrosage quotidien !

4- Utiliser toutes les parties des fruits et légumes

Une grande tendance actuelle est de découvrir de nouvelles parties comestibles des légumes. Par exemple, lorsque vous achetez une belle botte de carottes au marché, le volume de fanes (les tiges et les feuilles) peut être impressionnant ! Or, on peut les manger !

«J’ai été très étonnée, mais c’est vraiment bon ! s’exclame Julie. On peut en mettre dans des smoothies, dans des jus verts et même, en faire un pesto.»

Une autre de ses trouvailles est les feuilles du chou-fleur. «On peut les émincer et les sauter dans un wok, explique Julie. C’est la même chose avec les feuilles de betteraves. Ces parties sont négligées. Avant de jeter quelque chose, on doit toujours se demander si on peut l’utiliser ailleurs.»

Vous utilisez ces feuillages plutôt qu’acheter une nouvelle botte de chou frisé ? C’est au moins 2$ de plus dans vos poches cette semaine !

Laurence pour sa part est folle des bouillons de légumes qu’elle fait maison avec toutes ses épluchures.

«Je lave toujours bien mes légumes avant de les apprêter et je congèle toutes les épluchures et les portions qu’on n’utilise pas, comme le vert des poireaux, les bouts d’oignons et ce qui reste dans le presse-ail. Lorsque j’en ai une bonne quantité, je dépose le tout dans un chaudron, je couvre de deux pouces d’eau et je laisse réduire. Ça fait toujours un bouillon super goûteux que je congèle et que j’utilise ensuite pour faire des soupes, des pâtes, etc.»

Terminé donc, l’achat de cubes de bouillons à l’épicerie !

Avant d’utiliser un agrume, Laurence prend aussi son zeste, qu’elle laisse sécher une ou deux heures, avant de congeler. Puis, elle place les écorces à macérer dans du vinaigre pour ensuite filtrer et allonger avec de l’eau pour avoir un nettoyant tout usage.

5- Cuisiner et congeler des portions

Prendre le temps de cuisiner est essentiel pour maximiser tout ce qu’on trouve dans son frigo. Mais aussi, pour éviter de se retrouver dans sa cuisine avec une pyramide de boîtes provenant des commandes au restaurant du coin !

Pour Laurence, la clé, c’est de planifier avec attention ses repas chaque semaine et les portions que chaque recette donnera. Et idéalement, on en congèle un peu !

«Par exemple, cette semaine, nous avons cuisiné une moussaka et j’ai mis la moitié au congélateur en portions et ça pourra nous dépanner les soirs où nous n’aurons pas envie de cuisiner, ou si une recette a finalement donné moins de portions que prévu.»

Ainsi, ce sont environ trois repas au restaurant que le couple s’évite chaque semaine.

Si on ne peut pas tous lancer une entreprise innovante basée sur le concept d’économie circulaire (mais encore là, qu’est-ce qui vous en empêche?) on peut au moins tous poser ces petits gestes concrets qui, une fois mis ensemble, peuvent faire une grande différence.

Édité le 27 septembre 2017

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